Fidesz – PPE : le feuilleton continue

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Par la rédaction.

Hongrie – La conclusion de la saga du PPE et du Fidesz n’est pas encore pour aujourd’hui. La dernière campagne du gouvernement hongrois liant l’actuel président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker (PPE) à George Soros avait fait réagir lourdement une partie des membres du PPE, qui ont demandé l’exclusion de leur encombrant partenaire hongrois. Quelques jours plus tard, Viktor Orbán avait évoqué pour la première fois un possible avenir du Fidesz en dehors du PPE.

Beaucoup attendaient une décision nette lors de la réunion du mercredi 20 mars, d’autant que le matin même Gergely Gulyás, ministre du cabinet du Premier ministre depuis 2018, déclarait qu’en cas de suspension du PPE le Fidesz quitterait le PPE.

Manfred Weber, candidat du PPE pour la succession de Juncker, s’était rendu à Budapest quelques jours auparavant pour tenter d’éviter l’exclusion du Fidesz, tout en donnant ses instructions à Viktor Orbán. Weber semblait préconiser une suspension du Fidesz pour éviter une exclusion qui lui aurait été dommageable d’un point de vue comptable en vue de l’accession à la présidence de la Commission européenne.

Au final, c’est une solution originale qui est sortie de la réunion :

  • il n’y a pas eu de décision d’exclusion ou de départ de prise,
  • un conseil de trois sages du PPE est chargé de rédiger un rapport pour le PPE au sujet du Fidesz ; ce conseil est composé de Wolfgang Schüssel (ancien chancelier ÖVP d’Autriche de 2000 à 2007), Herman van Rompuy (Premier ministre de Belgique en 2009 et Président du Conseil européen de 2010 à 2014) et Hans-Gert Pöttering (président du Parlement européen de 2007 à 2009),
  • le Fidesz aura aussi son propre conseil de trois sages chargés de discuter avec le conseil des sages du PPE ; le conseil du Fidesz est dirigé par Katalin Novák (vice-présidente du Fidesz ; Secrétaire d’État à la famille et à la jeunesse), accompagnée de Judit Varga (Secrétaire d’État en charge des relations avec l’Union européenne) et de József Szájer, chef de la délégation des députés européens du Fidesz,
  • durant cette période qui devrait durer trois mois où le conseil des sages préparera un rapport, le Fidesz gèle unilatéralement ses droits au sein du PPE.

Cette décision, comparée à la suspension provisoire de l’ÖVP en 2000 (lorsque Wolfgang Schüssel avait constitué un gouvernement avec le FPÖ de Jörg Haider), a été adoptée par la quasi-unanimité des membres (190 en faveur dont ceux du Fidesz ; 3 votes contre).

Cette décision a permis provisoirement d’éviter de trancher des désaccords lourds, entre les partisans de l’exclusion du Fidesz, les partisans du compromis et les partisans de Viktor Orbán (les conservateurs slovènes, dont le pays est encore sous la pression de la route migratoire des Balkans, ayant été les plus bruyants défenseurs du Premier ministre hongrois).

En attendant, l’unité du PPE semble préservée jusqu’aux élections européennes du mois de mai. Mais les discussions s’annoncent animées au mois de juin, période où se constituent les groupes et se négocient les postes au sein de l’Union européenne (présidence et composition de la Commission européenne, présidences et compositions des commissions du Parlement européen).

En tout état de cause, l’aile libérale du PPE n’est pas encore débarrassée du caillou hongrois dans sa chaussure.

Cette situation laisse le Fidesz dans une position à la fois précaire et forte, puisqu’en fonction des résultats des élections européennes (dont tous les sondages montrent que le PPE sortira affaibli) cela laisse une fenêtre de tir à Orbán pour être en position de faiseur de roi.


Déclaration de Viktor Orbán lors de la conférence de presse internationale qui a suivi l’Assemblée du PPE (20 mars 2019, Bruxelles)

Bonsoir Mesdames et Messieurs,

Si vous me le permettez je vais m’exprimer en hongrois, je vous prie donc d’utiliser vos casques. Si vous avez des questions en anglais, je vous répondrai en anglais, mais en raison de la présence des médias hongrois je m’exprimerai d’abord en hongrois.

