{"id":4796,"date":"2023-07-25T16:07:36","date_gmt":"2023-07-25T15:07:36","guid":{"rendered":"https:\/\/visegradpost.com\/?p=4796"},"modified":"2025-06-09T16:12:23","modified_gmt":"2025-06-09T15:12:23","slug":"discours-integral-de-viktor-orban-a-la-32eme-universite-dete-de-balvanyos-le-22-juillet-2023","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/visegradpost.com\/fr\/2023\/07\/25\/discours-integral-de-viktor-orban-a-la-32eme-universite-dete-de-balvanyos-le-22-juillet-2023\/","title":{"rendered":"Discours int\u00e9gral de Viktor Orb\u00e1n \u00e0 la 32\u00e8me Universit\u00e9 d\u2019\u00e9t\u00e9 de B\u00e1lv\u00e1nyos le 22 juillet 2023"},"content":{"rendered":"<p><strong>Hongrie \/ Roumanie<\/strong>\u00a0\u2013 Comme tous les ans, fin juillet, Viktor Orb\u00e1n tient un discours de philosophie politique \u00e0 l\u2019universit\u00e9 d\u2019\u00e9t\u00e9 de B\u00e1lv\u00e1nyos \u00e0 Tusv\u00e1nyos (ou Tusn\u00e1df\u00fcrd\u0151), en Transylvanie \u2013 r\u00e9gion anciennement hongroise, dont certaines parties sont toujours peupl\u00e9es majoritairement de hongrois, et o\u00f9 le Fidesz fait presque l\u2019unanimit\u00e9. Au c\u0153ur de la Roumanie actuelle, des milliers de partisans de Viktor Orb\u00e1n se r\u00e9unissent tous les \u00e9t\u00e9s pour \u00e9couter la pens\u00e9e de l\u2019homme fort de Budapest.<\/p>\n<p>Ainsi, en 2014, c\u2019est l\u00e0 qu\u2019il avait introduit le concept de d\u00e9mocratie illib\u00e9rale. Chaque ann\u00e9e, il y a d\u00e9velopp\u00e9 diff\u00e9rents th\u00e8mes, tels que l\u2019importance du V4, la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9fendre la civilisation chr\u00e9tienne ou encore de combattre l\u2019immigration massive et ill\u00e9gale ainsi que les r\u00e9seaux Soros.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Discours de M. Viktor Orb\u00e1n, premier ministre de Hongrie,<br \/>\n\u00e0 la 32<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0Universit\u00e9 d\u2019\u00e9t\u00e9 de B\u00e1lv\u00e1nyos<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>le 22 juillet 2023 \u00e0 Tusn\u00e1df\u00fcrd\u0151 (B\u0103ile Tu\u015fnad, en Roumanie)<\/em><\/p>\n<p>Mesdames et Messieurs, bonjour\u00a0!<\/p>\n<p>C\u2019est en per\u00e7ant les forces roumaines que nous sommes arriv\u00e9s ici, mais nous voulons plut\u00f4t voir en elles un comit\u00e9 d\u2019accueil, pour la bonne raison que dans le cadre de notre lutte europ\u00e9enne pour le christianisme, nous autres chr\u00e9tiens latins affaiblis aurons besoin aussi de l\u2019orthodoxie roumaine. C\u2019est pourquoi nous saluons la communaut\u00e9 roumaine qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 notre action.<\/p>\n<p>C\u2019est chaque ann\u00e9e un casse-t\u00eate de savoir ce dont il faut parler, parce que nous savons bien d\u00e8s le d\u00e9but ce que nous en conclurons, mais la question est de savoir comment nous y arriverons. Cette ann\u00e9e, ma r\u00e9flexion a \u00e9t\u00e9 facilit\u00e9e par un aide-m\u00e9moire, que les Affaires \u00e9trang\u00e8res roumaines \u2013 relevant plut\u00f4t, si je comprends bien, de la comp\u00e9tence pr\u00e9sidentielle \u2013 se h\u00e2tant \u00e0 mon secours, m\u2019ont fait parvenir sous la forme d\u2019une note, qui pr\u00e9cisait ce que je n\u2019aurai pas le droit de dire, ce que j\u2019aurai le droit de dire et ce que je devrai \u00e9viter de dire et comment. C\u2019est un document d\u2019\u00c9tat officiel. Voici ce qu\u2019il dit :<\/p>\n<ul>\n<li>Ne pas parler de ce qui peut froisser la sensibilit\u00e9 roumaine, \u00e0 savoir\u00a0les symboles nationaux. Bon, je crois que nous pouvons nous mettre d\u2019accord l\u00e0-dessus\u00a0: je n\u2019en parlerai pas, mais je salue nos amis arriv\u00e9s ici avec des drapeaux hongrois et sicules.<\/li>\n<li>Ne pas parler des droits collectifs des minorit\u00e9s. Bon, je n\u2019en parlerai pas non plus, je me borne \u00e0 constater que ces droits existent et que les Hongrois qui vivent ici y ont droit.<\/li>\n<li>Ne pas parler d\u2019unit\u00e9s administratives territoriales roumaines inexistantes. Je me suis demand\u00e9 \u00e0 quoi ils pensaient. Sans doute \u00e0 la Transylvanie et au Pays sicule. Mais nous n\u2019avons jamais pr\u00e9tendu qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019unit\u00e9s territoriales roumaines\u2026<\/li>\n<li>Parler de certaines choses, mais sans les pr\u00e9senter en clef n\u00e9gative. Il s\u2019agit par exemple des valeurs europ\u00e9ennes. Et pour ceux qui, comme moi, pratiquent la politique europ\u00e9enne, les \u00ab\u00a0valeurs europ\u00e9ennes\u00a0\u00bb repr\u00e9sentent aujourd\u2019hui trois choses\u00a0: migration, LGBTQ et guerre. Chers Amis roumains, il est inutile de les pr\u00e9senter en clef n\u00e9gative, elles se pr\u00e9sentent en clef n\u00e9gative toutes seules\u00a0!<\/li>\n<li>Et une p\u00e9pite pour la fin\u00a0: il faudra \u00e9viter \u00ab\u00a0les accents x\u00e9nophobes \u00e0 connotation r\u00e9visionniste en liaison avec le ph\u00e9nom\u00e8ne migratoire\u00a0\u00bb. Voil\u00e0 un beau voyage dans le temps communiste\u00a0: cela me fait penser aux blagues de Hofi[1], qui mettait les gens au d\u00e9fi de prononcer d\u2019un seul souffle, sans reprendre haleine, la succession de mots suivante :\u00ab imp\u00e9rialiste-r\u00e9visionniste-bourgeois-cl\u00e9rical-chauviniste-fasciste \u00bb. On en a froid dans le dos. On va donc \u00e9viter ces accents.<\/li>\n<\/ul>\n<p>En revanche, si d\u00e9j\u00e0 nous avons re\u00e7u cette note, qu\u2019allons-nous proposer \u00e0 nos amis roumains ? Tout d\u2019abord, si le pr\u00e9sident roumain vient en Hongrie et s\u2019y exprime publiquement, comme nous l\u2019y pressons, nous n\u2019allons pas lui prescrire de quoi il pourra parler ni ce qu\u2019il aura le droit de dire. Nous rappelons \u00e9galement \u00e0 nos fr\u00e8res roumains que la Hongrie soutient totalement leur plus grande ambition nationale actuelle : l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 Schengen, et nous appelons leur attention sur le fait qu\u2019\u00e0 compter du 1<sup>er<\/sup>\u00a0juillet 2024 c\u2019est la Hongrie qui exercera la pr\u00e9sidence de l\u2019Union, et qu\u2019un des objectifs majeurs de notre programme est que la Roumanie obtienne son adh\u00e9sion \u00e0 Schengen. D\u2019ici l\u00e0, nous pouvons constater que la Roumanie a un nouveau chef de gouvernement, que je salue. Nouveau premier ministre, nouvelle chance. Peut-\u00eatre en sortira-t-il quelque chose de bon pour nos deux pays. Depuis que je suis premier ministre, il est mon vingti\u00e8me coll\u00e8gue roumain. Peut-\u00eatre la vingti\u00e8me fois sera la bonne\u2026<\/p>\n<p>Voyons maintenant, apr\u00e8s avoir pris note de cette note, de quoi nous devons parler.