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Pourquoi pas une défense territoriale à la polonaise pour rendre la société française plus résiliente face à «l’ensauvagement» ?

Sovereignty.pl est un site d'opinion en langue anglaise avec des chroniqueurs et commentateurs conservateurs polonais qui écrivent sur les grands sujets alimentant le débat public dans leur pays.

Temps de lecture : 6 minutes

Au cours des dernières années, un certain nombre d’officiers et de dirigeants politiques français de haut niveau ont affirmé que leur pays pourrait bientôt sombrer dans l’anarchie, voire dans une véritable guerre civile. Or la population autochtone se trouve bien désarmée face à cet « ensauvagement » venu d’ailleurs.

Article publié originellement sur le site polonais anglophone Sovereignty.pl. Pour lire l’article intégral en anglais, cliquez ici.

 

Les six nuits de chaos qu’a connues la France à la fin du mois de juin et au début du mois de juillet de cette année ont été observées avec stupéfaction dans les pays voisins. La mort d’un jeune voyou d’origine algérienne a mis le feu aux poudres dans les banlieues à population immigrée, et les flammes de la colère se sont rapidement propagées au centre des grandes villes ainsi qu’à des villes de taille plus modeste.

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Au cours des dernières années, un certain nombre d’officiers et de dirigeants politiques français de haut niveau ont affirmé que leur pays pourrait bientôt sombrer dans l’anarchie, voire dans une véritable guerre civile.

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Il est révélateur que, dans le livre de l’auteur à succès Laurent Obertone, Guerilla – Le jour où tout s’embrasa, qui décrit des événements très proches de ce qui s’est passé il y a quelques mois en France, mais où les choses deviennent incontrôlables, engloutissant la France dans une véritable guerre civile après trois jours de descente dans le chaos, l’armée n’est pas envoyée pour rétablir l’ordre.

L’armée française compte dans ses rangs une forte proportion de soldats issus de l’immigration, et dans le livre d’Obertone, qui affirme reposer « sur le travail d’écoute, de détection et les prévisions du renseignement français », l’on craint que ces soldats, ou certains d’entre eux, ne prennent parti pour les hordes issues des mêmes banlieues et « quartiers sensibles » qu’eux.

Si une guerre civile éclate, la population française de souche risque d’être sans défense, même si elle est (encore) majoritaire. Les forces armées du pays se sont réduites comme peau de chagrin au fil des ans, pour atteindre un peu plus de 200 000 militaires au total en 2023 (dont plus de 60 000 réservistes). Au tournant du siècle, le président Jacques Chirac avait supprimé le service militaire obligatoire pour tous les Français nés après 1979.

Cela veut dire que la plupart des citoyens français respectueux de la loi qui sont nés après cette année-là n’ont jamais eu d’arme entre les mains et ne sauraient pas utiliser une arme à feu. Il serait difficile de rétablir le service militaire obligatoire aujourd’hui, et de toute façon cela impliquerait de former tous les citoyens français, y compris ceux qui détestent la France, ne se considèrent pas comme Français, et pourraient plus tard prêter allégeance à une sorte d’État islamique (s’ils ne l’ont pas déjà fait).

Une défense territoriale sans fichés S pour une société plus résiliente face à « l’ensauvagement »

La création d’une force de défense territoriale comme celle qui a été mise en place en Pologne ces dernières années serait une bien meilleure solution. Il s’agirait de former et d’armer uniquement des volontaires, c’est-à-dire des personnes nourrissant des sentiments patriotiques à l’égard de la France, et les autorités françaises pourraient très bien exclure de ce dispositif les ennemis intérieurs issus des « quartiers sensibles » en conditionnant l’admission dans les rangs de la défense territoriale à l’absence de casier judiciaire et de fichage S, c’est-à-dire à l’absence de fichage par la police comme présentant un danger potentiel pour la sécurité publique.

Ce n’est évidemment pas dans ce but que les Polonais ont créé leur propre force de défense territoriale en 2017. À l’instar de ses voisins d’Europe centrale, qui n’ont pas encore opté pour le multiculturalisme à la mode de l’Europe occidentale, la Pologne est un pays sûr, où la criminalité et les viols sont beaucoup plus rares qu’en France et où il n’y a pas d’émeutes du type de celles qui ont éclaté en France il y a quelques mois. Quand les Polonais parlent de guerre civile dans leur pays, ils font référence à la température du débat politique et non pas au risque d’une véritable guerre civile.

En Pologne, le service militaire obligatoire pour tous les jeunes hommes a été suspendu en 2008 et n’a pas été réactivé depuis.

Cependant, après la victoire de la droite conservatrice aux élections de 2015, il a été décidé de créer une force de défense territoriale pour faire face au danger d’une guerre « hybride » ou d’une guerre par procuration comme celle que la Russie menait dans l’est de l’Ukraine depuis 2014. Cette force était également destinée à devenir une armée de partisans sur les arrières des forces russes, car on estimait que les capacités de ces dernières rendait probable une retraite rapide de l’armée régulière polonaise en cas d’invasion, avant que les partenaires de l’OTAN n’aient le temps de réagir. Rappelons en effet que jusqu’en 2016, aucune troupe de l’OTAN n’était stationnée en Pologne ou dans les États baltes, et pratiquement aucune ailleurs sur le flanc oriental de l’Alliance atlantique.

