Splendeurs et dangers d’une victoire

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Par Modeste Schwartz.

Hongrie – Analyse des résultats électoraux suite à la victoire d’un troisième mandat consécutif par Viktor Orbán le 8 avril 2018.

Pourquoi se réjouir ?

Commençons par un constat cynique : les stratèges du FIDESZ ont bien mérité leurs honoraires. Ils sont de toute évidence partis du principe (confirmé par les faits le 8 avril) que le parti peut, dans l’électorat, compter sur le soutien presque inconditionnel de son noyau dur et que son bilan de gouvernement largement positif lui garantit aussi l’appui d’une frange moins politisée, moins enthousiaste, mais loyaliste : (l’analyse par classe d’âge montre que les trentenaires votent plus pour le FIDESZ que les moins de trente ans : généralement mariés, parents ou projetant de le devenir, ils tendent à analyser plus objectivement leur situation matérielle concrète). Le but de la campagne était donc de compenser un éventuel élargissement de la base électorale de l’opposition (qui n’a finalement pas eu lieu – mais MM. Soros et Simicska ont tout fait pour qu’elle se produise) en mobilisant des secteurs de l’opinion dont la culture politique frise le néant. Pour y parvenir, ils ont fait le pari risqué de négliger des thèmes potentiellement porteurs (comme, justement, l’excellent bilan des deux mandats écoulés – surtout quand on le compare à l’avant-2010) pour tout investir dans l’artillerie lourde d’un argumentaire civilisationnel répétitif et souvent sursimplifié (dont nous avons relevé les limites ici). Ce faisant, tout en ayant l’air de spéculer sur « la stupidité des hongrois », ils ont en réalité, paradoxalement, parié sur l’intelligence de leur noyau dur et de la frange réaliste, qui ont su non seulement tirer les leçons des 20 dernières années, mais – qui plus est – « pardonner » au FIDESZ les « bavures » stylistiques de sa communication de campagne. Comparé au peuple français, qu’une ingénierie médiatique efficace a amené, il y a moins d’un an, à porter au pouvoir un homme jouissant du soutien réel d’un français sur dix, le peuple hongrois sort donc grandi de cette épreuve électorale, au cours de laquelle il a démontré son intelligence et sa maturité politique.

Et, pour enfoncer une autre porte ouverte : avec des chiffres de participation inégalés depuis plus de 15 ans, les élections de dimanche dernier ont constitué un exercice démocratique si exemplaire qu’on peut se demander si l’opposition ne va pas, à l’avenir, choisir comme en Russie de parier plutôt sur le sabotage des scrutins, en appelant à l’abstention dans l’espoir – toujours exaucé par la presse occidentale complice – de « faire parler » les absents. Infantiles et autistes, les premières réactions des perdants du 8 avril pointent dans cette direction : ils parlent en termes voilés de fraude électorale, alors même que le seul incident qu’ils soient capable de signaler est celui d’un bureau de vote pour étudiants résidant loin de leur domicile officiel, où une file d’attente a, après fermeture des autres bureaux, retardé de quelques heures le début du décompte et l’annonce des premiers résultats – mais sans qu’un seul électeur présent ne soit empêché (même après l’heure) de déposer son bulletin ! C’est aussi ce genre de stratégie de la terre brulée que laisse subodorer l’interview donnée le 10 avril par le directeur de campagne officieux de la coalition-fantôme qui était chargée de déboulonner Orbán : Márton Gulyás (dont nous avons déjà parlé ici). Concrètement, l’exemple russe suggère que l’adoption d’une telle stratégie est l’équivalent « société civile » de la mise en réserve d’une armée : jugeant l’offensive impossible, l’agresseur maintien une présence minimale aux frontières de l’agressé, dans l’espoir de jours meilleurs amenant une opportunité de réactivation.

