Viktor Orbán désigne la mondialisation et les spéculateurs financiers comme menaces contre l’identité

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Hongrie, Budapest – Comme tous les 23 octobre, la Hongrie célèbre son combat contre le soviétisme et pour sa liberté. Une fête nationale à connotation particulièrement politique. Viktor Orbán a à cette occasion tenu des propos forts, estimant que l’identité hongroise était menacée de nouveau, cette fois-ci par le mondialisme et les spéculateurs financiers.

“La liberté ne nous est jamais offerte gratuitement, nous devons toujours nous battre pour l’avoir,” a clamé Viktor Orbán au début de son discours intitulé “si la liberté se perd, si l’indépendance nationale se perd, alors nous aussi serons perdus”.

Après des rappels historiques de circonstance et des appels au patriotisme, au souvenir des braves et la célébration de l’honneur hongrois, le Premier ministre conservateur a rapidement politisé son discours. Et c’est d’abord vers les Européens de l’Ouest et Bruxelles que son regard s’est porté. “Si les Occidentaux ont admiré la révolution hongroise de 56, ils ne l’ont pas comprise pour autant. Ils n’ont pas compris quelles forces travaillent en nous. […] Ils n’ont pas compris que nous nous battons parce que nous tenons à notre propre culture et à notre mode de vie et que nous ne voulons pas être dissous dans le melting pot de qui que ce soit. Nous voulons êtres respectés tels que nous sommes. Nous avons défendu les frontières de l’Europe pendant 1.000 ans et nous nous sommes battus pour notre indépendance nationale. […] Ils ne nous comprennent pas à Bruxelles aujourd’hui non plus, car déjà à l’époque ils ne nous comprenaient pas.”

Viktor Orbán a ensuite tenu à avertir l’audience du danger qui guette la Hongrie. Et l’homme fort de Budapest n’a pas mentionné les migrants comme menace principale ; mais bien la source, entre autres, de cette “invasion migratoire”.

“Les commémorations aident à faire face aux réalités d’aujourd’hui, et la réalité est que trente ans après le communisme, il y a de nouveau une force mondiale qui voudrait faire des nations européennes un amas standardisé. […] Nous voulions croire que le rêve des communistes de faire des Hongrois des Homo Sovieticus ne pourrait jamais nous menacer de nouveau. Et nous voilà aujourd’hui à assister avec stupeur aux puissances mondialistes tentant de forcer nos portes et de faire de nous des Homo Bruxellicus.”

“Nous voulions croire que n’aurions plus jamais à faire face à des forces politiques, économiques et intellectuelles qui voudraient nous couper de nos racines nationales. Nous voulions croire également qu’en Europe, la terreur et la violence n’avaient plus leur place. Il n’en a pas été ainsi,” a déclaré Viktor Orbán devant une foule de sympathisants, présents en nombre malgré la pluie battante.

“Les succès de l’Europe l’ont aveuglée, et elle a perdu sa place sur la scène mondiale sans même s’en rendre compte. Elle rêvait d’un rôle planétaire, et aujourd’hui même ses voisins ne s’en préoccupent que peu, alors qu’en son sein elle est incapable de faire régner l’ordre.”

“Au lieu de reconnaître cela, des campagnes de vengeance ont été lancées contre ceux qui attiraient l’attention sur les dangers de la déliquescence spirituelle et du nihilisme.
On a traité d’intransigeants ceux pour qui l’Europe a besoin de frontières extérieures physiques défendables.
On a traité de raciste ceux pour qui l’immigration signifie un danger pour notre culture.
On a accusé de discrimination ceux qui ont pris la parole en défense de la chrétienté.
On a traité d’homophobes ceux qui ont pris la défense de la famille.
On a qualifié de nazis ceux pour qui l’Europe est l’alliance des nations.
Et enfin, on a traité de fantaisistes ceux qui ont pris un autre chemin que la voie économique bancale de Bruxelles.”

Puis, le Premier ministre hongrois a désigné clairement les responsables de la menace pesant sur la culture et le peuple de Hongrie. “C’est dans le sillon de la mondialisation que des empires financiers se sont élevés. Ils n’ont pas de frontières, mais ils sont des médias mondiaux, et ils ont des dizaines de milliers de personnes achetées à leur cause. Ils n’ont pas de cadres concrets, mais ont des réseaux étendus. Ils sont rapides, forts, et brutaux. Cet empire de la spéculation financière a pris Bruxelles en otage, ainsi qu’un certain nombre d’États membres,” a continué Viktor Orbán, faisant référence entre autre à son grand ennemi déclaré, le spéculateur et financier mondialiste George Soros.

Pour le Premier ministre hongrois, c’est cet empire financier qui est responsable de l’immigration massive. “Cet empire nous a imposé les nouvelles vagues migratoires, les millions de migrants, et les nouvelles invasions de population. C’est eux qui ont fomenté le projet de faire de l’Europe une terre métissée. Seuls nous nous dressons contre. Nous en sommes arrivés au point que l’Europe centrale est la dernière partie de l’Europe sans migrants.”

Faisant référence aux nombreuses élections en Europe en 2017 et 2018, dont celle de Hongrie en avril prochain, Viktor Orbán a considéré dans son discours que le sort de l’Europe se joue maintenant. “Il va se décider maintenant si nous pourrons ramener la grandiose Europe d’avant le multiculturalisme. Sûre, raisonnable, civique, chrétienne et libre, c’est cette Europe que nous voulons ! Beaucoup pensent encore aujourd’hui que c’est impossible. Mais rappelons-nous de 1956.”

Généreusement applaudit, le chef du gouvernement hongrois a conclu par une série d’affirmations ambitieuses destinées à motiver ses troupes dans la campagne électorale qui bat son plein. “Personne ne peut nous dire ce qui est impossible. Nous savons que la migration de masse peut être arrêtée. La mondialisation peut être freinée. On peut dompter Bruxelles. On peut briser le plan du spéculateur financier. Et on peut mettre une camisole de force sur le projet de fédéralisme européen. Il suffit pour cela que nous ici en Europe centrale, Polonais, Tchèques, Slovaques, Roumains et Hongrois, nous unissions nos forces. Il suffit que nous découvrions la force entre nos mains, dans nos têtes et dans nos cœurs […]. [Mais] ne sous-estimons jamais la force du côté obscur”.

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