{"id":5151,"date":"2017-07-24T18:25:07","date_gmt":"2017-07-24T17:25:07","guid":{"rendered":"https:\/\/visegradpost.com\/?p=5151"},"modified":"2025-06-10T18:27:39","modified_gmt":"2025-06-10T17:27:39","slug":"leurope-appartiendra-t-elle-aux-europeens-le-discours-complet-de-v-orban","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/visegradpost.com\/fr\/2017\/07\/24\/leurope-appartiendra-t-elle-aux-europeens-le-discours-complet-de-v-orban\/","title":{"rendered":"\u00ab L\u2019Europe appartiendra-t-elle aux Europ\u00e9ens ? \u00bb, le discours complet de V. Orb\u00e1n"},"content":{"rendered":"<p><strong>Discours de M. Viktor Orb\u00e1n, premier ministre de Hongrie, devant les participants de la 28\u00e8me Universit\u00e9 d\u2019\u00e9t\u00e9 de B\u0103ile Tu\u015fnad, en Roumanie, le 22 juillet 2017.<\/strong><\/p>\n<p>\u00ab Mesdames et Messieurs,<\/p>\n<p>Je voudrais commencer par rappeler \u00e0 tout le monde que lorsque nous nous sommes r\u00e9unis ici pour la premi\u00e8re fois voici vingt-sept ans, nous avions fait une constatation. Souvenez-vous qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque, au d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt-dix, tout le monde \u2013 non seulement en Hongrie, mais aussi en Europe centrale \u2013 consid\u00e9rait comme allant de soi qu\u2019il fallait prendre mod\u00e8le en tout sur le monde occidental qui nous ouvrait \u00e0 nouveau ses portes, que nous devions muer notre vieille peau et d\u00e9velopper une nouvelle peau occidentale, plus \u00e0 la mode. En termes politiques, cela voulait dire que nous devions faire exactement la m\u00eame chose qu\u2019eux. Quant \u00e0 nous, combattants de la libert\u00e9 venant de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du rideau de fer, qui nous r\u00e9unissions ici voici vingt-sept ans, vingt-huit ans, nous pensions que nous aurions peut-\u00eatre quelque chose d\u2019utile \u00e0 apporter \u00e0 cette Europe qui vivait alors depuis quarante ans d\u00e9j\u00e0 dans la paix, la libert\u00e9 et le bien-\u00eatre. A cette \u00e9poque, il n\u2019y avait pas beaucoup de cam\u00e9ras autour de nous, et l\u2019on se pr\u00e9occupait bien peu de scruter nos propos.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, cependant, l\u2019on nous observe de pr\u00e8s. Si je devais nommer l\u2019\u00e9v\u00e9nement hongrois et europ\u00e9en le plus marquant de l\u2019ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e, l\u2019\u00e9v\u00e9nement principal des douze mois qui nous s\u00e9parent de notre derni\u00e8re rencontre, je citerais le renforcement des Quatre de Visegr\u00e1d. Il y a eu les \u00e9lections am\u00e9ricaines. Il n\u2019y a pas longtemps, les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles et l\u00e9gislatives fran\u00e7aises ont balay\u00e9 l\u2019ensemble de l\u2019ancien r\u00e9gime des partis. Ce sont des \u00e9v\u00e9nements importants, certes, mais je suis convaincu que l\u2019acquis le plus important de l\u2019ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e est le renforcement sans pr\u00e9c\u00e9dent de la collaboration des quatre Etats du groupe de Visegr\u00e1d. Nous pouvons affirmer que Varsovie, Prague, Bratislava et Budapest parlent d\u2019une m\u00eame voix, ce qui n\u2019est pas rien compte tenu du caract\u00e8re tr\u00e8s diff\u00e9rent de nos pays. Nous avons les Polonais toujours pleins d\u2019entrain, les Tch\u00e8ques toujours tr\u00e8s mesur\u00e9s, les Slovaques toujours sens\u00e9s et les Hongrois toujours romantiques, et nous sommes tout de m\u00eame capables de parler d\u2019une m\u00eame voix. Nous pouvons vraiment en \u00eatre fiers.<\/p>\n<p>Conform\u00e9ment aux usages de cette universit\u00e9 d\u2019\u00e9t\u00e9, je voudrais essayer de dresser ici le bilan des changements intervenus depuis un an, y compris dans une perspective civilisationnelle. Peut-\u00eatre ne se souvient-on pas qu\u2019\u00e0 la suite de son \u00e9lection, le pr\u00e9sident Obama a prononc\u00e9 en 2009 son premier grand discours international dans une ville appel\u00e9e Le Caire. L\u2019actuel pr\u00e9sident des Etats-Unis qui vient d\u2019\u00eatre \u00e9lu a prononc\u00e9 son premier grand discours international dans une ville appel\u00e9e Varsovie. Et pour mesurer l\u2019importance de ce changement, il suffit, comme je vais maintenant le faire, de citer quelques extraits du discours pr\u00e9sidentiel de Varsovie. Je cite\u00a0: \u00ab\u00a0n\u2019oublions pas que la d\u00e9fense n\u2019est pas seulement un engagement financier, mais aussi un engagement de volont\u00e9\u00a0\u00bb, ou encore\u00a0: \u00ab\u00a0notre combat pour l\u2019Occident ne commence pas sur les champs de bataille, mais dans notre t\u00eate, avec notre volont\u00e9 et notre esprit. Notre libert\u00e9, notre civilisation et notre pr\u00e9servation d\u00e9pendent des liens entre l\u2019histoire, la culture et la m\u00e9moire\u00a0\u00bb. Et il a ensuite affirm\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0combattons donc, comme les Polonais, pour la famille, pour la libert\u00e9, pour le pays et pour Dieu\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ces paroles, Mesdames et Messieurs, n\u2019auraient pu \u00eatre prononc\u00e9es nulle part dans le monde occidental voil\u00e0 encore deux ans. Et c\u2019est peut-\u00eatre pour moi l\u2019occasion de saluer Piotr Naimski et la d\u00e9l\u00e9gation polonaise qu\u2019il conduit. Il est le pr\u00e9sident du groupe d\u2019amiti\u00e9 polono-hongrois \u00e0 Varsovie. Chers amis Polonais, soyez les bienvenus\u00a0!<\/p>\n<p>Certaines th\u00e9ories d\u00e9crivent les changements actuellement en cours dans le monde occidental comme la prise de conscience, avec l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir du nouveau pr\u00e9sident am\u00e9ricain, du combat que se livrent sur le champ de la politique mondiale les \u00e9lites mondialis\u00e9es, supranationales d\u2019une part et les dirigeants patriotes, attach\u00e9s \u00e0 la nation d\u2019autre part. Cette analyse me para\u00eet correcte, elle contient beaucoup de v\u00e9rit\u00e9, et si nous l\u2019appliquons \u00e0 nous-m\u00eames, nous pouvons dire que nous avons \u00e9t\u00e9 les pr\u00e9curseurs de cette nouvelle politique patriotique occidentale d\u00e8s 2010, bien avant les \u00e9lections am\u00e9ricaines. Nous avons couru un peu plus vite que la musique, et nous savons bien qu\u2019en politique ce n\u2019est pas la reconnaissance \u2013 mais au contraire quelque chose de bien diff\u00e9rent \u2013 que les pr\u00e9curseurs ont en partage. Mais s\u2019ils tiennent le coup, la reconnaissance viendra plus tard, comme c\u2019est le cas de mani\u00e8re croissante pour la Hongrie. L\u2019essentiel est que, dans ce combat qui oppose les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s en politique des \u00e9lites mondialis\u00e9es aux dirigeants et aux pays de sensibilit\u00e9 patriotique, la Hongrie se trouve du bon c\u00f4t\u00e9, du c\u00f4t\u00e9 des patriotes.