<\/p>\n<p>Nous vivons une p\u00e9riode particuli\u00e8rement dangereuse de l\u2019histoire de l\u2019humanit\u00e9. Ces ann\u00e9es sont celles du grand changement. Ce changement touche tous les points et tous les pays de la Terre. C\u2019est pourquoi, si nous voulons dire quelque chose de valable sur la Hongrie, sur les Hongrois du Bassin des Carpates, nous devons d\u2019abord parler du monde. Le c\u0153ur de mon propos est que l\u2019\u00e9quilibre des forces du monde s\u2019est d\u00e9plac\u00e9, et que nous en subissons aujourd\u2019hui les lourdes cons\u00e9quences. Rappelons-nous : \u00e0 l\u2019issue de la Seconde guerre mondiale, un \u00e9quilibre des forces a r\u00e9gn\u00e9 pendant quatre-vingts ans sur le monde. Cette p\u00e9riode s\u2019est divis\u00e9e en deux parties pour nous, les Hongrois : il y a eu les premi\u00e8res 45 ann\u00e9es, pendant lesquelles les Anglo-saxons nous ont livr\u00e9s aux communistes sovi\u00e9tiques. Parenth\u00e8se : \u00e0 cette \u00e9poque, ils ne faisaient pas autant les difficiles avec les Russes qu\u2019aujourd\u2019hui. Et il y a eu ensuite les 33 ann\u00e9es qui nous ont men\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, pendant lesquelles nous avons pu vivre en libert\u00e9, sans occupation militaire, sans Union sovi\u00e9tique et sans communistes. Quatre-vingts ans ! Bien que la fin du communisme sovi\u00e9tique f\u00fbt un grand changement, l\u2019\u00e9quilibre du monde n\u2019en a pas souffert, parce que nous avons r\u00e9ussi \u00e0 faire sortir l\u2019Union sovi\u00e9tique de l\u2019Histoire sans guerre. Maintenant en revanche, la Chine a d\u00e9plac\u00e9 le point d\u2019\u00e9quilibre du monde. C\u2019est l\u00e0 une vieille crainte du monde occidental. Napol\u00e9on avait d\u00e9j\u00e0 dit : \u00ab Laissez dormir la Chine, car quand elle s\u2019\u00e9veillera, le monde tremblera \u00bb. Il est int\u00e9ressant de voir comment nous en sommes arriv\u00e9s l\u00e0.<\/p>\n<p>Je fais une br\u00e8ve digression m\u00e9thodologique : selon mon exp\u00e9rience, lorsque l\u2019on prend une d\u00e9cision politique, il faut avoir devant soi trois dimensions temporelles, et classer la d\u00e9cision \u00e0 prendre dans l\u2019une d\u2019entre elles. Et ce n\u2019est qu\u2019une fois que l\u2019on a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 ce classement que l\u2019on peut prendre la d\u00e9cision concr\u00e8te. Ces trois dimensions temporelles qui gouvernent la politique sont : le temps tactique, le temps strat\u00e9gique et le temps historique. Une erreur dans le classement, et il en r\u00e9sultera des cons\u00e9quences inattendues. J\u2019en veux deux exemples : lorsque la chanceli\u00e8re Merkel s\u2019est trouv\u00e9e confront\u00e9e \u00e0 l\u2019invasion migratoire de 2015, elle a class\u00e9 le probl\u00e8me dans le temps tactique, et a affirm\u00e9 que nous y arriverons, \u00ab\u00a0<em>wir schaffen das<\/em>\u00a0\u00bb. Il est clair aujourd\u2019hui que cette question relevait au contraire du temps strat\u00e9gique, parce que la cons\u00e9quence de sa d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 une modification de la culture tout enti\u00e8re de l\u2019Allemagne. Second exemple : la Chine. \u00c9tats-Unis, d\u00e9but des ann\u00e9es 1970. Les USA d\u00e9cident de faire sortir la Chine de son isolement, sans doute dans le but de mieux pouvoir g\u00e9rer les Russes. Ils ont donc class\u00e9 cette question dans le temps strat\u00e9gique. Mais il s\u2019av\u00e8re que la question en cause \u2013 faire sortir la Chine de son isolement \u2013 relevait en r\u00e9alit\u00e9 du temps historique, parce qu\u2019en cons\u00e9quence de cette d\u00e9cision les \u00c9tats-Unis, et nous tous, nous trouvons aujourd\u2019hui face \u00e0 une force plus grande que celle que nous avions voulu soumettre.<\/p>\n<p>\u00c0 classement erron\u00e9, cons\u00e9quences inattendues. Mais aujourd\u2019hui, ce qui est fait est fait. Il est de fait qu\u2019il n\u2019y a jamais eu de changement dans l\u2019\u00e9quilibre des forces aussi global, aussi rapide et aussi tectonique que celui que nous vivons aujourd\u2019hui. Rappelons-nous, ou plut\u00f4t observons attentivement la mont\u00e9e en puissance de la Chine, qui est bien diff\u00e9rente de celle des \u00c9tats-Unis. Les \u00c9tats-Unis \u00ab sont devenus \u00bb, la Chine \u00ab est \u00bb. En d\u2019autres termes, il s\u2019agit d\u2019un retour, du retour d\u2019une civilisation cinq fois mill\u00e9naire et comptant un milliard quatre-cents millions d\u2019individus. Et c\u2019est un probl\u00e8me qu\u2019il nous appartient de r\u00e9soudre, parce qu\u2019il ne se r\u00e9soudra pas tout seul. La Chine est devenue une centrale de production, elle a en r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pass\u00e9 les \u00c9tats-Unis, ou est en train de les d\u00e9passer en ce moment-m\u00eame. Construction automobile, ordinateurs, semi-conducteurs, m\u00e9dicaments, syst\u00e8mes d\u2019info-communication : dans tous ces domaines, ils sont les premiers dans le monde. Ce qui est arriv\u00e9, c\u2019est que la Chine a parcouru en trente ans les trois cents ans de la r\u00e9volution industrielle et de la r\u00e9volution de l\u2019information globale du monde occidental. En cons\u00e9quence de quoi elle a fait sortir des centaines de millions de personnes de la pauvret\u00e9, et le bien-\u00eatre global et le savoir global de l\u2019humanit\u00e9 sont aujourd\u2019hui