Nous avons eu un débat très intéressant, stimulant et éclairant. Dans le contexte de la politique européenne, je suis un vieux combattant, et je ne pensais pas que quelque chose que je n’avais pas encore vu nous arriverait. Mais la beauté de la politique en général – y compris de la politique européenne – est qu’il est toujours possible que se passent des choses inédites. Vous savez que ces dernières semaines l’avenir du PPE est devenu un objet de débat. Ce débat, dont je vous fais le rapport maintenant, était centré sur l’avenir du PPE. Le Parti Populaire Européen est une entreprise courageuse sans précédent. Nous parlons d’une famille politique allant de partis très libéraux de la gauche jusqu’à des partis chrétiens et conservateurs de droite comme le nôtre [ndt : le Fidesz]. La particularité de cette expérience est la tentative de maintenir ces partis très divergents au sein d’une même communauté ; et historiquement – de Helmut Kohl à Wilfried Martens – cela a permis de faire du PPE la plus grande force parmi les partis politiques européens.

Je ne pense pas que le centre d’intérêt ici soit le Fidesz. La raison pour laquelle vous êtes aussi nombreux ici n’est pas que vous êtes intéressés par les affaires du parti de gouvernement d’un pays de 10 millions d’habitants : vous êtes aussi nombreux ici car vous êtes intéressés par l’avenir de l’Europe – dans lequel le PPE joue un rôle décisif. Vous avez vu dans les dernières semaines que 13 partis politiques – l’aile libérale de gauche de cette grande et diverse communauté – ont proposé l’expulsion de l’aile droite du PPE, qui sont l’aile chrétienne-conservatrice, ce que nous sommes. Ils transformeraient ainsi le PPE en une organisation avec un profil beaucoup plus étroit, un centre de gravité qui n’est pas celui que nous avons actuellement, mais beaucoup plus à gauche et dans une direction libérale.

Le débat portait donc sur l’avenir de la nature du PPE. C’est aussi ainsi que nous avons abordé cette question. Le fait que tout cela se soit produit à la veille d’une campagne électorale a conféré une dimension particulière à ce débat. Et je dois dire qu’aucune formation politique ne peut recevoir un plus beau cadeau que de voir son adversaire se diviser deux mois avant une élection. Tandis que l’enjeu était la nature de l’avenir du parti populaire européen et savoir quelle sera sa nature spirituelle et idéologique, il y avait aussi la question de savoir si le PPE sera en mesure de restaurer son unité et d’agir comme un parti unifié durant l’élection, en vue de vaincre les socialistes et que le PPE reste la plus grande famille politique dans l’Union européenne. C’est ce qui était en jeu aujourd’hui. Bien que j’aie essayé, nous avons vu que nous étions incapables de convaincre les 13 partis de retirer leur demande visant à nous expulser du PPE. J’ai essayé de parvenir à cela, j’ai demandé aux présidents de partis de voir cela, car ce n’est pas bon ni pour la campagne ni pour le PPE à long terme. Ils n’ont toutefois pas souhaité cela, il y a donc eu un débat aujourd’hui. S’ils avaient retiré leur demande, il n’y aurait pas eu besoin de ce débat aujourd’hui. Mais ils ont insisté sur notre expulsion, nous avons donc discuté de cela trois heures durant.

Le résultat final est qu’à l’avenir nous voulons que le PPE reste le plus grand parti politique européen. Nous souhaitons être en mesure de mener une campagne unifiée. Et à long terme nous ne voulons pas que le PPE soit dominé par les idées de la gauche libérale mais reste une famille politique équilibrée. Cela ne sera possible que si nous en faisons partie, en tant que parti qui représente les valeurs chrétiennes-conservatrices. C’est pourquoi dans l’intérêt de cette unité nous avons choisi une solution qui rappelle le scénario de 2000. Nous avons proposé cela comme compromis. En 2000, c’était le scénario autrichien. À cette époque, il y avait une volonté d’exclure l’ÖVP autrichienne, car l’ÖVP avait formé un gouvernement de coalition avec Jörg Haider.