<\/p>\n<p>Que d\u2019autre pourrait faire, Mesdames et Messieurs, un gouvernement patriote \u2013 c\u2019est ce qu\u2019a \u00e9voqu\u00e9 le pr\u00e9sident am\u00e9ricain, et c\u2019est ce que nous avions dit nous-m\u00eames en 2010 \u2013 si ce n\u2019est de rechercher le renforcement de sa propre communaut\u00e9, de sa nation, de son pays\u00a0? Nous aussi, en Hongrie, avons d\u00e9cid\u00e9 en 2010 de reprendre le contr\u00f4le de notre pays, de restaurer notre consid\u00e9ration et de reprendre la ma\u00eetrise de notre avenir. J\u2019ai essay\u00e9, pour mon intervention, de rassembler autour de quelques points-cl\u00e9 les facteurs qui font la force d\u2019une nation dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui, les attributs qui donnent sa force \u00e0 un pays. J\u2019ai identifi\u00e9 une bonne dizaine de points, que je voudrais maintenant partager bri\u00e8vement avec vous, en illustration de la longue route et des r\u00e9sultats accomplis par la Hongrie dans ce domaine depuis 2010.<\/p>\n<p>Tout d\u2019abord, une nation forte et un Etat fort ne vit pas de l\u2019argent des autres. C\u2019est pourquoi un tel Etat remercie bien l\u2019aide des institutions du type FMI, mais prend cong\u00e9 d\u2019elles, les renvoie chez elles et esp\u00e8re qu\u2019il n\u2019aura plus \u00e0 croiser leur chemin. C\u2019est ce qui s\u2019est pass\u00e9 en Hongrie. N\u2019oubliez pas qu\u2019avant 2010 les gouvernements socialistes avaient mis la Hongrie sous assistance respiratoire du FMI. Le probl\u00e8me des dispositifs d\u2019assistance respiratoire est qu\u2019ils aident, certes, \u00e0 la survie du patient, mais que le patient leur est li\u00e9. C\u2019est ce probl\u00e8me que nous avons r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9soudre apr\u00e8s 2010, et la Hongrie est ainsi parvenue \u00e0 une avanc\u00e9e dans la dimension la plus importante de la force, celle de l\u2019ind\u00e9pendance financi\u00e8re. Un Etat fort est un Etat dont les finances sont en ordre. Il n\u2019y a pas d\u2019Etat fort si le d\u00e9ficit budg\u00e9taire d\u00e9rape, il n\u2019y a pas d\u2019Etat fort si les entreprises sont plac\u00e9es sous la coupe de leurs cr\u00e9anciers, et il n\u2019y a pas d\u2019Etat fort si les m\u00e9nages sont entra\u00een\u00e9s dans le pi\u00e8ge de l\u2019endettement comme cela a \u00e9t\u00e9 fait avec l\u2019endettement en devises des Hongrois. Toutes ces questions, nous avons r\u00e9ussi \u00e0 les r\u00e9soudre l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre. Un Etat fort est un Etat dont l\u2019\u00e9conomie produit des r\u00e9sultats. Ces r\u00e9sultats sont d\u00e9finis, dans le monde moderne, par une expression appel\u00e9e PIB. S\u2019il y a croissance, il y a renforcement. En Hongrie, la croissance est aujourd\u2019hui de pr\u00e8s du double de la moyenne europ\u00e9enne. Un Etat fort est un Etat qui est capable de donner un emploi \u00e0 tous ceux qui veulent travailler. Peu d\u2019Etats en sont capables aujourd\u2019hui, et nous en faisons partie. Je voudrais rappeler quelques chiffres. En 2010, sur les 10 millions de Hongrois, 3,6 millions avaient un emploi et 1,8 million payaient des imp\u00f4ts. C\u2019est un vrai miracle que nous n\u2019y ayons pas succomb\u00e9. Aujourd\u2019hui, 4,4 millions de personnes ont un emploi et 4,4 millions de personnes paient des imp\u00f4ts. C\u2019est la raison pour laquelle la Hongrie est financi\u00e8rement solide.<\/p>\n<p>A moins d\u2019avoir la dimension de l\u2019Allemagne ou des Etats-Unis, un Etat ne peut \u00eatre fort que si les branches strat\u00e9giquement les plus importantes de son \u00e9conomie sont solidement entre les mains d\u2019int\u00e9r\u00eats nationaux. Ce n\u2019\u00e9tait pas le cas avant 2010, mais nous pouvons affirmer aujourd\u2019hui que dans le secteur \u00e9nerg\u00e9tique, dans le secteur bancaire et dans le secteur des m\u00e9dias les int\u00e9r\u00eats nationaux sont devenus majoritaires. L\u2019Etat hongrois a consacr\u00e9 au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es l\u2019\u00e9quivalent de plus de 3 milliards d\u2019euros [3% de son PIB annuel] au rachat des secteurs ou soci\u00e9t\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment privatis\u00e9s sans raison.<\/p>\n<p>Un Etat fort ne peut pas se satisfaire d\u2019un d\u00e9clin d\u00e9mographique. Ce probl\u00e8me est en ce moment le talon d\u2019Achille de l\u2019Etat fort en Hongrie. Un pays qui conna\u00eet le d\u00e9clin d\u00e9mographique et \u2013 parlons clair \u2013 qui n\u2019est m\u00eame pas capable de se reproduire biologiquement ne m\u00e9rite peut-\u00eatre pas d\u2019exister. Il dispara\u00eet. Seules subsistent dans le monde les communaut\u00e9s capables de se maintenir au moins au niveau biologique. La Hongrie n\u2019y est h\u00e9las pas encore. Et nous devons reconna\u00eetre aussi que dans les questions d\u00e9mographiques, donc dans les politiques familiales, les mains des gouvernements sont li\u00e9es\u00a0: car aucune politique n\u2019est en mesure de d\u00e9terminer si dans une communaut\u00e9 il y aura ou non des naissances, s\u2019il y aura des naissances dans une famille, et combien. Seules les femmes peuvent en d\u00e9cider. Il en sera selon la volont\u00e9 des femmes. Que peut faire le gouvernement\u00a0? Il peut faire une seule chose\u00a0: essayer de cr\u00e9er un environnement favorable \u00e0 la famille. Nous n\u2019avons pas l\u2019habitude de parler, sur ce point, d\u2019un fait important, mais peut-\u00eatre est-ce maintenant l\u2019occasion de l\u2019\u00e9voquer, comme je vais le faire. Beaucoup ont pu \u00eatre frapp\u00e9s par le fait qu\u2019en Hongrie, en vertu justement de la notion d\u2019Etat fort, nous d\u00e9pensons \u00e9norm\u00e9ment d\u2019argent pour le soutien des familles. L\u2019on peut se poser la question de savoir d\u2019o\u00f9 vient cet argent. La r\u00e9ponse, Mesdames et Messieurs, est simple\u00a0: cet argent, nous le prenons aux multinationales. Modestie mise \u00e0 part, je dirais m\u00eame que je le prends aux multinationales, parce qu\u2019au d\u00e9but il n\u2019y avait gu\u00e8re, \u00e0 part moi, de partisans de cette excellente mesure. Par cons\u00e9quent, nous pr\u00e9levons sur le b\u00e9n\u00e9fice des entreprises internationales, par la voie de diff\u00e9rents imp\u00f4ts exceptionnels, les sommes que nous reversons aux familles qui \u00e9l\u00e8vent des enfants. Au niveau des chiffres, cela veut dire \u2013 sur la base des chiffres de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re \u2013 que nous pr\u00e9levons 272 milliards de forints [pr\u00e8s de 900 millions d\u2019euros] sur le secteur bancaire, 120 milliards de forints [400 millions d\u2019euros] sur le secteur \u00e9nerg\u00e9tique et 55 milliards de forints [180 millions d\u2019euros] sur le secteur des t\u00e9l\u00e9communications. Cela fait pr\u00e8s de 500 milliards de forints [1,6 milliard d\u2019euros] par an, que nous redistribuons \u00e0 hauteur de 272 milliards de forints [900 millions d\u2019euros] sous forme d\u2019avantages fiscaux aux personnes qui travaillent tout en \u00e9levant des enfants, 74 milliards de forints [240 millions d\u2019euros] \u00e0 l\u2019alimentation gratuite des enfants et 5 milliards de forints [16 millions d\u2019euros] par an au financement des vacances des enfants pauvres., Nous fournissons gratuitement les livres scolaires (je ne peux pas donner de chiffre exact, parce qu\u2019il augmente constamment) et nous consacrons 210 milliards de forints [680 millions d\u2019euros] \u00e0 l\u2019acquisition de leur logement par les parents \u00e9levant leurs enfants. Voil\u00e0 en quoi consiste la politique d\u00e9mographique, la politique familiale dont je parle. En fait, les ressources n\u00e9cessaires \u00e0 son financement n\u2019existaient pas.