plus grands qu\u2019auparavant. Mais s\u2019il en est ainsi, o\u00f9 est le danger ? Le danger, mes chers amis, est que la m\u00e9daille d\u2019or est d\u00e9j\u00e0 attribu\u00e9e. \u00c0 la suite de leur guerre civile, \u00e0 compter des ann\u00e9es 1870, les \u00c9tats-Unis ont grandi dans la conscience qu\u2019ils sont le premier pays du monde, que leur primaut\u00e9 dans l\u2019\u00e9conomie mondiale est leur droit inali\u00e9nable, qu\u2019elle fait partie de leur identit\u00e9 nationale, une sorte de dogme, et chaque fois que cette position s\u2019est trouv\u00e9e menac\u00e9e, les \u00c9tats-Unis l\u2019ont toujours d\u00e9fendue avec succ\u00e8s. Ils l\u2019ont d\u00e9fendue contre l\u2019Union sovi\u00e9tique et \u2013 parlons-en \u2013 contre l\u2019Europe aussi : il y a encore quelques d\u00e9cennies, le projet de l\u2019Union europ\u00e9enne consistait \u00e0 b\u00e2tir l\u2019euro comme monnaie mondiale aux c\u00f4t\u00e9s du dollar. Nous voyons o\u00f9 se trouve aujourd\u2019hui l\u2019euro. L\u2019Europe avait aussi un autre projet : celui d\u2019une grande zone de libre-\u00e9change s\u2019\u00e9tendant de Lisbonne \u00e0 Vladivostok. Et que voyons-nous aujourd\u2019hui ? La zone de libre-\u00e9change s\u2019\u00e9tend, dans le meilleur des cas, de Lisbonne \u00e0 Donetsk. En 2010, les \u00c9tats-Unis et l\u2019Union europ\u00e9enne repr\u00e9sentaient chacun 22 \u00e0 23% de la production mondiale totale. Aujourd\u2019hui, les USA en repr\u00e9sentent 25%, et l\u2019Union europ\u00e9enne, 17. En d\u2019autres termes, les \u00c9tats-Unis ont repouss\u00e9 avec succ\u00e8s la tentative de l\u2019Union europ\u00e9enne de se rapprocher d\u2019eux, voire de les d\u00e9passer.<\/p>\n<p>Il existe une corr\u00e9lation simple en mati\u00e8re de politique internationale. Plus grand est le PNB d\u2019un pays, son produit national, plus grande est son influence dans les affaires du monde. Et nous voyons aujourd\u2019hui que la domination am\u00e9ricaine est en constant recul sur la sc\u00e8ne mondiale. Les premiers de la classe n\u2019aiment pas beaucoup cela. Leur raisonnement est simple, on peut le r\u00e9sumer ainsi : \u00ab nous sommes sur le toit du monde, et si nous nous y sommes hiss\u00e9s, c\u2019est pour y rester \u00e0 jamais. Il y a \u00e9videmment ce facteur qu\u2019on appelle l\u2019Histoire, qui est d\u00e9sagr\u00e9able, mais l\u2019essentiel est que c\u2019est toujours \u00e0 d\u2019autres pays, \u00e0 d\u2019autres peuples qu\u2019elle met des b\u00e2tons dans les roues. \u00ab Pour nous, l\u2019affaire est entendue, et nous resterons ici, sur le toit du monde, jusqu\u2019\u00e0 la fin des temps \u00bb. C\u2019est l\u00e0 une id\u00e9e s\u00e9duisante, mais la v\u00e9rit\u00e9 d\u00e9rangeante des jours que nous vivons est qu\u2019il n\u2019y a pas de vainqueurs permanents ni de vaincus permanents dans la politique mondiale. Une v\u00e9rit\u00e9 encore plus d\u00e9rangeante est que les processus actuels jouent en faveur de l\u2019Asie et de la Chine \u2013 qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019\u00e9conomie, de d\u00e9veloppement technologique ou m\u00eame de force militaire. Une autre v\u00e9rit\u00e9 encore plus d\u00e9rangeante est qu\u2019un changement se produit \u00e9galement dans les institutions internationales : il est bien connu que ce sont ceux qui cr\u00e9ent les institutions internationales qui b\u00e9n\u00e9ficient de leurs faveurs. C\u2019est pourquoi la Chine a tout simplement cr\u00e9\u00e9 les siennes. Nous voici face aux BRICS, \u00e0 la \u00ab Ceinture et la Route \u00bb, et \u00e0 la Banque Asiatique d\u2019Investissement dans les Infrastructures, dont les ressources consacr\u00e9es au d\u00e9veloppement d\u00e9passent de plusieurs fois les ressources de tous les pays occidentaux consacr\u00e9es au d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>Cela signifie que l\u2019Asie, en d\u2019autres termes la Chine, se dresse devant nous dans ses atours complets de grande puissance. Elle a une profession de foi civilisationnelle\u00a0: elle est le centre du monde, ce qui lib\u00e8re chez elle \u00e9nergie int\u00e9rieure, fiert\u00e9, confiance en soi et ambition. Elle a une perspective \u00e0 long terme\u00a0: mettre fin \u00e0 un si\u00e8cle d\u2019humiliations et \u2013 pour paraphraser les Am\u00e9ricains \u2013 \u00ab\u00a0<em>make China great again<\/em>\u00a0\u00bb. Elle a un programme \u00e0 moyen terme : restaurer la domination sur l\u2019Asie qu\u2019elle exer\u00e7ait avant l\u2019arriv\u00e9e des Occidentaux. Et elle a un antidote contre l\u2019arme principale des USA, l\u2019arme de \u00ab softpower \u00bb de la puissance am\u00e9ricaine que nous appelons \u00ab valeurs universelles \u00bb. Eh bien, ces \u00ab valeurs universelles \u00bb, les Chinois s\u2019en gaussent tout simplement, disant qu\u2019elles ne sont qu\u2019un mythe occidental et qu\u2019en r\u00e9alit\u00e9 le discours sur les valeurs universelles n\u2019est qu\u2019une philosophie dirig\u00e9e contre les autres civilisations non-occidentales, et de ce point de vue, il faut dire qu\u2019il y a un peu de vrai.<\/p>\n<p>Cela veut dire, Mesdames et Messieurs, que nous vivons d\u2019une mani\u00e8re qui nous rapproche tous les jours du choc. La question, la question \u00e0 un million de dollars est : le choc peut-il \u00eatre \u00e9vit\u00e9 ? De plus en plus d\u2019ouvrages et d\u2019\u00e9tudes paraissent sur ce sujet. Je les ai parcourus. L\u2019une de ces \u00e9tudes qui m\u00e9rite attention dit que sur les trois cents derni\u00e8res ann\u00e9es il y a eu 16 cas o\u00f9 un nouveau champion s\u2019est \u00e9lev\u00e9 au niveau de la premi\u00e8re puissance mondiale, voire l\u2019a d\u00e9pass\u00e9e. La mauvaise nouvelle est que sur ces 16 cas identifi\u00e9s 12 se sont termin\u00e9s par une guerre, et 4 seulement se sont r\u00e9gl\u00e9s pacifiquement. Nous nous trouvons donc dans le moment le plus dangereux de la politique mondiale, lorsque le num\u00e9ro un mondial se voit r\u00e9trograd\u00e9 \u00e0 la seconde place. L\u2019exp\u00e9rience montre que le num\u00e9ro un mondial se consid\u00e8re comme de meilleure volont\u00e9 et anim\u00e9 de meilleures intentions qu\u2019il ne l\u2019est en v\u00e9rit\u00e9, et qu\u2019il attribue de mauvaises intentions \u00e0 son rival plus fr\u00e9quemment qu\u2019il ne le m\u00e9riterait, ou devrait le m\u00e9riter. Par voie de cons\u00e9quence, les parties en pr\u00e9sence se basent non pas sur les intentions, mais les capacit\u00e9s de l\u2019autre, c\u2019est-\u00e0-dire non pas sur ce qu\u2019il veut faire, mais sur ce dont il serait capable. Et voil\u00e0 la guerre toute pr\u00eate. C\u2019est ce qu\u2019on appelle le pi\u00e8ge de Thucydide, qui a \u00e9crit l\u2019histoire de la guerre du P\u00e9loponn\u00e8se entre Sparte et Ath\u00e8nes, et a pour la premi\u00e8re fois identifi\u00e9 ce probl\u00e8me.