Les partenaires du projet Nord Stream 2 se retirent sous la pression de la Pologne

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Pologne – Gazprom affirme avoir l’intention de construire seul un nouveau gazoduc pour 11 milliards de dollars de gaz de la Russie à l’Allemagne après l’échec d’un projet commun avec cinq groupes privés du fait de la pression des organismes polonais de surveillance anti-monopole.

Le géant d’État russe du gaz a déclaré vendredi que le consortium entre ENGIE, OMV, Winterhall, Shell et Uniper avait décidé de retirer sa demande d’une coentreprise polonaise pour construire le gazoduc Nord Stream 2, rapporte Max Seddon à Moscou.

Nord Stream 2 AG, une société appartenant à 100% à Gazprom, réalisera le travail elle-même.

«Tous les demandeurs croient que le projet est crucial pour le système énergétique européen et chacun d’eux cherchera individuellement d’autres façons d’y contribuer”, a déclaré Gazprom dans un communiqué.

La construction, qui devrait être achevé en 2019, ira de l’avant comme prévu, a ajouté la société. Les tubes en acier pour les premiers segments doivent être livrés en septembre.

Bien qu’il ne soit pas prévu que le gazoduc passe par la Pologne ou les eaux polonaises, Gazprom avait besoin de l’approbation de l’organisme de surveillance anti-monopole polonais pour vendre des actions de l’entreprise commune à ses partenaires, dont certains ont des actifs en Pologne. Le droit de la concurrence polonais donne de larges pouvoirs à l’organisme de surveillance pour pénaliser les entreprises qui agiraient sans son approbation. Le régulateur s’est opposé au gazoduc au motif que cela renforcerait beaucoup la position déjà dominante de Gazprom sur le marché européen du gaz.

La Pologne a entraîné une réaction en chaîne contre le gazoduc par plusieurs États de l’est de l’UE qui y voient une mesure politique pour augmenter la dépendance de l’Europe au gaz russe. Le gazoduc est destiné à remplacer la dépendance de l’Europe au gaz russe passant par l’Ukraine, une voie d’importation que Gazprom envisage de réduire considérablement après l’expiration de son contrat en 2019. L’Ukraine tente de se sevrer du gaz russe, une source de tension de longue date entre Moscou et Kiev, depuis que la Russie a annexé la Crimée en 2014.

Article originellement publié sur le Financial Time.
Traduit de l’anglais par le Visegrád Post.

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