“La Pologne, bastion de l’Europe”

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Par Olivier Bault.

Pologne, Varsovie – « La Pologne, bastion de l’Europe », tel était le thème de la Marche de l’Indépendance organisée ce 11 novembre à Varsovie par les organisations nationalistes polonaises. Un bastion de l’Europe contre l’islamisation et contre le totalitarisme LGBT de la gauche libertaire post-soixante-huitarde et de ses collabos de la droite molle et sans valeurs. Cette grande manifestation nationaliste du 11 novembre est un phénomène rare, peut-être même unique en Europe. Dans quel autre pays les nationalistes sont-ils capables d’attirer chaque année une centaine de milliers de personnes, y compris des familles avec des enfants et nombre de patriotes catholiques ou simples conservateurs qui ne votent pas pour le Mouvement national (Ruch Narodowy, le parti nationaliste polonais) mais qui se reconnaissent eux aussi dans la formule « Dieu, Honneur, Patrie » ?

Cette année, ils étaient 75 000 selon la police, contre 10 000 à la marche concurrente organisée par le « comité de défense de la démocratie » (KOD) qui depuis un an s’essouffle à vouloir, sous prétexte de sauver la démocratie, contester dans la rue le pouvoir démocratique des conservateurs du parti Droit et Justice (PiS). Une troisième manifestation organisée par l’extrême gauche « antifa » n’a, elle, attiré que quelques centaines d’excités.

C’est d’ailleurs la gauche totalitaire qui a fait le succès de cette grande marche annuelle des nationalistes polonais en tentant de la bloquer et en demandant son interdiction en 2010, ce qui a poussé des dizaines de milliers de patriotes à venir y participer pour s’opposer à la dictature du politiquement correct à l’Européenne. Et ils peuvent le faire sans complexe, car les nationalistes polonais s’inspirent du mouvement national-démocrate d’avant-guerre qui s’opposait à tous les totalitarismes de l’époque, fascisme, nazisme et communisme, et dont les grandes figures se sont distinguées dans la lutte contre les occupants nationaux-socialistes et bolcheviques.

La spécificité des nationalistes polonais, c’est aussi leur foi catholique, et la Marche de l’Indépendance était précédée d’une messe. Réunissant le 10 novembre au siège du parlement polonais des nationalistes venus de plusieurs pays d’Europe pour cette grande marche contre l’islamisation du continent, une rencontre à laquelle j’ai assisté, le leader du Mouvement national polonais Robert Winnicki a fortement insisté sur l’importance du fait chrétien dans la défense de notre civilisation et de nos nations contre le libéralisme libertaire et contre l’islamisation. « Sans la démographie et sans la religion, nos victoires ne pourront être que provisoires », a-t-il rappelé. Et si la Pologne est aujourd’hui un bastion de l’Europe, c’est parce qu’elle est fortement enracinée dans sa tradition chrétienne. « Beaucoup ne veulent pas parler de l’hédonisme sexuel, de l’avortement, etc., mais c’est une vision à courte vue », a encore insisté le député nationaliste polonais, « nos organisations et partis se doivent de parler de ces questions ».

La grande marche du 11 novembre et sa masse humaine, en majorité des hommes jeunes, brandissant des drapeaux et des banderoles avec des slogans patriotiques et chrétiens, et d’autres contre l’avortement, le « mariage » homosexuel et l’invasion islamique, donnaient bien l’impression d’une armée populaire prête à répéter l’exploit du grand roi polonais Jean III Sobieski à la bataille de Vienne en 1683. Sans parler du métro de Varsovie rempli ce jour-là de gens de tous âges, avec au bras des brassards aux couleurs nationales ou tenant le drapeau blanc et rouge de la Pologne pour commémorer cette fête de l’Indépendance qu’est le 11 novembre sur les bords de la Vistule. C’est en effet avec la fin de la Première guerre mondiale que la Pologne occupée depuis la fin du XVIIIe siècle s’était lancée dans la lutte contre l’Allemagne puis, jusqu’à la victoire en 1921, contre la Russie bolchevique.

« Le soleil se lève à l’Est », ont affirmé plusieurs intervenants de la réunion de la veille à la Diète, parmi lesquels des nationalistes slovaques, hongrois, mais aussi suédois, italiens, espagnols, … Les interventions ont mis en évidence cette nouvelle fracture qui coupe à nouveau le continent en deux, là où passait autrefois le rideau de fer. Mais aujourd’hui, c’est l’Est qui est libre. Cette année, pour la deuxième fois consécutive, la marche des nationalistes a pu se dérouler de manière pacifique, de même que les manifestations du KOD et des antifas. Car même si les grands médias européens ne le disent pas, l’arrivée du PiS au pouvoir a eu au moins le mérite de rétablir en Pologne la liberté de manifester librement pour tous.

Article publié originellement sur Présent.

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