<\/p>\n<p>En ce qui concerne notre propre vie, il en r\u00e9sulte que le choc \u2013 y compris militaire \u2013 entre les deux grands est plus probable que nous ne le voyons d\u2019ici, de Tusn\u00e1df\u00fcrd\u0151. Une bonne nouvelle, ou tout au moins un rayon d\u2019espoir, est que la guerre n\u2019est pas in\u00e9vitable. La condition en est qu\u2019\u00e0 la place de l\u2019\u00e9quilibre perdu le monde soit capable d\u2019en trouver un nouveau. La question est de savoir comment. La v\u00e9rit\u00e9 est que c\u2019est l\u2019affaire des grands gar\u00e7ons. Nous n\u2019avons pas voix \u00e0 ce chapitre. Ne nous trompons pas de r\u00f4le : tout ce que nous pouvons dire, c\u2019est qu\u2019il faudrait faire aujourd\u2019hui quelque chose qui n\u2019a pas de pr\u00e9c\u00e9dent : les grands doivent accepter le fait qu\u2019il y a deux Soleils dans le ciel. C\u2019est l\u00e0 une mani\u00e8re de penser radicalement diff\u00e9rente de celle avec laquelle nous avons v\u00e9cu au cours des si\u00e8cles pass\u00e9s. Les parties en pr\u00e9sence devraient se reconna\u00eetre comme \u00e9tant \u00e0 \u00e9galit\u00e9, ind\u00e9pendamment de l\u2019\u00e9tat ponctuel de leurs rapports de force. Vous voyez que les dirigeants am\u00e9ricains se succ\u00e8dent \u00e0 P\u00e9kin. C\u2019est le signe qu\u2019aux \u00c9tats-Unis l\u2019on voit le danger, que l\u2019on voit la gravit\u00e9 du probl\u00e8me. Le ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res y est all\u00e9, le ministre des Finances y est all\u00e9, et tout derni\u00e8rement le conseiller sp\u00e9cial pour la s\u00e9curit\u00e9 Kissinger y est all\u00e9 aussi. Et si vous suivez les actualit\u00e9s, vous avez pu voir que les Japonais ont d\u00e9clar\u00e9 il y a quelques jours qu\u2019ils vont doubler leurs d\u00e9penses militaires et mettre sur pied une des arm\u00e9es les plus puissantes du monde.<\/p>\n<p>Eh bien, que faut-il retenir de tout cela pour ce qui nous concerne\u00a0? Ce que nous devons comprendre, c\u2019est que la mise en place du nouvel \u00e9quilibre ne se fera pas du jour au lendemain, ni d\u2019un mois \u00e0 l\u2019autre. Un processus de cette nature exige une g\u00e9n\u00e9ration enti\u00e8re. C\u2019est-\u00e0-dire que pas seulement nous, mais aussi nos enfants et nos petits-enfants vivront leur vie dans ce contexte mondial, dans ce temps mondial, dans cet esprit du temps, et que c\u2019est dans cet environnement, dans cet esprit que nous autres Hongrois devrons trouver notre bonheur et que c\u2019est en prenant tout cela en compte que nous devrons \u00e9laborer nos projets nationaux.<\/p>\n<p>Rapprochons-nous un peu de Tusn\u00e1df\u00fcrd\u0151, et disons quelques mots de l\u2019Union europ\u00e9enne. Si vous jetez un \u0153il sur l\u2019Union europ\u00e9enne d\u2019aujourd\u2019hui, vous pouvez voir \u00e0 quel point elle est tourment\u00e9e et angoiss\u00e9e, qu\u2019elle se sent encercl\u00e9e. Elle a de bonnes raisons pour cela. L\u2019Union comprend environ 400 millions d\u2019habitants, auxquels si l\u2019on ajoute les 400 autres millions du monde occidental, l\u2019on obtient 800 millions de personnes qui sont entour\u00e9es de 7 milliards d\u2019autres. Et l\u2019Union europ\u00e9enne a bien raison de se voir ainsi, car elle est \u00e0 la fois riche et faible. Une Union riche et faible, qui se voit entour\u00e9e d\u2019un monde en r\u00e9volte : un fracas confus, de vieilles blessures, beaucoup de bouches affam\u00e9es, un d\u00e9veloppement sans pareil, une consommation vertigineuse, des millions pr\u00eats \u00e0 partir pour l\u2019Europe\u2026 Elle voit la vague des millions de gens rassembl\u00e9s au Sahel et qui, si nous n\u2019arrivons pas \u00e0 la stabiliser, pourra s\u2019abattre sur la rive europ\u00e9enne de la mer M\u00e9diterran\u00e9e. Au d\u00e9but de la semaine, il y avait un sommet Union europ\u00e9enne-Am\u00e9rique du Sud \u00e0 Bruxelles, o\u00f9 j\u2019ai entendu tout cela de mes propres oreilles, vu de mes propres yeux. Les expressions qui revenaient le plus souvent dans la bouche des dirigeants d\u2019Am\u00e9rique latine \u00e9taient :\u00a0<em>genocide\u00a0<\/em>de peuples, se r\u00e9f\u00e9rant, je crois, \u00e0 l\u2019extermination des populations natives ;\u00a0<em>slavery,\u00a0<\/em>commerce d\u2019esclaves ;\u00a0<em>reparatory justice<\/em>, signifiant, je crois, une sorte d\u2019indemnisation d\u2019injustices pass\u00e9es. Voil\u00e0 \u00e0 quoi ils pensent. Rien d\u2019\u00e9tonnant que l\u2019Union europ\u00e9enne se sente assi\u00e9g\u00e9e.