Et donc ensuite, L’ÖVP et son président Schüssel ont été invités à passer dans des petits procès en inquisition à Bruxelles, qui ont abouti avec la solution du scénario autrichien. Le PPE a invité trois sages à produire un rapport, et sur cette base il a été possible de décider sur l’avenir à long-terme du PPE, et des relations entre le PPE et l’ÖVP. Nous avons longuement et durement réfléchi sur l’éventualité de proposer cette solution autrichienne. Finalement, nous sommes arrivés à la conclusion que ce qui avait été bon pour les Autrichiens le serait également pour les Hongrois, et quelque chose qui n’était pas indigne pour le Président Schüssel ne sera pas indigne pour moi non plus.

Effectivement, étant donné que M. Schüssel sera membre de ce comité de trois sages je peux dire que M. Schüssel était sous examen approfondi il y a 20 ans au sujet de l’État de droit, et maintenant il sera l’un de ceux qui vont examiner l’État de droit.

Cela veut dire que dans 20 ans je vais aussi examiner des affaires relatives à l’État de droit, chez les Suédois ou d’autres libéraux scandinaves par exemple. C’est une perspective attrayante pour moi et nous avons donc pensé que c’était une solution acceptable.

Après cela – une fois ce comité de trois sages convenu – nous avons eu à répondre à la difficile question de ce qu’il va se passer pendant qu’ils préparent leur rapport. Et ici, de nouveau, nous avons revisité le scénario autrichien : les Autrichiens avaient insisté sur le fait qu’ils ne pouvaient être exclus ou suspendus ; et c’est aussi ce sur quoi nous avons insisté. De par la volonté des citoyens hongrois, nous avons reçu lors des trois dernières élections européennes 47, 56 et 52% des suffrages. De toute évidence, un tel parti ne peut accepter d’être suspendu ou exclu, mais se lèverait et partirait de son propre chef. La solution que nous avons choisie est que pendant que ces trois personnes préparent leur rapport, nous gelons unilatéralement l’exercice de nos droits. Nous gelons unilatéralement l’exercice de nos droits, attendons pour le rapport de ces trois personnes, et ensuite nous nous asseyons de nouveau pour discuter avec le PPE.

Nous avons également décidé d’établir notre propre comité de trois sages issus du Fidesz. Ce comité sera dirigé par Katalin Novák, qui sera accompagnée par notre déléguée aux affaires étrangères Judit Varga – qui s’occupe des affaires européennes – et József Szájer. Ce sont nos trois représentants qui seront engagés dans des discussions avec les trois personnes déléguées par le PPE. Après les élections européennes nous attendons d’eux de transmettre leur rapport au Fidesz sur la façon dont nous devrions établir les rapports entre le PPE et le Fidesz, s’il y a une place pour le Fidesz dans le PPE ou dans quel type de PPE nous avons notre place, et ce que nous devons représenter au sein du PPE.

Donc pour le moment je peux vous dire que la bonne nouvelle est qu’aujourd’hui le PPE a pris une bonne décision car il a préservé son unité. Il a pris une bonne décision en nous permettant de lancer une campagne unie. Il a pris une bonne décision car nous pouvons continuer à soutenir M. Weber, notre Spitzenkandidat. Et nous avons pris une bonne décision car nous n’avons fermé aucune porte, et après les élections le PPE et le Fidesz pourront librement décider de nos relations.

Bien évidemment aujourd’hui il n’y avait pas de discussion de fond, puisque nous étions concentrés sur l’interaction des forces politiques. Pour ma part, lors de ma contribution j’ai clairement établi que nous ne voulons pas changer notre point de vue : l’essence de notre point de vue politique européen est que nous voulons une Europe forte. Je pense que vous devez savoir que, au sein de l’UE, les degrés les plus élevés de soutien à l’adhésion à l’UE se trouvent en Hongrie et en Pologne. Nous avons construit ce soutien en Hongrie durant les 9-10 dernières années. Nous continuons à être engagés en faveur d’une Union européenne forte, nous ne souhaitons pas changer notre perspective politique, nous ne pouvons pas imaginer le moindre changement concernant nos positions sur la question migratoire, de même que nous ne pouvons imaginer de compromis sur la défense de la Chrétienté européenne, la défense des valeurs et de la culture chrétiennes. À l’avenir, nous continuerons à représenter cette ligne politique, et lorsque les négociations commenceront nous devrons établir cela clairement aux trois sages.