<\/p>\n<p>En entendant le vice-premier ministre Zsolt Semj\u00e9n dire que le gouvernement hongrois est le gouvernement le plus chr\u00e9tien-d\u00e9mocrate d\u2019Europe, il faut penser \u00e0 ceci\u00a0: nous pr\u00e9levons une partie des grands b\u00e9n\u00e9fices pour les redistribuer \u00e0 ceux qui travaillent tout en \u00e9levant des enfants et qui se pr\u00e9occupent ainsi de l\u2019avenir de la nation.<\/p>\n<p>En parlant d\u2019Etat fort, il faut \u00e9voquer aussi, parmi ses conditions de base, la s\u00e9curit\u00e9 publique. Cela veut dire aujourd\u2019hui principalement deux choses\u00a0: la protection des fronti\u00e8res et la capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9carter les menaces terroristes.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas d\u2019Etat fort sans identit\u00e9 culturelle. Il faut parler de l\u2019identit\u00e9 culturelle, m\u00eame si cette expression semble se heurter \u00e0 des tabous. Il n\u2019y a pas d\u2019identit\u00e9 culturelle sans composition ethnique stable. Modifier la composition ethnique d\u2019un pays revient \u00e0 modifier son identit\u00e9 culturelle. Un Etat fort ne peut jamais se le permettre, en particulier si quelque catastrophe mondiale l\u2019y oblige.<\/p>\n<p>Dans le monde moderne, il n\u2019y a pas, Mesdames et Messieurs, de communaut\u00e9 forte, d\u2019Etat fort s\u2019il n\u2019y a pas dans le pays une activit\u00e9 scientifique et une innovation dynamique, et si le pays n\u2019est pas capable d\u2019ouvrir vers les branches industrielles du futur. Je ne pr\u00e9tends pas que nous soyons arriv\u00e9s \u00e0 destination, mais nous avons au moins, au cours des sept derni\u00e8res ann\u00e9es, frapp\u00e9 \u00e0 la porte des industries du futur.<\/p>\n<p>Dans notre cas, il n\u2019y a pas de communaut\u00e9 hongroise forte ni d\u2019Etat hongrois fort si nous ne sommes pas capables de rassembler dans une m\u00eame communaut\u00e9 tous les Hongrois vivant dans le monde. Sans entrer dans les d\u00e9tails, je voudrais dire que la Hongrie ne pourra \u00eatre forte que si elle est organis\u00e9e de mani\u00e8re \u00e0 ce que si o\u00f9 que ce soit dans le monde l\u2019on marche sur les pieds d\u2019un Hongrois parce qu\u2019il est hongrois, un clignotant rouge doit s\u2019allumer \u00e0 Budapest. La Hongrie sera un Etat fort si nous y parvenons.<\/p>\n<p>La force de la Hongrie, Mesdames et Messieurs, est \u00e9galement accrue par son appartenance \u00e0 un syst\u00e8me d\u2019alliances stable, car nous sommes membres du gigantesque march\u00e9 commun de l\u2019Union europ\u00e9enne et aussi de la plus grande force militaire du monde, l\u2019OTAN. M. le pasteur T\u0151k\u00e9s a \u00e9voqu\u00e9 les championnats du monde de natation. Je ne voudrais pas parler ici de l\u2019\u00e9v\u00e9nement en lui-m\u00eame, mais simplement souligner le fait que la capacit\u00e9 \u00e0 abriter les grands \u00e9v\u00e9nements du monde est aussi une condition de base de la force d\u2019un Etat et d\u2019une communaut\u00e9 modernes. Si nous regardons Budapest, nous voyons qu\u2019entre Vienne et Istanbul Budapest est le point \u2013 peut-\u00eatre le seul \u2013 dont on puisse dire qu\u2019il est une sorte de cr\u00e9ation culturelle, car Budapest n\u2019est pas seulement une ville, mais aussi \u2013 vous la connaissez bien \u2013 une cr\u00e9ation culturelle hongroise, la manifestation du g\u00e9nie hongrois dans sa capacit\u00e9 \u00e0 produire des r\u00e9alisations architecturales et urbanistiques. En d\u2019autres termes, Budapest est le lieu qui montre \u00e0 soi-m\u00eame et au monde qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9v\u00e9nement au monde, qu\u2019il soit sportif, culturel, religieux, ou autre \u2013 \u00e0 l\u2019exception des championnats du monde de football, mais c\u2019est une autre histoire \u2013 que Budapest ne soit pas en mesure d\u2019accueillir. C\u2019est une grande capacit\u00e9, une grande force et une s\u00e9rieuse promesse pour l\u2019avenir. En d\u2019autres termes, notre capitale est capable de bien plus que le simple service de l\u2019Etat hongrois.<\/p>\n<p>Il reste encore une chose, Mesdames et Messieurs, qui est n\u00e9cessaire \u00e0 la force mais dont nous ne disposons que de mani\u00e8re limit\u00e9e\u00a0: c\u2019est l\u2019arm\u00e9e. Son d\u00e9veloppement a pris du retard, parce que dans les ann\u00e9es pass\u00e9es nous avons consacr\u00e9 toutes nos \u00e9nergies \u00e0 la sortie de la crise \u00e9conomique. Dans quelques ann\u00e9es, quand nous parlerons de la force de la Hongrie, de la question de notre nation, je suis s\u00fbr que nous pourrons faire figurer dans nos arguments la force de l\u2019arm\u00e9e hongroise, qui sera capable de d\u00e9fendre le pays et elle-m\u00eame contre toute agression ext\u00e9rieure. C\u2019est pour cette raison que nous avons lanc\u00e9 un programme de d\u00e9veloppement de nos forces arm\u00e9es, et que nous avons entam\u00e9 au cours de la p\u00e9riode r\u00e9cente la construction du premier \u00e9tablissement de l\u2019industrie militaire hongroise.<\/p>\n<p>En ce qui concerne l\u2019avenir, Mesdames et Messieurs, tous les processus que je viens de d\u00e9crire devront \u00eatre amplifi\u00e9s. Il y a trois questions pour lesquelles le seul renforcement n\u2019est pas suffisant et o\u00f9 le changement de dimension est n\u00e9cessaire, c\u2019est-\u00e0-dire une acc\u00e9l\u00e9ration du d\u00e9veloppement. Le premier est la question d\u00e9mographique. Nous n\u2019en sommes m\u00eame pas encore au point z\u00e9ro\u00a0: il est vrai que notre taux de f\u00e9condit\u00e9 est pass\u00e9 de 1,2 \u00e0 1,44 \u2013 c\u2019est encourageant \u2013, mais nous sommes encore loin des 2. Et pour \u00eatre tranquilles d\u00e9mographiquement, chaque couple hongrois doit avoir \u2013 en moyenne \u00e9videmment \u2013 au moins 2,1 enfants. Tant que nous n\u2019y serons pas, la Hongrie devra \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme d\u00e9mographiquement menac\u00e9e, et ce commandement doit \u00eatre pris au s\u00e9rieux par tout le monde, mais en premier lieu par le gouvernement. Nous avons donc besoin d\u2019un changement de dimension et d\u2019une acc\u00e9l\u00e9ration sur le terrain de la d\u00e9mographie. Nous devons aussi acc\u00e9l\u00e9rer dans la structuration de notre nation\u00a0: nous devrons intensifier fortement, sur la p\u00e9riode \u00e0 venir, l\u2019organisation de la communaut\u00e9 hongroise du Bassin des Carpates, et tout particuli\u00e8rement sa puissance \u00e9conomique. Et le troisi\u00e8me domaine o\u00f9 nous aurons besoin d\u2019un changement de dimension, c\u2019est celui de l\u2019insertion de la technologie moderne dans l\u2019\u00e9conomie hongroise, au travers d\u2019une participation beaucoup plus active qu\u2019aujourd\u2019hui \u00e0 la r\u00e9volution industrielle.