<\/p>\n<p>Et si nous jetons un \u0153il sur le classement du Fonds Mon\u00e9taire International des pays selon la dimension de leur PNB, nous voyons que dans le classement projet\u00e9 pour 2030, le Royaume-Uni, l\u2019Italie et la France ne figurent plus parmi les dix premiers, alors qu\u2019ils y sont encore aujourd\u2019hui, et que l\u2019Allemagne recule \u00e0 la dixi\u00e8me place. Voil\u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Aujourd\u2019hui, cette peur, ce sentiment d\u2019\u00eatre assi\u00e9g\u00e9e pousse notre Union europ\u00e9enne \u00e0 se replier, effray\u00e9e des d\u00e9fis auxquels elle est confront\u00e9e. Elle est comme un boxeur vieilli, qui exhibe ses ceintures de champion mais ne veut plus monter sur le ring. Il en r\u00e9sulte un repli, un enfermement dans un ghetto \u00e9conomique, politique et culturel. Les \u00e9l\u00e9ments de langage en ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9s, un exercice dans lequel l\u2019Union excelle. Elle est toujours imbattable pour d\u00e9crire en peu de mots une situation complexe. Le repli sur soi est appel\u00e9 \u00ab\u00a0<em>decoupling<\/em>\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire d\u00e9connexion, ou plus finement \u00ab\u00a0<em>derisking<\/em>\u00a0\u00bb, ce qui signifie diminution du risque. De ce point de vue, la politique men\u00e9e vis-\u00e0-vis de la Russie est elle aussi une tentative de d\u00e9connexion\u00a0: au travers des sanctions, l\u2019on a d\u00e9connect\u00e9 la Russie de l\u2019\u00e9conomie europ\u00e9enne. Il est \u00e9videmment possible de d\u00e9connecter l\u2019Europe de l\u2019\u00e9nergie russe, mais c\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 inefficace et illusoire, parce qu\u2019il est impossible de couper la Russie des autres parties du monde. Les mati\u00e8res premi\u00e8res russes seront achet\u00e9es par quelqu\u2019un d\u2019autre, pendant que nous subirons les effets de l\u2019inflation de guerre et perdrons notre comp\u00e9titivit\u00e9. Je vous donne deux chiffres\u00a0: avant la guerre russe, l\u2019Union europ\u00e9enne payait 300 milliards d\u2019euros pour ses achats de gaz et l\u2019\u00e9lectricit\u00e9\u00a0; l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, ce montant est pass\u00e9 \u00e0 653 milliards. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019aujourd\u2019hui l\u2019\u00e9conomie europ\u00e9enne fonctionne et veut subsister dans un contexte o\u00f9 le prix de l\u2019\u00e9nergie a doubl\u00e9, alors que dans d\u2019autres parties du monde il est demeur\u00e9 au niveau de la p\u00e9riode ant\u00e9rieure. C\u2019est l\u00e0 le grand d\u00e9bat de l\u2019Europe pour les ann\u00e9es \u00e0 venir. Nous autres Hongrois devrons nous y adapter. D\u00e9crocher ou affronter la concurrence mondiale.\u00a0<em>Derisking<\/em>\u00a0ou\u00a0<em>connectivity<\/em>\u00a0\u2013 comme on dit \u00e0 Bruxelles.<\/p>\n<p>Une petite digression, \u00e0 titre d\u2019information\u00a0: les grandes entreprises europ\u00e9ennes ne veulent pas se \u00ab\u00a0d\u00e9connecter\u00a0\u00bb. Elles ne veulent pas non plus quitter la Russie. J\u2019ai parcouru les statistiques concern\u00e9es. Des 1.400 principales entreprises europ\u00e9ennes, seules 8,5% se sont retir\u00e9es de Russie. 8,5%\u00a0! 84% de l\u2019industrie pharmaceutique y est rest\u00e9e. 79% de l\u2019industrie mini\u00e8re europ\u00e9enne est toujours en Russie, ainsi que 70% des entreprises du secteur de l\u2019\u00e9nergie et 77% des industries manufacturi\u00e8res. Et vous n\u2019allez pas le deviner\u00a0: l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, en 2022, les entreprises occidentales qui sont rest\u00e9es sur place ont vers\u00e9 au total 3,5 milliards de dollars dans le budget russe. Vue sous cet angle, l\u2019agression perp\u00e9tr\u00e9e par les Ukrainiens contre la pauvre petite OTP[2]\u00a0n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019une manifestation de hongarophobie. Nous devons donc la rejeter. Et je ne parle m\u00eame pas des petits malins europ\u00e9ens, qui ont fait doubler de mani\u00e8re inattendue en une seule ann\u00e9e le volume des marchandises export\u00e9es d\u2019Allemagne vers le Kazakhstan. On se demande pourquoi\u2026<\/p>\n<p>L\u2019autre processus europ\u00e9en dans lequel les Hongrois doivent se positionner dans les prochaines ann\u00e9es est la confrontation entre les f\u00e9d\u00e9ralistes et les souverainistes. Empire ou nations ? Dans ce domaine, nous avons \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9s au c\u0153ur quand nos amis anglais, par le Brexit, ont quitt\u00e9 l\u2019Union europ\u00e9enne. Le Brexit a rompu l\u2019\u00e9quilibre entre les souverainistes et les f\u00e9d\u00e9ralistes au sein de l\u2019Union. Auparavant, du c\u00f4t\u00e9 des f\u00e9d\u00e9ralistes, il y avait les Fran\u00e7ais et les Allemands, et de l\u2019autre les Anglais et nous, le V4. Si les Anglais \u00e9taient rest\u00e9s dans l\u2019Union europ\u00e9enne, nous n\u2019aurions jamais eu \u00e0 apprendre des expressions telles que \u00ab m\u00e9canisme d\u2019\u00c9tat de droit \u00bb, \u00ab conditionnalit\u00e9 \u00bb ou \u00ab gouvernance \u00e9conomique \u00bb, elles n\u2019existeraient m\u00eame pas. Il n\u2019a \u00e9t\u00e9 possible de les introduire dans le vocabulaire de l\u2019Union europ\u00e9enne que parce que les Britanniques en sont sortis et que nous, le V4, n\u2019avons pas pu y faire obstacle. Qui plus est, les f\u00e9d\u00e9ralistes ont lanc\u00e9 une attaque en r\u00e8gle contre le V4. Nous en voyons tous les r\u00e9sultats. Les Tch\u00e8ques se sont pratiquement pli\u00e9s, la Slovaquie h\u00e9site, seuls les Polonais et les Hongrois r\u00e9sistent. Il y a naturellement des chances que le camp des souverainistes s\u2019agrandisse, j\u2019en vois, car l\u2019Italie s\u2019est dot\u00e9e d\u2019un gouvernement de cette sensibilit\u00e9. Quelque chose bouge aussi en Autriche, et demain il y aura des \u00e9lections en Espagne. Mais ne nous ber\u00e7ons pas d\u2019illusions : les f\u00e9d\u00e9ralistes se sont engag\u00e9s dans une tentative d\u2019exclusion : ils ont clairement d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019ils souhaitent un changement de gouvernement en Hongrie. Ils ont m\u00eame financ\u00e9 l\u2019opposition hongroise au travers de tous les moyens de la corruption politique. Ils font \u00e0 pr\u00e9sent la m\u00eame chose en Pologne, et rappelez-vous comment ils ont cherch\u00e9 \u00e0 emp\u00eacher que la droite men\u00e9e par Giorgia Meloni remporte la victoire en Italie. Aucune de ces tentatives n\u2019a r\u00e9ussi, et j\u2019ai bon espoir qu\u2019\u00e0 la suite des \u00e9lections europ\u00e9ennes de juin 2024 et de la redistribution des rapports de force qui s\u2019en suivra un \u00e9quilibre plus favorable \u00e0 nos int\u00e9r\u00eats que ce n\u2019est le cas aujourd\u2019hui s\u2019installera en Europe.