La seule question maintenant est : « Et ensuite ? » Il convient d’appliquer le sage dicton «Les premières choses d’abord ». Donc, si vous le permettez, maintenant je ne souhaite pas m’occuper des spéculations si nos trois sages et les trois sages du PPE ne parviennent pas à se mettre d‘accord, et qui, comment et dans quelle direction nous continuerons notre avenir en dehors du PPE si nous y sommes contraints. C’est une spéculation compréhensible, mais actuellement le temps n’est pas venu de s’occuper de cela, et nous allons mettre cela de côté pour le moment. Nous allons faire campagne pour le PPE, nous allons faire campagne pour la victoire du PPE et nous allons concentrer exclusivement nos efforts sur la campagne. Lorsque nous rencontrerons le PPE de nouveau ici à Bruxelles, le PPE sera toujours la plus forte alliance de l’Union européenne, puisqu’il sera celui qui compte le plus grand nombre de membres et le groupe parlementaire le plus large. C’est à cela que nous devons travailler dans les prochains mois, et toute autre question suivra. Ce sera un travail agréable, et pas pour les timorés !

Merci beaucoup de votre attention.

25 Comments

  1. Après les déclarations de Manfred Weber, chef de file du PPE , j’attends avec curiosité la position de Monsieur Victor Orban. Il s’agit de veiller à ce que les partis populistes qualifiés d’extrême- droite tels le RN ou l’ AFD soient privés d’accès aux fonds européens. La liste pourrait se rallonger au gré de la dictature européenne qui est en place.

  2. On ne peut pas à la fois être contre l’U.E. et pleurer pour en recevoir des milliards d’€ ! L’U.E. aimez-la ou quittez-la, puisque cette dictature laisse toute liberté à ceux qui veulent la quitter de le faire, ce qui n’est pas si fréquent chez les dictatures !

  3. Des milliards reçu? pour chaque milliard reçu des dizaines de milliards sont sorti de Hongrie. Les multinationales en ont bien profité de la libéralisation du pays, faudrait pouvoir le dire haut et fort ! Faire croire que la Hongrie ne fait que profiter de l’union européenne est malhonnête.

  4. ” Faire croire que la Hongrie ne fait que profiter de l’union européenne est malhonnête.”
    Je n’ai jamais dit ça, dans une union il y a des intérêts réciproques, mais justement pour renforcer cette union les fonds structuraux permettent aux pays les plus pauvres de rattraper leur retard grâce à la contribution des plus riches.
    La Pologne reçoit chaque année plus de huit milliards d’€ et la Hongrie plus de trois milliards, déduction faite de leur contribution. Et je trouve ça tout à fait normal.
    Quant aux multinationales, leur côté prédateur n’est un secret pour personne mais leur terrain de chasse est le monde entier, et un politicien avisé comme M. Orban fait d’ailleurs tout ce qu’il faut pour qu’elles investissent en Hongrie, en offrant notamment une fiscalité particulièrement attractive et une main d’oeuvre bon marché, ce qui réussit plutôt bien à l’économie hongroise. Quant aux cinq cent mille Hongrois qui travaillent hors de la Hongrie, ils ne sont pas mécontents non plus de pouvoir facilement trouver du travail en Europe sans être discriminés.

  5. Une main d’œuvre qualifiée et bon marché d’un côté et les “intérêts” des multinationales défendu par les bureaucrates de Bruxelles de l’autre. On s’aperçoit très vite dans quel sens vont les flux financiers. Des années durant Monsieur Juncker a favorisé l’évasion fiscale dont on dit de manière édulcorée que c’est de l’optimisation fiscale, optimisation au détriment de différents gouvernements, un manque à gagner qui se traduit par une augmentation de l’impôt et des dettes. Quant aux cinq cent mille Hongrois ils attendent patiemment une “optimisation” des salaires en Europe ,mais là, les bureaucrates de Bruxelles ne se précipitent pas pour faire avancer les choses n’est-ce pas ,ces énormes écarts de revenus ne les dérange pas trop.