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 pour la Hongrie. Je voudrais maintenant dire quelques mots de l\u2019Europe. Je vous prie de m\u2019excuser de m\u2019exprimer aujourd\u2019hui devant vous d\u2019une mani\u00e8re qui pourra vous para\u00eetre tr\u00e8s simplifi\u00e9e. Ce n\u2019est pas que j\u2019aie perdu le sens des nuances, mais le sujet permet une pr\u00e9sentation tr\u00e8s simple.<\/p>\n<p>La question principale qui se posera \u00e0 l\u2019Europe au cours de la prochaine d\u00e9cennie est de savoir si l\u2019Europe restera celle des Europ\u00e9ens. Si la Hongrie restera le pays des Hongrois, l\u2019Allemagne, le pays des Allemands, la France, le pays des Fran\u00e7ais, l\u2019Italie, le pays des Italiens. Qui seront les habitants de l\u2019Europe\u00a0? C\u2019est \u00e0 cette question historique que nous sommes confront\u00e9s. En ce qui concerne la situation concr\u00e8te \u2013 et cela en dit long sur le monde dans lequel nous vivons \u2013 il n\u2019existe en Europe aucune donn\u00e9e claire et fiable sur la proportion, dans les diff\u00e9rents pays, des habitants traditionnels, de souche, chr\u00e9tiens, et celle des communaut\u00e9s musulmanes qui y p\u00e9n\u00e8trent. Il est en effet interdit dans la pratique de collecter ces donn\u00e9es. Quant \u00e0 celles que l\u2019on collecte, elles ne sont pas utilisables pour en d\u00e9duire l\u2019avenir qui nous attend. Car les migrants ne se r\u00e9partissent pas selon les m\u00eames classes d\u2019\u00e2ge, donc les statistiques g\u00e9n\u00e9rales nous r\u00e9v\u00e8lent peu de chose sur ce qui nous attend. Il faut prendre en consid\u00e9ration surtout les moins de 15 ans et ceux compris entre 15 et 45 ans pour pr\u00e9dire ce qui se passera dans tel ou tel pays \u00e0 l\u2019horizon, disons, 2050.<\/p>\n<p>Le gouvernement hongrois ne mesure ni sa peine, ni son argent pour mener chaque ann\u00e9e une vaste enqu\u00eate destin\u00e9e \u00e0 savoir ce que pensent de tout cela les Europ\u00e9ens. Pas ce que pensent leurs dirigeants\u00a0: nous connaissons leur opinion, et nous avons de bonnes raisons de soup\u00e7onner que l\u2019opinion des dirigeants ne refl\u00e8te pas celle des peuples. L\u2019enqu\u00eate de cette ann\u00e9e montre que 81% des citoyens des 28 Etats-membres de l\u2019Union europ\u00e9enne estiment que le ph\u00e9nom\u00e8ne migratoire est une question grave ou tr\u00e8s grave. 64% des Europ\u00e9ens estiment que la migration est un facteur d\u2019accroissement de la criminalit\u00e9. 59% sont d\u2019avis que l\u2019immigration modifie la culture. Sur le jugement de la performance de Bruxelles dans la gestion du ph\u00e9nom\u00e8ne migratoire, 76% des citoyens de l\u2019Europe estiment qu\u2019elle est faible. Et \u00e0 la question de savoir s\u2019il convient de donner davantage de pouvoirs \u00e0 Bruxelles pour la solution du probl\u00e8me, ou bien s\u2019il faut plut\u00f4t renforcer les Etats-nations, nous constatons que 36% des interrog\u00e9s attendent la solution de Bruxelles et lui donneraient davantage de comp\u00e9tences, et 51% attendent la solution des Etats-nations. Dans le cas de la Hongrie, nous avons 25% de nos concitoyens \u2013 ce n\u2019est pas rien\u00a0: un quart de la population \u2013 qui estiment qu\u2019il faut donner davantage de pouvoirs \u00e0 Bruxelles, mais gr\u00e2ce au Ciel nous en avons 61% qui souhaitent le contraire et qui d\u00e9clarent m\u00eame qu\u2019il serait bon de reprendre ceux \u2013 ou au moins une partie de ceux \u2013 que nous lui avons jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent conf\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>Naturellement, sur toute cette probl\u00e9matique consistant \u00e0 savoir qui seront les habitants de l\u2019Europe de demain, l\u2019on pourrait avancer qu\u2019une int\u00e9gration r\u00e9ussie r\u00e9soudra le probl\u00e8me. La r\u00e9alit\u00e9 est toutefois que nous ne connaissons pas d\u2019int\u00e9gration r\u00e9ussie. Il est clair que la migration n\u2019est une solution ni aux probl\u00e8mes \u00e9conomiques, ni au manque de main d\u2019\u0153uvre. Il est int\u00e9ressant de constater qu\u2019en Europe le risque de voir les migrants prendre leur emploi est celui qui pr\u00e9occupe le moins les populations. La cause en est sans doute l\u2019exp\u00e9rience de la vie. Je pense \u00e9galement qu\u2019il y a des situations d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9es o\u00f9 les naufrag\u00e9s n\u2019en peuvent plus et se mettent \u00e0 boire de l\u2019eau de mer\u00a0: c\u2019est aussi de l\u2019eau, apr\u00e8s tout, sauf qu\u2019elle n\u2019apaise pas la soif et ne fait qu\u2019accro\u00eetre le mal. Ceux qui pr\u00e9tendent faire r\u00e9soudre par les migrants leurs probl\u00e8mes \u00e9conomiques se trouvent \u00e0 peu pr\u00e8s dans cette situation. Et nous devons rappeler aussi, dans notre argumentation face aux tenants de l\u2019int\u00e9gration r\u00e9ussie, que si des personnes repr\u00e9sentant des objectifs antagonistes se retrouvent dans un m\u00eame syst\u00e8me, dans un m\u00eame pays, il n\u2019en r\u00e9sultera pas l\u2019int\u00e9gration, mais le chaos. Il est parfaitement \u00e9vident que la culture des migrants est en opposition radicale avec la culture europ\u00e9enne, et que des id\u00e9es et des valeurs antagonistes ne peuvent se valoriser simultan\u00e9ment, car elles s\u2019excluent mutuellement. Pour donner un exemple particuli\u00e8rement embl\u00e9matique, les Europ\u00e9ens estiment souhaitable que les hommes et les femmes b\u00e9n\u00e9ficient des m\u00eames droits, alors que dans une communaut\u00e9 musulmane cette approche est inacceptable parce que selon eux l\u2019homme et la femme doivent se positionner dans une relation hi\u00e9rarchique. Ces deux approches ne peuvent pas cohabiter, et ce n\u2019est qu\u2019une question de temps que l\u2019une ou l\u2019autre prenne le dessus.