<\/p>\n<p>Et nous voici arriv\u00e9s \u00e0 la Hongrie.<\/p>\n<p>Que peut et que devrait faire la Hongrie dans cette situation internationale, dans ce milieu europ\u00e9en, en pleine d\u00e9b\u00e2cle\u00a0? Le plus important est de rester lucides. Je ne pense pas ici aux onze si\u00e8cles de notre histoire, ni m\u00eame \u00e0 la formule g\u00e9niale du RMDSZ[3]\u00a0: \u00ab\u00a0mille ans en Transylvanie, cent ans en Roumanie\u00a0\u00bb. La feuille de route que nous devons suivre maintenant est celle sur laquelle nous sommes enfin partis en 2010, apr\u00e8s les vingt premi\u00e8res confuses ann\u00e9es de la transition d\u00e9mocratique. Nous avons ouvert une nouvelle \u00e8re en 2010, et c\u2019est sur elle que nous devons garder les yeux fix\u00e9s, quelles que soient les difficult\u00e9s \u2013 \u00e9clairs, tonnerre ou orages \u2013 qui se pr\u00e9senteront. Nous vivons dans une \u00e8re nouvelle, fond\u00e9e sur des bases \u00e0 la fois spirituelles et \u00e9conomiques.<\/p>\n<p>\u00c9voquons d\u2019abord bri\u00e8vement les bases spirituelles de cette \u00e8re. Elles sont r\u00e9sum\u00e9es dans notre Constitution. La nouvelle Constitution hongroise est le document qui nous diff\u00e9rencie le plus clairement des autres pays de l\u2019Union europ\u00e9enne. Si vous lisez les constitutions des pays de l\u2019Europe, qui sont des constitutions lib\u00e9rales, vous verrez que c\u2019est le \u00ab je \u00bb qui en est le centre. Si vous lisez la Constitution hongroise, vous verrez que c\u2019est le \u00ab nous \u00bb qui en est le centre. La Constitution hongroise part du principe qu\u2019il y a un endroit qui est le n\u00f4tre : notre pays, qu\u2019il y a une communaut\u00e9 qui est la n\u00f4tre : notre nation, et qu\u2019il y a un mode de vie, plus pr\u00e9cis\u00e9ment un ordre de vie, qui est le n\u00f4tre : notre culture et notre langue. Notre point de d\u00e9part spirituel formul\u00e9 dans la Constitution est donc que les choses les plus importantes de la vie humaine sont celles que l\u2019on ne peut pas se procurer seuls, et c\u2019est pour cela que le \u00ab nous \u00bb est plac\u00e9 au centre de notre Constitution. L\u2019on ne peut se procurer seul ni la paix, ni la famille, ni l\u2019amiti\u00e9, ni la loi, ni l\u2019esprit de communaut\u00e9. Ni non plus la libert\u00e9. Car l\u2019homme seul n\u2019est pas libre, il est solitaire. Tout ce qui est bon dans la vie est pour l\u2019essentiel bas\u00e9 sur l\u2019interaction avec les autres, et si aux termes de notre Constitution ces bonnes choses sont les plus importantes de notre vie, ce sont bien elles qui doivent \u00eatre prot\u00e9g\u00e9es dans la soci\u00e9t\u00e9 et dans l\u2019ordre juridique. En avoir conscience, comme nous le faisons aujourd\u2019hui, constitue la base spirituelle de notre nouvelle \u00e8re, o\u00f9 ces \u00e9l\u00e9ments communs de la vie de l\u2019individu se pr\u00e9sentent comme des liants. C\u2019est pourquoi la Constitution hongroise est une constitution de l\u2019attachement, qui souhaite renforcer ces liens au travers d\u2019une culture de l\u2019attachement. Les constitutions lib\u00e9rales dessinent un monde non pas de l\u2019attachement, mais du d\u00e9tachement, elles ne veulent pas renforcer, mais rejeter quelque chose au nom de la libert\u00e9 individuelle. Notre Constitution, au contraire, renforce le lieu o\u00f9 vivront nos enfants, c\u2019est-\u00e0-dire notre pays. Elle renforce notre nature d\u2019homme et de femme, parce que c\u2019est ce lien que nous appelons famille. Et elle renforce nos fronti\u00e8res, parce que c\u2019est ainsi que nous pouvons dire avec qui nous voulons vivre. Nous n\u2019avons pas pris la mauvaise d\u00e9cision en 2011 en \u00e9laborant notre nouvelle Constitution hongroise, nationale et chr\u00e9tienne, s\u2019\u00e9cartant des autres constitutions europ\u00e9ennes : bien au contraire, nous pouvons affirmer que nous avons pris la bonne d\u00e9cision, car nous avons maintenant sur le dos la crise migratoire dont on voit bien qu\u2019elle ne peut pas \u00eatre g\u00e9r\u00e9e sur une base lib\u00e9rale. Et voil\u00e0 aussi la campagne LGBTQ, celle du genre, dont il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 qu\u2019elles ne peuvent \u00eatre repouss\u00e9es que sur une base communautaire, fond\u00e9e sur la protection de l\u2019enfance.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9chec des pays fonctionnant sur des bases lib\u00e9rales tient au fait qu\u2019ils ont cru que de nouvelles communaut\u00e9s prendront la place des anciennes, alors que c\u2019est une ali\u00e9nation d\u2019un type particulier qui est apparue partout. Bien s\u00fbr, la France, qui en souffre, est une grande nation, la gloire lui appartient, et elle y trouvera certainement une solution. Mais en consid\u00e9rant les bases spirituelles, en creusant un tout petit peu plus profond, l\u2019on peut affirmer qu\u2019une prise de conscience anthropologique se cache au fond des bases spirituelles de la nouvelle \u00e8re. Car voici deux cents et quelques ann\u00e9es, \u00e0 l\u2019\u00e9poque des Lumi\u00e8res, les intellectuels de gauche internationalistes et d\u2019esprit lib\u00e9ral, ainsi que les dirigeants politiques ont cru qu\u2019apr\u00e8s le rejet de la religion et du christianisme viendra une communaut\u00e9 id\u00e9ale, \u00ab \u00e9clair\u00e9e \u00bb, bas\u00e9e sur la reconnaissance du bien et du bien public, qui vivra une vie libre et d\u2019ordre sup\u00e9rieur, bas\u00e9e sur des v\u00e9rit\u00e9s sociales sociologiquement reconnues. C\u2019est cela qu\u2019ils ont esp\u00e9r\u00e9 du rejet du christianisme et de la religion. Cette hypoth\u00e8se n\u2019\u00e9tait pas encore exclue il y a deux cents ans. Cela aurait tr\u00e8s bien pu en aller ainsi. Mais deux cents ans ont pass\u00e9, et l\u2019on voit aujourd\u2019hui que ce n\u2019\u00e9tait qu\u2019une illusion : le rejet du christianisme a fait de nous, dans les faits, des pa\u00efens h\u00e9donistes. C\u2019est cela, la r\u00e9alit\u00e9. Et c\u2019est pourquoi, \u00e0 mes yeux, il \u00e9tait \u00e9vident que notre Constitution soit promulgu\u00e9e le jour de P\u00e2ques, devenant ainsi, en tout bien tout honneur, une \u00ab constitution pascale \u00bb.