  6. Vous vous obstinez à ne voir toujours que le mauvais côté des choses, ce qui ne vous permet pas de porter des jugements équilibrés. De plus vous passez facilement du coq à l’âne ce qui ne facilite pas une conversation suivie. L’optimisation fiscale n’est pas une invention de l’U.E. et se pratique comme une sorte de sport mondial… Pour que l’U.E. puisse prendre des mesures efficaces, il faudrait que tous les pays soient d’accord, malheureusement en matière fiscale chaque état surveille jalousement son pré carré, ce qui permet d’ailleurs des distorsions de concurrence déloyales entre états (voir la taxation des société étrangères par l’Irlande ou la Hongrie)…
    Les salaires bas rendent un pays attractif, et les états savent bien en jouer pour attirer les entreprises étrangères et leurs investissements. Ce qui profite à économie et se traduit par une augmentation des salaires… et peu à peu les choses s’équilibrent.
    Les ressortissants des pays de l’U.E. peuvent travailler partout dans l’U.E., si ils ont les compétences et les diplômes requis, ce qui n’est pas le cas des ressortissants de pays étrangers, et profitent donc de cette facilité que d’autres n’ont pas…
    J’ai connu la Hongrie il y a 20 ans, j’y suis retourné pratiquement chaque année et j’y vis à mi-temps depuis huit ans, je peux donc avoir un regard extérieur autorisé sur l’évolution de ce pays et franchement, que de progrès accomplis ! On peut toujours penser que ça ne va pas assez vite et que de profondes réformes sont nécessaires, mais de là à vouloir jeter le bébé avec l’eau du bain, il y a de la marge !

  7. Il n’empêche que l’optimiseur fiscal Junker (pendant 20 ans ce qui n’est pas rien!)est étonnement président de la commission européenne alors qu’au même moment le Luxembourg reste un paradis fiscal. Qui donc l’a-t-il placé à ce poste,et quels intérêts défend-t-il réellement ? Et c’est sous l’impulsion de cette marionnette que l’on voudrait exclure le fidesz du PPE ? De qui se moque-t-il ce poivrot soutenu indéfectiblement par ce vociférateur parlementaire qu’est Guy Verhofstatd qui prétend sans rougir que l’Europe a besoin de la migration?

  8. Le PPE est une agrégation hétéroclite contre nature, mais il semblerait que ses membres trouvent un intérêt commun à exister ensemble quitte à pratiquer une “morale politique” (oxymore ?) à géométrie variable.
    Les puissances financières qui essaient de contrôler l’U.E. sont à l’oeuvre dans une grande partie du monde, ce n’est pas l’U.E. qui les a mises au monde et si elle n’arrive pas à une meilleure intégration cette situation perdurera. C’est aussi pourquoi les divisions au sein de l’U.E. servent leurs intérêts car si l’union fait la force nos divisions font notre faiblesse et donc leur force.
    Pour ce qui est des attaques personnelles contre Untel ou Machin, passez votre chemin vous n’avez pas trouvé le bon interlocuteur. Les affiches d’Orban sont une honte pour la démocratie, et attestent d’un certain mépris pour le peuple auquel on s’adresse non avec des arguments comme il sied de le faire avec des gens qu’on respecte, mais en manipulant leurs émotions, ce qui est une méthode “diabolique”, quoique efficace hélas avec des gens dont on se garde bien d’affûter l’esprit critique mais desquels on attend des réactions émotionnelles.
    Quant à l’émigration, si les européens n’arrivent pas à atteindre le seuil fatidique de 2,1 enfants par femme, ils ne pourront pas se passer d’émigration. Ils devront mettre en place les critères et les filtres convenables pour la rendre acceptable par les autochtones. Sinon, le poids économique des personnes âgées deviendra impossible à gérer, les actifs seront en nombre très insuffisants ce qui ralentira l’économie donc les recettes de l’état (malgré l’imagination débordante dont il fait preuve dans le domaine de la fiscalité) etc. etc. Orban l’a bien compris avec la politique nataliste qu’il vient de promouvoir, mais hélas l’effet ne se fera sentir que dans une vingtaine d’années, et d’ici là les problèmes font s’accumuler. Et on ne pourra pas augmenter indéfiniment la durée de la semaine de travail pour la main d’oeuvre qualifiée qui fait déjà défaut. Les Polonais qui connaissent une belle embellie de leur économie l’ont bien compris en faisant appel de plus en plus à la main d’oeuvre ukrainienne…