<\/p>\n<p>L\u2019on peut affirmer aussi, bien entendu, que les communaut\u00e9s culturellement diff\u00e9rentes de la n\u00f4tre qui p\u00e9n\u00e8trent chez nous peuvent \u00eatre \u00e9duqu\u00e9es et se transformer. Mais force est de constater \u2013 comme M. le pasteur T\u0151k\u00e9s l\u2019a rappel\u00e9 \u2013 que les communaut\u00e9s musulmanes qui p\u00e9n\u00e8trent en ce moment en Europe estiment que leur culture, leur foi, leur mode de vie et leurs principes de vie \u2013 sur la base de ce qu\u2019ils consid\u00e8rent des n\u00f4tres \u2013 sont sup\u00e9rieurs et plus pr\u00e9cieux que les n\u00f4tres. La situation est donc qu\u2019en mati\u00e8re de respect de la vie, d\u2019exigences de vie, d\u2019engagement, d\u2019int\u00e9r\u00eats particuliers, de hi\u00e9rarchisation des valeurs \u2013 que cela plaise ou pas \u2013 les communaut\u00e9s musulmanes sont plus fortes que les communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes. Et pourquoi quelqu\u2019un voudrait-il assimiler une culture qu\u2019il estime inf\u00e9rieure \u00e0 la sienne\u00a0? Personne ne le fera. Personne ne le fera jamais, et c\u2019est pourquoi l\u2019\u00e9ducation, et l\u2019int\u00e9gration qu\u2019elle suppose, sont vou\u00e9es \u00e0 ne pas r\u00e9ussir.<\/p>\n<p>Et voil\u00e0 la question, Mesdames et Messieurs, qui revient si fr\u00e9quemment dans la politique europ\u00e9enne\u00a0: celle de la solidarit\u00e9. Je voudrais commencer par d\u00e9clarer sans ambages que la solidarit\u00e9 n\u2019est pas l\u2019objectif de la culture europ\u00e9enne, mais seulement son instrument. L\u2019objectif de la culture europ\u00e9enne est que les hommes et les femmes qui y sont n\u00e9s puissent vivre selon leurs convictions et leurs valeurs, dans la paix, la s\u00e9curit\u00e9 et le bien-\u00eatre. C\u2019est cela, l\u2019objectif de la culture europ\u00e9enne. La solidarit\u00e9 n\u2019en est qu\u2019un instrument, et l\u2019on ne peut pas mettre l\u2019instrument \u00e0 la place de l\u2019objectif. Qu\u2019est-ce que cela veut dire\u00a0? Cela veut dire que nous ne pourrons jamais \u00eatre solidaires avec des id\u00e9es, des hommes et des communaut\u00e9s qui se fixent pr\u00e9cis\u00e9ment pour objectif la modification de la culture europ\u00e9enne, de ce qui donne \u00e0 cette culture son essence, son sens et son but. L\u2019on n\u2019a pas le droit d\u2019\u00eatre solidaire avec des groupes et des id\u00e9es oppos\u00e9s aux objectifs existentiels et culturels de l\u2019Europe, parce que cela \u00e9quivaudrait \u00e0 s\u2019auto-sacrifier.<\/p>\n<p>Je dois encore ajouter ici que bien que nous n\u2019ayons pas l\u2019intention de nous immiscer dans les \u00e9lections allemandes, il existe des hommes politiques allemands promis \u00e0 l\u2019\u00e9chec qui, dans l\u2019espoir d\u2019une am\u00e9lioration de leur indice de popularit\u00e9 \u2013 nous pourrions m\u00eame le consid\u00e9rer comme un compliment \u2013 se plaisent \u00e0 s\u2019amuser avec la Hongrie, \u00e0 nous provoquer, \u00e0 nous insulter, \u00e0 nous accuser de manque de solidarit\u00e9. Il faut pr\u00e9ciser ici deux choses. La premi\u00e8re est que la Hongrie a assur\u00e9 sa propre protection, et avec elle la protection de l\u2019Europe, face \u00e0 l\u2019invasion migratoire. Cela nous a co\u00fbt\u00e9 l\u2019\u00e9quivalent de 900 millions d\u2019euros. Une petite bribe nous en a \u00e9t\u00e9 ristourn\u00e9e par l\u2019Union, et je recommanderais m\u00eame \u00e0 l\u2019Union d\u2019\u00e9viter de parler de solidarit\u00e9 tant qu\u2019elle ne nous aura pas vers\u00e9 les 800 millions d\u2019euros qu\u2019elle nous doit pour la protection de l\u2019Europe. Jusque-l\u00e0, je recommande \u00e0 l\u2019Europe la plus grande humilit\u00e9. Et aussi\u00a0: si j\u2019\u00e9tais Allemand, je tournerais cinq fois ma langue dans ma bouche avant d\u2019aborder avec les Hongrois le sujet de la solidarit\u00e9. Si j\u2019\u00e9tais Allemand, je tournerais cinq fois ma langue dans ma bouche avant de prononcer ce mot face aux Hongrois, tant que les ouvriers hongrois recevront, pour un m\u00eame travail, un salaire cinq fois inf\u00e9rieur \u00e0 celui de leurs homologues allemands. Dans ces conditions, il est honteux pour un Allemand de parler de solidarit\u00e9. De plus, j\u2019estime que c\u2019est l\u00e0 un d\u00e9bat particuli\u00e8rement malheureux, parce qu\u2019il va \u00e0 l\u2019encontre de la logique des investissements crois\u00e9s, de la circulation des capitaux et de la cr\u00e9ation d\u2019emplois. Il s\u2019oppose donc aussi aux valeurs europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>En tout \u00e9tat de cause, Mesdames et Messieurs, nous devons prendre acte, au vu de tout cela \u2013 si l\u2019image que je vous ai donn\u00e9e n\u2019est pas d\u00e9form\u00e9e et refl\u00e8te bien la r\u00e9alit\u00e9 \u2013 de ce qui en r\u00e9sulte au niveau de l\u2019\u00e9lite politique. Eh bien, je dois dire qu\u2019une alliance s\u2019est form\u00e9e \u00e0 Bruxelles contre l\u2019opinion des populations. Ceux qui prennent part \u00e0 cette alliance sont les bureaucrates de Bruxelles et leur \u00e9lite, ainsi que le syst\u00e8me que l\u2019on peut appeler \u00ab\u00a0l\u2019empire Soros\u00a0\u00bb. Cette alliance s\u2019est cr\u00e9\u00e9e \u00e0 l\u2019encontre des Europ\u00e9ens, et nous devons reconna\u00eetre qu\u2019aujourd\u2019hui George Soros valorise mieux ses int\u00e9r\u00eats \u00e0 Bruxelles qu\u2019\u00e0 Washington ou \u00e0 Tel-Aviv. C\u2019est bien pour cela qu\u2019il a conclu cette alliance avec Bruxelles. Comme il est d\u2019usage lorsque des dirigeants ou une large \u00e9lite politique se retournent contre leur peuple, l\u2019on a toujours besoin d\u2019inquisiteurs qui d\u00e9clenchent des proc\u00e9dures contre ceux qui expriment la voix du peuple. L\u2019Union europ\u00e9enne a toujours dispos\u00e9 d\u2019inquisiteurs en chef, y compris au cours des quatre derni\u00e8res ann\u00e9es, elle s\u2019appelait Mme Reding. Mme l\u2019inquisiteur en chef a \u00e9t\u00e9 battue, et l\u2019on en a trouv\u00e9 un autre, il s\u2019appelle Timmermans. Nous ne nous r\u00e9jouissons certes pas du fait que l\u2019\u00e9nergie de M. l\u2019inquisiteur en chef ne lui permette pas de courir deux li\u00e8vres \u00e0 la fois, et qu\u2019\u00e0 notre place il ait maintenant jet\u00e9 son d\u00e9volu sur la Pologne, mais ce qui est certain, c\u2019est qu\u2019en ce moment la principale cible de l\u2019inquisition, l\u2019exemple d\u2019un gouvernement national qu\u2019il convient d\u2019affaiblir, de d\u00e9truire, de briser est la Pologne. Je voudrais d\u00e9clarer tr\u00e8s clairement que la Hongrie est \u00e9videmment mue par ses int\u00e9r\u00eats nationaux propres. Et en raison de nos int\u00e9r\u00eats nationaux propres, en raison des int\u00e9r\u00eats de l\u2019Europe et en raison de l\u2019amiti\u00e9 polono-hongroise, nous tenons \u00e0 r\u00e9affirmer que la campagne inquisitoriale men\u00e9e contre la Pologne n\u2019aboutira jamais, parce que la Hongrie fera usage de tous les moyens juridiques \u00e0 sa disposition pour manifester sa solidarit\u00e9 avec les Polonais.