<\/p>\n<p>C\u2019est cela, Mesdames et Messieurs, qui est \u00e0 la base du conflit entre l\u2019Union europ\u00e9enne et la Hongrie. L\u2019Union europ\u00e9enne rejette notre h\u00e9ritage chr\u00e9tien, elle organise un changement de population au travers de la migration, elle m\u00e8ne une campagne LGBTQ contre les nations europ\u00e9ennes attach\u00e9es \u00e0 la famille. Voici quelques jours, la Lituanie est tomb\u00e9e, elle qui avait une excellente et remarquable loi de protection de l\u2019enfance, de laquelle nous nous \u00e9tions inspir\u00e9s pour l\u2019\u00e9laboration de la n\u00f4tre. Et je vois que sous l\u2019effet de la forte pression, les Lituaniens ont retir\u00e9 et abrog\u00e9 leurs lois de protection de l\u2019enfance adopt\u00e9es pas plus t\u00f4t qu\u2019en 2012. \u00ab\u00a0<em>Timeo Danaos et dona ferentes<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0: voil\u00e0 o\u00f9 conduit l\u2019amiti\u00e9 am\u00e9ricaine, mes chers Amis\u00a0!<\/p>\n<p>Nous devons donc constater qu\u2019une nouvelle classe politique a aujourd\u2019hui vu le jour en Europe, qui ne doit de comptes \u00e0 personne, n\u2019a plus de convictions ni chr\u00e9tiennes, ni d\u00e9mocratiques, et que la gouvernance f\u00e9d\u00e9raliste en Europe a conduit \u00e0 un empire incontr\u00f4lable. Nous n\u2019avons pas le choix. Nous avons beau aimer l\u2019Europe, elle a beau \u00eatre la n\u00f4tre, nous devons malgr\u00e9 tout nous insurger. Notre position est claire : nous ne souhaitons pas que tout le monde ait la m\u00eame foi, nous ne souhaitons pas que tout le monde vive la m\u00eame vie de famille, ou prenne part aux m\u00eames f\u00eates, mais nous restons attach\u00e9s \u00e0 notre patrie commune, \u00e0 notre langue commune, \u00e0 notre sph\u00e8re publique commune, \u00e0 notre culture commune, dans la conviction que tout cela forme la base de la s\u00e9curit\u00e9, de la libert\u00e9 et du bien-\u00eatre des Hongrois et doit donc \u00eatre d\u00e9fendu \u00e0 tout prix. C\u2019est pourquoi nous ne conclurons pas de compromis. Nous ne reculerons pas. Nous d\u00e9fendrons nos droits en Europe. Nous ne c\u00e9derons ni au chantage politique, ni au chantage financier. L\u2019on peut peut-\u00eatre transiger dans les questions relevant du temps tactique, voire du temps strat\u00e9gique, mais dans celles relevant du temps historique, jamais.<\/p>\n<p>Et enfin, si Zsolt[4]\u00a0m\u2019y autorise, je dirai encore quelques mots des bases \u00e9conomiques de notre nouvelle \u00e8re. Voil\u00e0 treize ans que nous b\u00e2tissons notre nouveau syst\u00e8me \u00e9conomique. Sur cette dur\u00e9e, il se pr\u00e9sente assez bien et ses performances sont bonnes. Nous attendions de lui qu\u2019il serve la Hongrie jusqu\u2019en 2030 sans modifications majeures, afin de permettre \u00e0 la Hongrie et aux Hongrois vivant dans le Bassin des Carpates de vivre dans la s\u00e9curit\u00e9 et le progr\u00e8s. Proportionnellement au temps pass\u00e9, nous avan\u00e7ons de mani\u00e8re satisfaisante vers cet objectif. En treize ans, la performance de l\u2019\u00e9conomie hongroise a tripl\u00e9, passant de 27.000 milliards [72 milliards d\u2019euros, ndt] \u00e0 80.000 milliards de forints [213 milliards d\u2019euros, ndt]. Et bien que l\u2019on nous enseigne dans les \u00e9coles politiques qu\u2019un chiffre et une date ne doivent jamais figurer dans la m\u00eame phrase, je dirai tout de m\u00eame que notre objectif est un PNB de 160.000 milliards de forints [426 milliards d\u2019euros, ndt] pour 2030. Si nous regardons nos objectifs de convergence, je peux dire qu\u2019en 2010 nous nous trouvions \u00e0 66% de la moyenne europ\u00e9enne, en 2022 \u00e0 78 % et que pour 2030 nous visons la tranche comprise entre 85 et 90%. Si nous regardons la comp\u00e9titivit\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie hongroise, c\u2019est-\u00e0-dire ses exportations, je peux dire que nous les avons doubl\u00e9es en treize ans, et que la part des produits hongrois, c\u2019est-\u00e0-dire la part des produits des entreprises de propri\u00e9t\u00e9 hongroise a augment\u00e9. Nous r\u00e9duisons comme pr\u00e9vu notre d\u00e9pendance \u00e9nerg\u00e9tique : nous en sommes actuellement \u00e0 28%, et \u00e0 l\u2019horizon 2030 \u2013\u00a0Paks2, \u00e9nergie solaire, d\u00e9veloppement des r\u00e9seaux \u2013 nous voulons arriver \u00e0 r\u00e9duire \u00e0 z\u00e9ro nos importations d\u2019\u00e9nergie \u00e9lectrique. C\u2019est dans cette perspective que nous construisons nos centrales \u00e9nerg\u00e9tiques, au prix d\u2019un investissement de 11.500 milliards de forints [30 milliards d\u2019euros, ndt]. Le taux d\u2019emploi \u00e9tait de 62 % en 2010, il est de 77 % aujourd\u2019hui et nous voudrions le porter \u00e0 85 % \u00e0 l\u2019horizon 2030. Nous avons en cours un programme de d\u00e9veloppement consid\u00e9rable dans le domaine des universit\u00e9s. En 2010, aucune universit\u00e9 hongroise ne figurait dans les premiers 5 % mondiaux. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, onze universit\u00e9s hongroises y figuraient d\u00e9j\u00e0. En ce qui concerne le soutien aux familles, notre taux de f\u00e9condit\u00e9 \u00e9tait de 1,2 en 2010, nous l\u2019avons port\u00e9 \u00e0 1,5. Mais pour que notre population ne baisse pas, il devrait \u00eatre \u00e0 2,1. L\u2019on voit que nous sommes en grande difficult\u00e9 dans ce domaine, et nous devons continuer \u00e0 mobiliser sur la politique familiale toutes nos forces, toute notre \u00e9nergie, toutes nos ressources y compris budg\u00e9taires. Et nos forces arm\u00e9es commencent aussi \u00e0 se redresser. Nous avons, nous aurons peu \u00e0 peu une arm\u00e9e digne de ce nom. Au lieu de salari\u00e9s en uniforme, nous aurons des combattants. Nous avons aussi d\u00e9sormais, \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, une industrie militaire. Nous faisons partie du petit nombre des pays-membres