À Bruxelles, Orbán tente de calmer le jeu

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Article publié à l’origine en anglais sur Hungary Today.
Traduit de l’anglais par le Visegrád Post.

Belgique, Bruxelles – Lors de la session plénière du Parlement européen le mercredi 26 avril, le premier ministre hongrois Viktor Orbán a affirmé que le dévouement de son gouvernement à l’Union européenne est «incontestable», mais à bien des égards, le gouvernement est mécontent des actions de l’UE.

S’adressant à la session, qui a été convoquée principalement pour discuter des droits fondamentaux en Hongrie, Orbán a affirmé que son gouvernement «critique l’UE parce qu’il veut corriger les failles existantes du bloc et la réformer».

Le premier ministre hongrois est allé plus loin en affirmant que le seul moyen de rétablir la confiance des citoyens consiste à faire tout son possible pour corriger les erreurs, ce qui nécessite également de les identifier clairement. Il a appelé à un “débat juste et ouvert” et a demandé aux membres du PE “d’avoir une approche critique des préjugés contre la Hongrie” et d’avoir des “standards identiques” pour tous les pays.

Orbán a déclaré aux membres du Parlement européen que son gouvernement est «pleinement conscient» que l’adhésion à l’UE comporte non seulement des droits, mais aussi des responsabilités. Il a également souligné que le niveau de soutien à l’égard de l’UE est élevé en Hongrie.

En ce qui concerne la campagne controversée du gouvernement contre les ONG et les organisations de la société civile, Orbán a affirmé que la question avait été traitée dans plusieurs pays de l’UE. Le gouvernement hongrois veut simplement veiller à ce que les intérêts et les sources de financement des ONG soient communiqués au public, a-t-il déclaré.

En réponse à la controverse actuelle de la «Lex CEU», le premier ministre a affirmé que les accusations portées contre le gouvernement hongrois selon lesquelles les amendements récents au droit de l’enseignement supérieur de la Hongrie qui renforcent les règles sur les opérations des universités étrangères dans le pays visent à clôturer l’Université d’Europe centrale de Budapest sont “infondées”.

Il a déclaré au Parlement européen que les nouvelles règles éliminaient une opportunité de «spéculation ou d’abus», ajoutant qu’elles garantissent la transparence et éliminent les «privilèges appréciés jusqu’à présent».

Orbán a déclaré que, en tant que leader d’un État membre de l’UE, il était obligé de veiller à ce que “les universités européennes et hongroises ne souffrent d’aucun handicap par rapport à leurs concurrents”.

Manfred Weber, chef de groupe du Parti populaire européen, a demandé à Orbán d’examiner les changements recommandés par la Commission européenne concernant la législation litigieuse.

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, avec le leader du groupe du parti populaire européen Manfred Weber (Photo: MTI / PMO: Balázs Szecsődi)

Weber a déclaré que les étudiants hongrois ont bénéficié des deux diplômes de la CEU au cours des 25 dernières années et ont exprimé leur incompréhension à l’intention du gouvernement hongrois de supprimer cet avantage. La liberté académique est une valeur européenne fondamentale, qui devrait être gardée et préservée, a déclaré Weber. Il a ajouté que la CEU ne faisait rien d’autre que son travail.

Les politiciens, les institutions universitaires et les chercheurs du monde entier ont exprimé leur soutien à la CEU et ont condamné les actions du gouvernement hongrois ; La liste des partisans de la CEU s’étend du commissaire hongrois de l’UE et membre de Fidesz, Tibor Navracsics, au président de l’Académie hongroise des sciences, aux leaders des universités internationales comme Princeton, Oxford et Duke, au département d’État américain, aux lauréats du prix Nobel et des centaines d’universitaires éminents.

Orbán a affirmé que le gouvernement hongrois avait l’intention de régler les questions dans l’ordre du jour de l’UE concernant la Hongrie par le dialogue, de même qu’il s’était efforcé de régler les différends entre lui et l’UE dans le passé.

Il a déclaré que, au cours des dernières années, la Hongrie avait réglé un certain nombre de différends avec l’Union européenne, tels que la réglementation du pays sur ses médias, l’indépendance de son système judiciaire, sa nouvelle constitution ou la mise à niveau de sa centrale nucléaire à Paks.


Toutefois, malgré sa volonté de “calmer le jeu”, le premier ministre conservateur hongrois Viktor Orbán a tout de même montré sa détermination à s’opposer frontalement au “spéculateur financier George Soros”. Pour Viktor Orbán, “il est important de savoir que George Soros et ses ONG souhaitent transporter dans l’Union européenne un million de migrants par an”.

3 Comments

  1. Il faut savoir (pas comme dans la chanson de Charles Aznavour) !

    Lorsque l’on est dans l’Union européenne, on respecte à la fois les principes du droit des traités (“pacta sunt servanda”) et en sus, les exigences de la construction européenne-communautaire, posés par le TUE.

    On ne s’amuse pas à jouer les “petits joueurs” en montrant ses muscles pour dire tout le mal que l’on pense de la Commission lorsque l’on prétend en même temps être Etat membre de l’UE. Si l’on n’est pas content de l’UE, alors on pose des réserves dans le traité de Lisbonne que l’on “renégocie” (les Britanniques y étaient presque arrivés en février 2016, avant leur annonce de sortie officielle de l’UE) ou bien on dénonce ce traité purement et simplement.
    Après tout, la Suisse et la Norvège ne sont pas dans l’UE et s’en portent très bien.

    Pas la peine non plus de se focaliser sur les défauts du système Schengen lorsque l’on déclare y adhérer sans réserve. Là encore, la Hongrie a accepté des transferts de compétences lors de la ratification du traité de Lisbonne : qu’elle s’y tienne, sinon, qu’elle dénonce Schengen.

    Même remarque pour la Pologne.
    Heureusement, les Tchèques sont un peu plus responsables.

    Post-scriptum : pour pouvoir donner une contribution au “Visegrad Post”, il serait bon que l’on ne se focalise pas seulement la question des flux migratoires, qui, en outre, intéresse TOUTE l’Europe, communautaire ou non.

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