<\/p>\n<p>Quelles sont, Mesdames et Messieurs, les cons\u00e9quences de tout cela\u00a0? La premi\u00e8re est qu\u2019il faut regarder clair, ne pas compliquer, ne pas placer le combat qui nous attend dans un contexte de complot mondial, mais le d\u00e9crire et l\u2019affronter d\u2019une mani\u00e8re aussi rationnelle que possible. La situation porte un nom\u00a0: il existe un plan Soros. Celui-ci comporte quatre points. M. Soros l\u2019a \u00e9crit lui-m\u00eame, et son empire l\u2019a publi\u00e9 et a commenc\u00e9 la mobilisation en vue de son ex\u00e9cution. Ce plan pr\u00e9voit de faire entrer chaque ann\u00e9e en Europe plusieurs centaines de milliers, si possible un million de migrants en provenance du monde musulman. Le second point pr\u00e9cise que chacun d\u2019entre eux devra recevoir, en p\u00e9n\u00e9trant en Europe, 15\u00a0000 euros que l\u2019auteur du plan se fera un plaisir de financer\u00a0: ce n\u2019est pas anodin, mais c\u2019est ici secondaire. Ce n\u2019est en effet pas cela, ce n\u2019est pas le profit commercial qui constitue le c\u0153ur du projet, mais le fait que l\u2019on peut ainsi assurer la continuit\u00e9 du flux migratoire. C\u2019est-\u00e0-dire que ceux qui souhaitent voir arriver au moins un million de migrants par an doivent entretenir le ph\u00e9nom\u00e8ne, ce que dans notre jargon nous appelons \u00ab\u00a0pull factor\u00a0\u00bb. Il ne faut pas que le mouvement s\u2019arr\u00eate. Et si on les r\u00e9partit, et si tout le monde re\u00e7oit en plus une somme de cette importance \u2013 qui est, soit dit en passant, sup\u00e9rieure au revenu annuel moyen hongrois \u2013 il est clair qu\u2019il n\u2019y aura aucun probl\u00e8me de rel\u00e8ve. Le troisi\u00e8me point du plan Soros prescrit que les migrants arriv\u00e9s devront \u00eatre r\u00e9partis entre les pays d\u2019Europe sur la base d\u2019un m\u00e9canisme obligatoire et permanent. Et le quatri\u00e8me, qu\u2019il faut mettre en place une agence europ\u00e9enne de l\u2019immigration qui devra reprendre aux Etats-nations toutes les comp\u00e9tences d\u00e9cisionnelles en mati\u00e8re de migration et les remettre entre les mains de Bruxelles. Voil\u00e0 le plan Soros.<\/p>\n<p>Si nous parlons maintenant de l\u2019avenir de l\u2019Europe, il faut d\u2019abord affirmer que si nous voulons que l\u2019Europe puisse vivre, que l\u2019Europe reste aux Europ\u00e9ens, l\u2019Union europ\u00e9enne devra d\u2019abord regagner sa souverainet\u00e9 face \u00e0 l\u2019empire Soros. Tant que ce ne sera pas le cas, il n\u2019y aura aucune chance pour que l\u2019Europe reste aux Europ\u00e9ens. Une fois que l\u2019Union europ\u00e9enne aura ainsi recouvr\u00e9 sa souverainet\u00e9, elle devra \u00eatre refond\u00e9e. Ce n\u2019est pas l\u00e0 l\u2019objet principal de mon intervention d\u2019aujourd\u2019hui, et je resterai donc tr\u00e8s sch\u00e9matique. La premi\u00e8re t\u00e2che et la plus importante est que l\u2019organisme appel\u00e9 Commission europ\u00e9enne soit remis \u00e0 la place qui est la sienne aux termes du Trait\u00e9 fondateur de l\u2019Union europ\u00e9enne. Ce trait\u00e9 dispose clairement que la Commission n\u2019est pas un organe politique, et qu\u2019elle n\u2019a qu\u2019une mission, celle de veiller, en chien de garde, au respect du Trait\u00e9 fondateur. Les Etats-membres y d\u00e9l\u00e8guent certes des commissaires, mais le lien se brise d\u00e8s la d\u00e9l\u00e9gation et ces hommes et ces femmes doivent l\u00e0, au sein de la Commission, veiller au respect du Trait\u00e9 fondateur de l\u2019Union. Ce n\u2019est pas le cas aujourd\u2019hui. Aujourd\u2019hui, la situation est que la Commission s\u2019auto-d\u00e9finit comme un organe politique. Le pr\u00e9sident Juncker a lui-m\u00eame d\u00e9clar\u00e9 qu\u2019il met en place un organe politique, jouant un r\u00f4le politique. C\u2019est de l\u00e0 que viennent tous les probl\u00e8mes, c\u2019est de l\u00e0 que viennent tous les maux que connaissent aujourd\u2019hui les Etats-membres au sein de l\u2019Union europ\u00e9enne. C\u2019est ainsi qu\u2019a pu se produire une situation o\u00f9 \u2013 apr\u00e8s que j\u2019ai mis mon veto au syst\u00e8me des quotas au Conseil europ\u00e9en, o\u00f9 l\u2019unanimit\u00e9 est requise \u2013, la Commission a contourn\u00e9 cette situation en entamant une proc\u00e9dure juridique pour la mise en \u0153uvre de laquelle les quatre cinqui\u00e8mes des Etats-membres suffisait\u00a0: notre seul veto, celui de la Hongrie, se retrouvait \u00ab\u00a0dribbl\u00e9\u00a0\u00bb. Nous avons \u00e9t\u00e9 tromp\u00e9s, flou\u00e9s, et le rapport de confiance qui unissait jusqu\u2019alors les chefs d\u2019Etat et de gouvernement des 28 a \u00e9t\u00e9 rompu. C\u2019est l\u00e0 le r\u00f4le politique dont la Commission doit se d\u00e9faire de toute urgence.<\/p>\n<p>Lorsque ce sera le cas, il faudra affirmer avec d\u00e9termination que la refondation de l\u2019Europe ne pourra pas commencer autrement que par l\u2019arr\u00eat de la migration et par la protection par chaque Etat de ses fronti\u00e8res, sous comp\u00e9tence nationale. Et lorsque l\u2019on y sera arriv\u00e9, il faudra, sur la base d\u2019un programme commun, reconduire quelque part \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur du territoire de l\u2019Union europ\u00e9enne tous les migrants qui y auront p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 ill\u00e9galement. Cela peut para\u00eetre s\u00e9v\u00e8re, mais ceux qui sont entr\u00e9s ill\u00e9galement doivent \u00eatre reconduits hors d\u2019Europe.<\/p>\n<p>Et apr\u00e8s, lorsque nous aurons pris acte de la sortie des Britanniques de l\u2019Union europ\u00e9enne, ainsi que du fait qu\u2019une des arm\u00e9es les plus puissantes du monde a quitt\u00e9 l\u2019Union europ\u00e9enne, et tout en renfor\u00e7ant notre collaboration au sein de l\u2019OTAN, nous devrons en venir \u00e0 constater que le continent europ\u00e9en ne peut pas demeurer militairement sans d\u00e9fense, et qu\u2019il ne pourra pas esp\u00e9rer \u00eatre d\u00e9fendu par d\u2019autres. La pr\u00e9sence des Am\u00e9ricains est importante, l\u2019appartenance \u00e0 l\u2019OTAN est importante, mais l\u2019Europe doit \u00e9galement disposer par elle-m\u00eame d\u2019un potentiel militaire lui permettant de se d\u00e9fendre. Nous devons donc nous atteler \u00e0 la constitution d\u2019une force militaire europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 cela, nous devons r\u00e9aliser que l\u2019Union europ\u00e9enne perd constamment de sa comp\u00e9titivit\u00e9 \u00e9conomique dans l\u2019\u00e9conomie mondiale\u00a0: il faut donc restaurer notre comp\u00e9titivit\u00e9, ce qui passe par des r\u00e9ductions d\u2019imp\u00f4ts et un march\u00e9 du travail aussi souple que possible.