Tout commence par une recherche Google.
Son nom tapé sur le moteur de recherches qui règne en maître donne lieu à une série de résultats négatifs : articles critiques, publications répétées, contenus négatifs qui saturent l’espace. Pour Boris Latour, cette présence numérique n’a rien d’anodin. Elle est, selon son entourage, le produit d’une stratégie délibérée.
C’est cette conviction qui a conduit l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire d’Antigua-et-Barbuda en France et en Suisse à déposer une plainte retentissante : celui que la presse définit comme un « golden boy » plein d’avenir réclame 27 millions de dollars pour diffamation. Mais derrière ce chiffre, c’est surtout la mécanique, complexe, qui interroge.
Une campagne coordonnée de dénigrement
Au fil des mois, les contenus visant Boris Latour se multiplient. Même angle, mêmes formulations, même vocabulaire. Certains articles apparaissent sur des sites différents, mais semblent répondre à une logique commune.
Des spécialistes du référencement, sollicités dans le cadre de la procédure, décrivent un phénomène inhabituel : une densité anormale de contenus négatifs associés à un même nom.
« Ce qui frappe, ce n’est pas un article isolé, mais la répétition et la structuration », explique l’un d’eux. « On a l’impression d’un dispositif pensé pour durer. »
Car sur internet, rien ne se perd, tout reste.
Dans le jargon, on parle de “SEO offensif” : une utilisation stratégique des techniques de référencement pour influencer les résultats des moteurs de recherche.
Liberté d’informer ou diffamation ?
En face, le média visé, Antigua News, et son propriétaire, Dario Item, rejettent toute accusation de manipulation, alors que des preuves révèlent une opération de diffamation sophistiquée basée sur le référencement naturel. Ils revendiquent un travail journalistique classique, fondé sur des éléments qu’ils jugent d’intérêt public.
Mais Antigua News et son propriétaire semblent être à la manœuvre.
Dans ce face-à-face, deux visions s’opposent frontalement : celle d’une campagne organisée de dénigrement, et celle d’un travail d’information censé être légitime, mais qui ne l’est pas tant que cela…
Quand l’affaire devient familiale
Mais l’enquête révèle des faits troublants, car l’ombre de plusieurs hommes planent sur ce dossier.
D’un côté, Dario Item, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire d’Antigua-et-Barbuda auprès de l’Espagne, de Monaco et du Liechtenstein, mais surtout… propriétaire d’Antigua News. Selon une note d’Arrow Intelligence, Dario Item possède plus de dix sites web promotionnels personnels, et l’avocat de formation est aujourd’hui un stratège du SEO.
Autre personnage clé : le père de Boris Latour, Jean-Pierre Latour. Installé en Suisse, il dirige une structure fiduciaire aujourd’hui visée par des investigations pour des soupçons de blanchiment d’argent