La Force de défense territoriale de la Pologne s’est également révélée très utile pour les catastrophes naturelles et face à l’assaut de Loukachenko sur la frontière polonaise avec les migrants qu’il a fait venir du Moyen-Orient et d’Afrique.

A ce jour, la défense territoriale polonaise compte environ 36 000 hommes, formant des bataillons d’infanterie légère initialement concentrés dans l’est du pays (près de la source de la menace perçue), mais de plus en plus répartis sur l’ensemble du territoire polonais au fur et à mesure que leur nombre augmente. Leur rôle est de :

  • conduire des opérations défensives en coopération avec les troupes régulières et en soutien aux institutions civiles ;
  • mener des opérations autonomes non conventionnelles de contre-insurrection et de contre-déploiement ;
  • participer à la sécurisation de l’accueil et du déploiement des forces de renfort alliées dans leurs zones d’action ;
  • agir dans le domaine de la gestion des crises, de la lutte contre les catastrophes naturelles et de l’élimination de leurs conséquences, de la protection des biens et des opérations de recherche et de sauvetage ;
  • conduire des activités de renseignement.

Les membres de la Force de défense territoriale sont tous des volontaires qui s’engagent pour un service militaire rotatif (modestement) rémunéré, qu’ils combinent avec leur vie civile. Ils s’engagent pour une période d’un à six ans, qui peut être renouvelée. Le service actif dans la force de défense territoriale polonaise commence par une formation de 16 jours pour ceux qui n’ont pas d’expérience militaire ou de 8 jours pour les réservistes de l’armée. Ils suivent ensuite une formation par rotation de deux jours par mois, toujours pendant les week-ends, avec une formation intégrée supplémentaire de 14 jours par an. La formation militaire se déroule à proximité du lieu de résidence des membres de cette force, ce qui permet aux citoyens de s’engager dans les forces armées sans devoir abandonner leur vie civile.

 La force de défense territoriale en Pologne est en effet l’une des cinq branches des forces armées polonaises (les autres étant les forces terrestres, l’armée de l’air, la marine et les forces spéciales), dans un pays qui dépense aujourd’hui l’équivalent de 3 % de son PIB pour sa défense, bien au-delà de l’engagement minimum de 2 % du PIB imposé par l’OTAN. À titre de comparaison, la France ne consacre que 1,8 % de son PIB à la défense et reste donc en deçà du seuil de 2 % fixé par l’OTAN.

Lors de la création de cette nouvelle composante des forces armées, il y a quelques années, on s’est demandé si ses membres devaient être autorisés à garder leurs armes chez eux, comme dans l’armée suisse, ou si ces armes devaient être conservées dans un ensemble de lieux sûrs d’où elles pourraient être rapidement distribuées en cas de besoin. C’est cette deuxième option qui a été retenue, le principe général en Pologne étant que les citoyens respectueux de la loi doivent avoir un accès limité aux armes à feu (comme en France). Mais cela pourrait changer rapidement en cas de nécessité.

L’idée générale derrière la création d’une force de défense territoriale en Pologne était de rendre le pays plus résistant et ainsi disposer d’un moyen de dissuasion supplémentaire contre un agresseur potentiel (la Russie).

Dissuader l’ennemi intérieur

Une force de défense territoriale équivalente en France améliorerait certainement considérablement la résilience de la société française dans son ensemble. Elle constituerait elle aussi un puissant moyen de dissuasion, en l’occurrence contre ceux qui envisageraient de ne plus se limiter aux mortiers d’artifice, aux pierres et aux cocktails Molotov pour semer le désordre dans les villes françaises (…).

Elle pourrait également s’avérer très utile pour soulager les forces armées françaises surchargées en sécurisant les milliers de « points sensibles » civils à travers la France. À l’instar du service militaire obligatoire, une force de défense territoriale française aurait un effet positif sur la réunification d’une société divisée, en rassemblant des personnes d’origines diverses, y compris des Français issus de l’immigration, mais ayant tous en commun leur amour de la France.

Et ce serait une alternative civilisée et démocratique à la tentation que pourraient avoir certains jeunes patriotes français d’agir de leur propre chef pour tenter de sauver leur pays. Il n’est pas certain qu’il y ait beaucoup de patriotes prêts à agir en France, mais le danger de « l’extrême droite » est régulièrement brandi par le gouvernement de Macron et en particulier par son ministre de l’intérieur Gérald Darmanin.

Alors pourquoi ne pas canaliser le désir de certains Français de défendre et peut-être même de sauver leur pays en créant une Force de Défense Territoriale comme l’a fait la Pologne ?

 

Lire l’article intégral (en anglais) sur Sovereignty.pl