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s cela, nous devrons dire tr\u00e8s sinc\u00e8rement \u00e0 nos amis d\u2019Europe occidentale fatigu\u00e9s des \u00e9largissements qu\u2019il n\u2019y aura pas de paix en Europe sans l\u2019int\u00e9gration totale des Balkans dans l\u2019Union europ\u00e9enne. C\u2019est pourquoi il faut \u00e9largir l\u2019Union, et en tout premier lieu faire entrer le plus rapidement possible dans l\u2019Union europ\u00e9enne le pays-cl\u00e9, la Serbie, aussi absurde que puisse sembler encore aujourd\u2019hui cette id\u00e9e.<\/p>\n<p>Et lorsque ce sera fait, nous devrons conclure deux accords historiques, de tr\u00e8s grande port\u00e9e, aux implications \u00e0 la fois \u00e9conomiques, militaires et politiques. Nous avons besoin d\u2019un accord historique avec la Russie d\u2019une part, et la Turquie d\u2019autre part.<\/p>\n<p>Et lorsque nous aurons fait tout cela, nous pourrons dire que nous aurons refond\u00e9 l\u2019Union europ\u00e9enne et fait d\u2019elle une entit\u00e9 comp\u00e9titive avec les autres continents pour les d\u00e9cennies \u00e0 venir.<br \/>\nR\u00e9sumons donc\u00a0: o\u00f9 en sommes-nous aujourd\u2019hui en Europe\u00a0? Je peux dire ceci. Les partis chr\u00e9tiens-d\u00e9mocrates d\u2019Europe se sont d\u00e9christianis\u00e9s, ils mettent en \u0153uvre les attentes des m\u00e9dias et des intellectuels lib\u00e9raux en mati\u00e8re de valeurs et de culture. Le second \u00e9l\u00e9ment important est que la politique de gauche a perdu son terreau, les partis sociaux-d\u00e9mocrates ne sont plus sociaux-d\u00e9mocrates. Le prol\u00e9tariat leur a fauss\u00e9 compagnie, si je puis dire. Le nombre et la force du travail organis\u00e9 s\u2019est \u00e9galement r\u00e9duit, essentiellement parce que de nombreuses activit\u00e9s industrielles ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9localis\u00e9es \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019Union europ\u00e9enne, et c\u2019est pourquoi les partis sociaux-d\u00e9mocrates ne sont plus ce qu\u2019ils \u00e9taient. Il ne leur reste qu\u2019une politique\u00a0: s\u2019associer aux milieux d\u2019affaires mondialis\u00e9s repr\u00e9sentant la politique \u00e9conomique n\u00e9o-lib\u00e9rale, et concentrer leurs efforts sur la conservation de leur influence sur un seul domaine\u00a0: celui de la culture. C\u2019est l\u00e0 la seconde caract\u00e9ristique majeure de l\u2019Europe d\u2019aujourd\u2019hui. Et la troisi\u00e8me, c\u2019est que l\u2019on pr\u00e9pare actuellement l\u2019Europe \u00e0 remettre son territoire \u00e0 une nouvelle Europe, m\u00e9lang\u00e9e et islamis\u00e9e. Nous assistons \u00e0 la mise en \u0153uvre consciente, progressive de cette politique. Pour que tout cela se r\u00e9alise, pour que le territoire puisse \u00eatre ainsi remis, il convient de poursuivre la d\u00e9christianisation de l\u2019Europe\u00a0: nous en voyons les signes dans les tentatives de donner la priorit\u00e9 \u00e0 des identit\u00e9s de groupe sur les identit\u00e9s nationales, et dans l\u2019orientation consistant \u00e0 changer la gouvernance politique en une gouvernance bureaucratique. C\u2019est l\u2019enjeu du constant et furtif accaparement de comp\u00e9tences de la part de Bruxelles au d\u00e9triment des Etats-nations. Voil\u00e0, Mesdames et Messieurs, la situation de l\u2019Europe d\u2019aujourd\u2019hui, c\u2019est sur ce champ de bataille que combattent aujourd\u2019hui les pays d\u2019Europe centrale.<\/p>\n<p>Je voudrais revenir, en conclusion, sur notre patrie plus \u00e9troite, la Hongrie. Notre rencontre d\u2019aujourd\u2019hui est la derni\u00e8re avant nos prochaines \u00e9lections. Tout cela est bel et bon, mais ce qui compte, ce sont les faits. Dans le meilleur des cas, la description que je viens de faire de l\u2019Europe, de la situation mondiale, des changements survenus, est exacte. Mais pour nous, le plus important, hic et nunc, ce sont les \u00e9lections hongroises qui approchent. Je voudrais en dire maintenant quelques mots.<\/p>\n<p>Quel est l\u2019enjeu des prochaines \u00e9lections l\u00e9gislatives hongroises\u00a0? Je voudrais dire tout d\u2019abord que les \u00e9lections hongroises de l\u2019ann\u00e9e prochaine seront ou pourront \u00eatre particuli\u00e8res, parce qu\u2019elles auront cette fois-ci un enjeu \u00e9galement europ\u00e9en. N\u2019oublions pas que la Hongrie a \u00e9t\u00e9 le pays qui \u2013 avec l\u2019aide des V4, qui m\u00e9ritent toute notre reconnaissance \u2013 a arr\u00eat\u00e9 l\u2019invasion migratoire qui d\u00e9ferlait sur l\u2019Europe. J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 d\u00e9clar\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment \u2013 mais je le r\u00e9p\u00e8te aujourd\u2019hui \u2013 que tant que je serai premier ministre de Hongrie \u00e0 la t\u00eate d\u2019un gouvernement Fidesz \u2013 chr\u00e9tien d\u00e9mocrate, la cl\u00f4ture restera en place, nos fronti\u00e8res seront d\u00e9fendues et avec elles, celles de l\u2019Europe.<\/p>\n<p>L\u2019opposition hongroise affirme quant \u00e0 elle publiquement qu\u2019elle d\u00e9mant\u00e8lera la cl\u00f4ture et qu\u2019elle laissera entrer les migrants dans le pays, elle se d\u00e9clare d\u2019accord avec la r\u00e9partition totale et obligatoire des migrants en Europe et elle exposera notre continent \u00e0 un nouvel avenir de mixit\u00e9 communautaire. C\u2019est cette divergence de vues entre l\u2019opposition hongroise et la majorit\u00e9 gouvernementale qui constitue l\u2019enjeu europ\u00e9en de ces \u00e9lections. Il s\u2019y ajoute un autre d\u00e9bat, dans lequel il y a \u00e9galement une importante ligne de fracture entre tous les partis d\u2019opposition et les partis de gouvernement, qui porte sur le point de savoir si nous devons transf\u00e9rer des comp\u00e9tences \u00e0 Bruxelles ou non. Notre position est que Bruxelles doit restituer les comp\u00e9tences qu\u2019elle s\u2019est appropri\u00e9es furtivement \u2013 d\u2019apr\u00e8s moi ill\u00e9galement. L\u2019opposition au contraire \u2013 qu\u2019il s\u2019agisse des socialistes, de l\u2019extr\u00eame droite ou des lib\u00e9raux \u2013 affirme unanimement qu\u2019il faut donner davantage de comp\u00e9tences \u00e0 Bruxelles, parce que les grands probl\u00e8mes ne peuvent recevoir que des solutions europ\u00e9ennes, qu\u2019il n\u2019y a que des solutions europ\u00e9ennes. Cela signifie clairement qu\u2019ils souhaitent transf\u00e9rer \u00e0 Bruxelles de mani\u00e8re croissante le gouvernement du pays. Cela aussi donne une dimension europ\u00e9enne aux \u00e9lections l\u00e9gislatives hongroises.