La Pologne compte sur la Turquie pour sécuriser le flanc est de l’OTAN face à la Russie

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Pologne – La Pologne compte sur la Turquie pour sécuriser le flanc est de l’OTAN face à la Russie, par Olivier Bault.

Après les déclarations du ministre des Affaires étrangères polonais Witold Waszczykowski à Ankara le 20 avril, j’ai interrogé au téléphone pour le Visegrád Post le porte-parole du ministère, Artur Dmochowski. Celui-ci a très clairement confirmé qu’il ne s’agissait pas de déclarations en l’air.

La Pologne est favorable à une adhésion rapide de la Turquie à l’UE et ne craint pas un accroissement de l’immigration illégale après la suppression prochaine des visas pour les citoyens turcs, considérant que l’immigration illégale peut être maîtrisée par les services chargés de la surveillance des frontières, avec ou sans l’exigence de visas. Le porte-parole du ministère n’a pas su dire si la position de la Pologne était conforme à celle des autres pays du Groupe de Visegrád, répétant qu’en ce qui concerne la Pologne, elle soutient l’adhésion rapide de la Turquie à l’UE et justifiant cela par la nécessité de sécuriser le flanc est de l’OTAN et donc de la partie orientale de l’UE.

« La Turquie est très importante pour la sécurité de notre région, de l’Europe centrale et orientale », a expliqué Artur Dmochowski. Il a toutefois nié qu’il s’agissait d’un échange de bons procédés avec, d’une part, un soutien de la Pologne pour la suppression des visas et l’adhésion de la Turquie à l’UE et, d’autre part, le soutien de la Turquie au sommet de l’OTAN de juin prochain à Varsovie, pour le déploiement de forces américaines dans la région. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères polonais a affirmé que la Turquie était de toute façon favorable à un tel déploiement et à une meilleure sécurisation du flanc oriental de l’Alliance atlantique. Il a également catégoriquement nié toute pression américaine pour un soutien de la Pologne à la Turquie en échange de l’installation de bases américaines en Pologne.

À la question de savoir si la Pologne ne condamnait pas la politique du président Erdogan et de l’AKP, de répressions et de violations des droits de l’homme contre les populations civiles kurdes de l’est de la Turquie, le porte-parole polonais a répondu qu’il ne souhaitait pas faire de commentaires sur la situation intérieure d’un pays allié et que ce n’était pas le rôle du ministère des Affaires étrangères polonais. Il n’a pas non plus souhaité faire de déclaration sur les relations ambiguës de la Turquie avec les islamistes et notamment avec l’État islamique.

Quant à la déclaration de mardi du président du parlement d’Ankara sur le caractère islamique de la nouvelle constitution turque en cours de discussion, pour le ministère des Affaires étrangères de la Pologne, il s’agit d’une affaire intérieure d’un allié que le ministère polonais n’a pas à commenter. « Nous n’aimons pas trop quand d’autres pays se mêlent de nos affaires intérieures. De la même manière nous n’avons pas à nous mêler des affaires intérieures d’autres pays démocratiques », a insisté pour terminer Artur Dmochowski.