  9. Attendons donc 20 ans , il n’y a pas le feu, à moins que certains soient pressés. C’est toujours mieux que les quotas obligatoires de la commission Junker. Très curieusement les gens qui en font partie ont du mal à lâcher l’os. Et je ne reviendrai pas sur la “multiproblématique” de la multiculturalité. Pour certains pays comme la Suède, la France, le Bénélux il est déjà trop tard … la balance de la natalité n’étant déjà plus en leurs faveur ils vont avec les générations à venir devenir minoritaire chez eux. Et je ne dis pas cela pour faire peur! c’est une réalité que certains tentent de minimiser voir d’occulter.

  10. Pour ce qui est de la natalité j’ai déjà évoqué ce sujet controversé… Partout et même dans le monde musulman lorsque les femmes ont accès à l’éducation leur taux de fécondité baisse de façon drastique. Ce sont des faits, mais ceux que l’on a conduits à croire le contraire se moquent des faits, comme le cerveau limbique n’a que faire des mises en garde du cortex associatif… Ainsi fonctionne notre machine, encore faut-il le savoir.
    Quant au vieillissement de la population il me semble que vous en sous-estimez les conséquences en faisant l’autruche… Jetez un œil sur les pyramides des âges des différents pays européens, et tirez-en les conclusions qui s’imposent. Comme disait Mark Twain (ou Lénine selon d’autres sources !) les faits sont têtus.

  11. Je dirai simplement qu’à Bruxelles aujourd’hui déjà il nait déjà plus de musulmans que d’européens. Quant au sujet du vieillissement de la population on ne voit pas “d’action correctrice au Japon” … ils ne s’embarrassent pas de migrants pour la cause … quel est alors leurs stratégie ? La disparition du Japonais?

  12. Il faut voir les tendances, et pas seulement une photographie à l’instant “T”.
    Le Japon est mal parti, la détresse des personnes âgées atteint un tel niveau que certaines en viennent à commettre des délits dans l’espoir d’être logés et nourris… en prison ! Les anciens sont en concurrence avec les étudiants pour les petits boulots…. Situation très préoccupante, en fait !
    Opposer musulmans et européens, c’est un peu bizarre, non ? Ce ne sont pas deux religions, que je sache ! Ce confusionnisme me semble assez malsain.

  13. Opposons donc les musulmans aux judéo-chrétiens pour vous faire plaisir, puisque de toute façon c’est ce qui nous attend tôt ou tard.

  14. Ah ! L’esprit de croisade ! ça date un peu mais c’est toujours vendeur ! Une preuve de plus que si une partie de l’humain semble progresser siècle après siècle vers plus de conscience, plus de raison, plus de sagesse, son vieux cerveau de reptile est toujours à l’oeuvre et prêt à prendre le contrôle à tout moment… A l’occasion lisez “Le principe de Lucifer” de Howard Bloom vous comprendrez peut-être pourquoi il n’est pas impossible que vous l’ayez, votre guerre, car les dieux ont une soif inextinguible. Mais la cause n’est certainement pas celle à laquelle on vous a fait croire !

  15. Ce mois-ci en France pas moins de 4 églises ont été vandalisées et cela n’a pas provoqué grand bruit dans la presse … un commentaire éclairé peut-être? ou un autre livre à lire?