<\/p>\n<p>Ces \u00e9lections auront aussi un enjeu \u00ab\u00a0centre-europ\u00e9en\u00a0\u00bb. Vous voyez qu\u2019aussi bien les bureaucrates bruxellois que George Soros sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 un affaiblissement de l\u2019Europe centrale, car le principal obstacle \u00e0 la mise en \u0153uvre du plan Soros est aujourd\u2019hui la fermeture, \u00e0 la fronti\u00e8re sud de la Hongrie, de la route migratoire dirig\u00e9e sur l\u2019Europe. Apr\u00e8s nous, les Serbes l\u2019ont \u00e9galement ferm\u00e9e, suivis des Mac\u00e9doniens. C\u2019est nous, avec le soutien des V4, qui constituons l\u2019obstacle \u00e0 la r\u00e9alisation de ce plan. C\u2019est pour cette raison qu\u2019il existe en Europe des forces qui souhaitent voir \u00e0 la t\u00eate de la Hongrie un autre gouvernement que le gouvernement hongrois actuel, parce que c\u2019est ainsi que la coh\u00e9sion des V4 pourrait le mieux \u00eatre affaiblie. N\u2019ayons aucune illusion\u00a0: si ce n\u2019est pas un gouvernement chr\u00e9tien d\u00e9mocrate qui se forme en Hongrie, le prochain gouvernement affaiblira les V4, et avec eux l\u2019ensemble de l\u2019Europe centrale. C\u2019est pourquoi les \u00e9lections hongroises ont \u00e9galement un enjeu sous l\u2019angle de l\u2019Europe centrale.<\/p>\n<p>Et enfin, les \u00e9lections hongroises ont \u00e9galement un enjeu int\u00e9rieur. J\u2019ai d\u00e9crit au d\u00e9but de mon intervention tout ce que nous avons fait pour le renforcement de la Hongrie. Je ne voudrais ni le r\u00e9p\u00e9ter, ni entrer dans les d\u00e9tails. Je voudrais simplement dire que si les forces citoyennes, nationales et chr\u00e9tiennes ne gagnent pas les prochaines \u00e9lections, tout ce que la Hongrie a accompli au prix de beaucoup de sueur, de peine et de contrari\u00e9t\u00e9s risquera d\u2019\u00eatre perdu. Et cela veut dire, Mesdames et Messieurs, que la Hongrie pourra conna\u00eetre une nouvelle p\u00e9riode marqu\u00e9e non pas par la construction, mais par la d\u00e9molition. N\u2019oubliez pas que b\u00e2tir est long et difficultueux, et que d\u00e9molir est rapide et facile. Je peux vous affirmer ici, en toute s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, que la Hongrie n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9, depuis Trianon, aussi pr\u00e8s que maintenant de redevenir un pays europ\u00e9en fort, prosp\u00e8re et reconnu. Et nous n\u2019avons jamais \u00e9t\u00e9 aussi pr\u00e8s, depuis Trianon, de voir notre pays regagner sa confiance en lui-m\u00eame et sa force vitale qu\u2019aujourd\u2019hui. Et je suis s\u00fbr aussi que si la Hongrie se trouve \u00e0 nouveau dirig\u00e9e par un gouvernement soumis aux int\u00e9r\u00eats \u00e9trangers mondialis\u00e9s, elle risquera de perdre cette opportunit\u00e9 historique non pas pour une l\u00e9gislature, mais de nouveau pour de nombreuses d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>Et si en Hongrie m\u00eame notre nature de Hongrois est mise en danger, qu\u2019en sera-t-il des Hongrois d\u2019au-del\u00e0 des fronti\u00e8res\u00a0? La principale condition de base de la prosp\u00e9rit\u00e9 et du maintien des communaut\u00e9s hongroises vivant en-dehors des fronti\u00e8res du pays est une Hongrie forte. Les partis qui affaiblissent notre pays seront \u00e9galement incapables de proposer une bonne politique, un avenir et des perspectives aux communaut\u00e9s hongroises vivant au-del\u00e0 des fronti\u00e8res. Ils ne sont pas vos amis. C\u2019est pourquoi je voudrais encourager tout le monde \u00e0 s\u2019inscrire sur les listes \u00e9lectorales. Ne vous bornez pas \u00e0 nous encourager, mais faites-nous le plaisir de descendre sur le terrain, parce qu\u2019aujourd\u2019hui vous avez vous aussi la possibilit\u00e9 de dire votre mot dans l\u2019issue de la comp\u00e9tition \u00e9lectorale.<\/p>\n<p>Et enfin, je voudrais dire quelques mots de nos adversaires, parce que nos v\u00e9ritables adversaires ne seront pas cette fois-ci les partis hongrois d\u2019opposition. Tout le monde peut voir qu\u2019au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es il s\u2019est form\u00e9 une unit\u00e9 nationale forte et d\u00e9termin\u00e9e en mati\u00e8re de questions nationales\u00a0: l\u2019on appelait autrefois cette unit\u00e9, dans le jargon politique, la \u00ab\u00a0force centrale\u00a0\u00bb. Les partis d\u2019opposition ne savent comment entamer cette coh\u00e9sion nationale. En fait, c\u2019est surtout aux forces ext\u00e9rieures que nous aurons \u00e0 nous mesurer dans la campagne qui nous attend. C\u2019est au r\u00e9seau mafieux de Soros et aux bureaucrates bruxellois, ainsi qu\u2019aux m\u00e9dias qu\u2019ils contr\u00f4lent, que nous aurons \u00e0 nous mesurer au cours des neuf mois qui viennent. Nous connaissons leurs m\u00e9thodes, nous n\u2019attendons pas de surprises\u00a0: chantage financier, menaces politiques, rapports par-ci, rapports par-l\u00e0, campagne m\u00e9diatique, proc\u00e9dures d\u2019infraction, tel article, tel autre article. Mais affirmons aussi que face aux manifestations souvent brutales, grossi\u00e8res, parfois m\u00eame incongrues, la Hongrie a toujours d\u00e9fendu ses int\u00e9r\u00eats et apport\u00e9 ses r\u00e9ponses de mani\u00e8re pos\u00e9e et cultiv\u00e9e, je pourrais dire dans un style europ\u00e9en. Je suis convaincu que nous en serons capables pendant la campagne \u00e9lectorale aussi.<\/p>\n<p><em>Summa summarum<\/em>, en un mot comme en cent, je pourrais dire qu\u2019il y a vingt-sept ans, ici en Europe centrale, nous croyions que l\u2019Europe \u00e9tait notre avenir. Aujourd\u2019hui, nous avons le sentiment d\u2019\u00eatre l\u2019avenir de l\u2019Europe.<\/p>\n<p>Je vous remercie de votre attention.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Discours de M. Viktor Orb\u00e1n, premier ministre de Hongrie, devant les participants de la 28\u00e8me Universit\u00e9 d\u2019\u00e9t\u00e9 de B\u0103ile Tu\u015fnad, en Roumanie, le 22 juillet 2017. \u00ab Mesdames et Messieurs, Je voudrais commencer par rappeler \u00e0 tout le monde que lorsque nous nous sommes r\u00e9unis ici pour la premi\u00e8re fois voici vingt-sept ans, nous avions<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":5152,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"subtitle":"","footnotes":""},"categories":[13],"tags":[],"class_list":["post-5151","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-actu"],"acf":{"subtitle":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/visegradpost.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5151","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/visegradpost.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/visegradpost.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/visegradpost.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/visegradpost.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5151"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/visegradpost.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5151\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/visegradpost.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5152"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/visegradpost.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5151"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/visegradpost.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5151"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/visegradpost.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5151"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}