de l\u2019OTAN qui sont capables de consacrer au moins 2 % de leur produit national brut \u00e0 leur d\u00e9fense. Et en ce qui concerne la coh\u00e9sion de la nation, notre programme pour l\u2019horizon 2030 progresse lui aussi de mani\u00e8re satisfaisante. Nous avons multipli\u00e9 par 10 les ressources affect\u00e9es au-del\u00e0 de nos fronti\u00e8res \u00e0 la coh\u00e9sion nationale et aujourd\u2019hui, alors m\u00eame que nous nous d\u00e9battons dans toutes sortes de difficult\u00e9s, nous aurons multipli\u00e9 cette ann\u00e9e par 5, c\u2019est-\u00e0-dire de 500 %, le soutien \u00e0 l\u2019enseignement et \u00e0 l\u2019\u00e9ducation. Et je dois dire que les r\u00e9sultats sont l\u00e0 : je voudrais f\u00e9liciter tous les Sicules et tous les Transylvains qui ont pris part aux campagnes de signatures du\u00a0<em>Minority Safepack\u00a0<\/em>et de l\u2019initiative\u00a0<em>R\u00e9gions nationales<\/em>\u00a0et ont \u00e9t\u00e9 capables, dans chacune de ces causes, de rassembler plus d\u2019un million de signatures. Il y a fallu de la force, de la force humaine, c\u2019est un grand r\u00e9sultat. F\u00e9licitations \u00e0 vous\u00a0!<\/p>\n<p>Et pour finir : ces fondements \u00e9conomiques de notre nouvelle \u00e8re ont beau bien r\u00e9sonner, il y a tout de m\u00eame un\u00a0<em>hic<\/em>, et c\u2019est avec cela que je voudrais conclure mon propos. Le\u00a0<em>hic<\/em>\u00a0est qu\u2019en trois ans nous sommes entr\u00e9s en collision avec deux m\u00e9t\u00e9orites. D\u2019abord en 2020 avec le Covid. Nous nous en sommes sortis tant bien que mal, et nous avons retrouv\u00e9 relativement rapidement le chemin que nous nous \u00e9tions trac\u00e9s dans la perspective 2030. Mais une nouvelle m\u00e9t\u00e9orite nous a frapp\u00e9s en 2022\u00a0: celle de la guerre, et elle est sensiblement plus coriace. Cette m\u00e9t\u00e9orite nous a fait d\u00e9vier de notre chemin. Et je peux vous dire aujourd\u2019hui que la Hongrie, les Hongrois et le gouvernement hongrois combattent sans rel\u00e2che pour que nous puissions nous retrouver sur le chemin bien trac\u00e9 qui doit nous conduire jusqu\u2019en 2030 et dont nous avons \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9s. Je vois que le retour sur ce chemin pourra avoir lieu au plus t\u00f4t aux alentours de juillet 2024. J\u2019ai bon espoir de pouvoir vous annoncer, l\u2018ann\u00e9e prochaine, que la croissance de la Hongrie est redevenue significative, que les cr\u00e9dits bancaires se sont redress\u00e9s et que nous avons retrouv\u00e9 une trajectoire de croissance largement sup\u00e9rieure \u00e0 la moyenne europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Nous avons d\u00e9pass\u00e9 la p\u00e9riode la plus difficile. L\u2019inflation battait tous les records, nous sommes en train de la briser et nous avons toutes les chances pour qu\u2019elle redescende au-dessous de 10 % d\u2019ici \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle revienne \u00e0 un chiffre. Le premier semestre de l\u2019ann\u00e9e a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s difficile, parce que l\u2019inflation a augment\u00e9 en Hongrie plus vite que les salaires. Il n\u2019y en avait pas eu d\u2019exemple depuis bien longtemps, peut-\u00eatre depuis dix ans. Mais nous nous redresserons sur le second semestre, et si le Bon Dieu nous vient en aide, nous arriverons \u00e0 faire en sorte que sur l\u2019ensemble de l\u2019ann\u00e9e 2023 le pouvoir d\u2019achat des salaires n\u2019aura pas baiss\u00e9. Les int\u00e9r\u00eats des emprunts sont eux aussi astronomiquement \u00e9lev\u00e9s aujourd\u2019hui en Hongrie, et je pr\u00e9vois leur normalisation, leur retour \u00e0 un niveau acceptable au plus t\u00f4t pour le premier trimestre de l\u2019ann\u00e9e prochaine. Cela veut dire que si nous travaillons bien, si nous avons de la chance et si le Bon Dieu nous aide, nous nous trouverons d\u00e9j\u00e0, au moment des \u00e9lections europ\u00e9ennes et de nos \u00e9lections municipales de 2024, sur le chemin bien trac\u00e9 qui nous m\u00e8nera jusqu\u2019en 2030. Nous pourrons alors, \u00e0 notre Universit\u00e9 d\u2019\u00e9t\u00e9 de 2024, aborder tranquillement nos projets pour la p\u00e9riode 2030-2040.<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9 donc, Mesdames et Messieurs, je peux vous dire ceci : gardons la t\u00eate froide dans les affaires du monde, \u00e9tablissons des liens dans l\u2019\u00e9conomie mondiale, luttons dans les d\u00e9bats de l\u2019Union europ\u00e9enne, tenons bon dans les questions spirituelles et restons pers\u00e9v\u00e9rants dans la coh\u00e9sion nationale.<\/p>\n<p>Le Bon Dieu au-dessus de nous tous, la Hongrie avant tout\u00a0! Allez la Hongrie, allez les Hongrois\u00a0!<\/p>\n<p>\u2014<\/p>\n<p>[1]\u00a0G\u00e9za Hofi (1936-2002), humoriste hongrois.<\/p>\n<p>[2]\u00a0L\u2019OTP, la premi\u00e8re banque hongroise, a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9e par les autorit\u00e9s ukrainiennes sur la liste des entreprises favorisant l\u2019effort de guerre de la Russie<\/p>\n<p>[3]\u00a0RMDSZ : Alliance d\u00e9mocratique des Hongrois de Roumanie, parti politique de la minorit\u00e9 hongroise locale<\/p>\n<p>[4]\u00a0Zsolt N\u00e9meth, pr\u00e9sident de la Commission des Affaires \u00e9trang\u00e8res du Parlement hongrois et organisateur de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>\u2014<\/p>\n<p><em>Traduction fournie par le service de communication international du gouvernement hongrois, ajustements effectu\u00e9s par le Visegr\u00e1d Post.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hongrie \/ Roumanie\u00a0\u2013 Comme tous les ans, fin juillet, Viktor Orb\u00e1n tient un discours de philosophie politique \u00e0 l\u2019universit\u00e9 d\u2019\u00e9t\u00e9 de B\u00e1lv\u00e1nyos \u00e0 Tusv\u00e1nyos (ou Tusn\u00e1df\u00fcrd\u0151), en Transylvanie \u2013 r\u00e9gion anciennement hongroise, dont certaines parties sont toujours peupl\u00e9es majoritairement de hongrois, et o\u00f9 le Fidesz fait presque l\u2019unanimit\u00e9. 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