    1. Si les églises étaient moins vides, elles seraient moins faciles à vandaliser, et si les catholiques pratiquants n’étaient pas de moins en moins nombreux, on entendrait peut-être gronder une “sainte colère”. Et je ne pense pas que l’Islam soit pour grand chose dans la déchristianisation de la société occidentale. On peut le déplorer ou s’en féliciter, mais les religions ont de moins en moins de poids dans nos sociétés. Les uns parlent de progrès quand les autres parlent de décadence… Ce phénomène commence aussi à toucher le monde musulman et l’idée d’un islam moderne respectueux de la laïcité fait son chemin… Chez nous aussi il fut un temps ou le pouvoir temporel était subordonné au spirituel, où les lois des hommes et les lois divines se confondaient, et où des illuminés pousse-au-crime chassaient les hérétiques les sorciers et les juifs, et prêchaient de saintes croisades… Vous croyez vraiment qu’on servait Dieu dans les geôles de l’Inquisition ? Ni plus ni moins que dans celles de Daech. Nos démons savent parfaitement pervertir nos sentiments religieux au point que nous finissons à leur service en croyant combattre pour Dieu. Et plus notre ferveur est grande, plus grand est le piège dans lequel nous sombrons. Au cours des millénaires les religions ont fait couler tant de sang sur cette terre qu’on peut s’étonner qu’elle ne soit pas devenue rouge ! Au cours des guerres dans chaque camp on bénit à tour de bras ceux qui vont mourir et seront accueillis à bras ouvert au paradis. A qui tout cela procure-t-il beaucoup de joie, et surtout de nourriture… Aux dieux ?
      On peut toujours parce que c’est confortable nourrir toutes sortes d’illusions sur soi-même, être persuadé qu’on se bat dans le camp des bons, des fidèles, des loyaux, cependant que dans le camp d’en face on nourrit les mêmes illusions. C’est comme ça que les choses se passent depuis des éternités… ça fait bouillir la marmite du diable, qui est dans tous les camps et mange à tous les râteliers, et ne souhaite qu’une chose, que ça continue encore longtemps. Ne le décevez pas !!!

  16. Un bouquin qui nous vend de la peur et de la haine, je viens de le voler dans la bibliothèque du diable !
    Je lis (chapitre XIX – Ce qui arrivera) “Peut-être le mode de vie, la culture et la perception européens survivront-ils au sein de quelques niches de résistance. Selon un modèle déjà pratiqué, quelques zones rurales subsisteront, où les communautés immigrées feront le choix de ne pas s’installer, et où les non-immigrés iront alors se retirer. Ceux qui en ont les moyens, comme c’est déjà le cas, pourront conserver pendant plus longtemps le même mode de vie que par le passé. Quant aux autres, moins bien nantis, ils devront accepter le fait de ne plus vivre chez eux, mais dans le foyer du monde. Et tandis qu’on encouragera les nouveaux arrivants à conserver leurs traditions et leurs modes de vie, les Européens, dont les familles vivent ici depuis des générations, continueront sans doute à s’entendre dire que leurs traditions sont dépassées et tyranniques, alors même qu’ils ne représenteront qu’une part toujours plus minoritaire de la population. Il ne s’agit pas de science-fiction. C’est simplement ce que laisse entrevoir la situation démographique dans une grande partie de l’Europe de l’Ouest. C’est ce que montrent les projections démographiques quant à l’avenir du continent.”
    La volonté d’effrayer le lecteur est absolument évidente. La peur conduit à la colère qui mène à la haine qui éclate en violence… Vous devriez vraiment lire Bloom ! Vous pourrez toujours continuer à servir vos démons, mais en connaissance de cause…

  17. Par contre un peu plus loin dans le texte que vous citer ..”En septembre 2015,le président Rohani a eu le culot de sermonner l’ambassadeur hongrois en Iran , évoquant les manquements supposés de la Hongrie dans la crise des réfugiés. On pourrait également citer l’Arabie Saoudite, qui depuis le début de la guerre civile syrienne a passé son temps a soutenir les camps qui l’arrangeaient. Non seulement l’Arabie Saoudite n’a jamais accordé la nationalité saoudienne à un syrien, mais elle leur a refuser l’usage de 100 000 tentes climatisées , lesquelles ne servent que cinq jours par ans aux pèlerins venus faire le Hajj. au plus fort de la crise de 2015, la seule offre des Saoudiens concernait la construction de 200 mosquées en Allemagne”

  18. Faut-il choisir entre Iran et Arabie Saoudite ? Les états qui instituent une police des mœurs qui traque les femmes en tenues “indécentes” dans les rues me répugnent profondément… pour ne prendre qu’un exemple… Pas de campisme à tout prix, il m’arrive de ne pas trier mes ordures…

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