Or, dans ces conditions plébiscitaires, le FIDESZ a ajouté 500.000 électeurs aux 2.100.000 qui avaient déjà voté pour lui en 2014, tandis que les autres partis font du sur-place – de telle sorte qu’il est aussi intellectuellement malhonnête d’incriminer le système électoral hongrois (scrutin à un tour – d’ailleurs fréquent en Europe), qui a certes amplifié la majorité parlementaire du FIDESZ, mais ne l’a pas créée. Avec autant de voix, Viktor Orbán resterait au pouvoir dans tous les États démocratiques du monde, et la manifestation de « protestation » convoquée hier à Budapest n’était ni plus ni moins qu’une manifestation anti-démocratique ; elle n’a d’ailleurs rassemblé que quelques dizaines de milliers de hongrois (sur une population de 10 millions), à savoir : les 10.000 activistes et sympathisants sur lesquels peut en toute occasion compter le camp mondialiste à Budapest (de l’aveu même de l’un des pires produits de propagande anti-Orbán de la télévision française), plus un renfort d’ampleur moindre assuré par le Jobbik. Ite missa est !

Signalons d’entrée de jeu le principal avantage de cette super-majorité : en cas de crise internationale majeure (y compris dans l’éventualité d’une restructuration en profondeur et/ou implosion de l’UE) au cours du mandat qu’il vient d’inaugurer, Viktor Orbán sera – plus que tout autre leader de la région – sûr de ses arrières quand il parlera et négociera au nom de la Hongrie.

L’opposition manifeste son refus des résultats électoraux, le 14 avril 2018, sur la place du parlement à Budapest. Photo : Visegrád Post

Pourquoi s’inquiéter ?

S’ajoutant à la victoire prévisible, la divine surprise des deux tiers reconquis place donc dans les mains du FIDESZ un capital politique pratiquement inégalé dans les États-membres de l’UE. Reste à savoir s’il saura en faire le meilleur usage possible. L’analyse des bilans de mandat et de campagne de ce parti désormais totalement professionnalisé incite certes à l’optimisme. Néanmoins, il peut être utile de passer en revue quelques-uns des pièges qu’il va trouver sur la route de 2022.

Il est, premièrement, à souhaiter que l’encadrement du parti – qu’Orbán semble d’ailleurs vouloir partiellement renouveler, et notamment rajeunir – prenne bien conscience du fait que sa base s’est pour le moins autant modifiée qu’élargie. L’anonymat du vote rend bien sûr impossible toute quantification précise du phénomène, mais l’abondance des témoignages individuels ne laisse aucun doute quant au fait que :

  1. Nombre d’électeurs du « Jobbik historique » (d’avant le tournant « libéral-conservateur » et europhile de la girouette Vona, désormais mise la retraite comme nous l’avions prévu) sont désormais des électeurs FIDESZ ; après être resté très discret pendant toute la campagne, le N°2 du Jobbik, László Toroczkai, cherche visiblement à en prendre les rênes, en vue d’inverser le virage suicidaire dont Gábor Vona a pris l’initiative il y a plus ou moins deux ans. A supposer même qu’il y parvienne, la reconquête des électeurs déçus s’annonce difficile. Et, à supposer que cette dernière réussisse, elle impliquera probablement la défection prochaine de ceux qui viennent de rejoindre le parti à la faveur de sa récente « gauchisation ».

  2. Compte tenu du fait que la base électorale du Jobbik en 2014 était d’un peu plus d’un million d’électeurs, même à supposer que le taux de désertion vers le FIDESZ ne soit que de 25%, on arrive à la conclusion que, hors déçus du Jobbik, le FIDESZ n’a conquis « que » 250.000 nouveau électeurs – ce qui serait un résultat assez modeste au regard de son énorme effort de guerre des derniers mois en vue de repolitiser la société hongroise jusque dans les villages les plus isolés. En réalité, il est beaucoup plus raisonnable de supposer que le FIDESZ a effectivement conquis de nouveaux électeurs (expliquant le record de participation), tout en siphonnant le « Jobbik historique » – mais cette explication vraisemblable nous oblige à admettre qu’il a aussi perdu des électeurs : à vue de nez, entre 50 000 et 200 000, soit jusqu’à 10% de sa base antérieure – c’est-à-dire plus que ce à quoi on pourrait s’attendre en tablant simplement sur « l’usure du pouvoir ».

  3. Qui sont ces déserteurs ? En dépit des récriminations suspectes de la presse pro-FIDESZ, soucieuse de contrer l’accusation de l’opposition selon laquelle « le FIDESZ aurait scindé le pays », il est probable qu’il s’agisse avant tout d’un public urbain, éduqué et occidentolâtre : de cette base « intellectuelle antitotalitaire » qui constituait, justement, le fer de lance du FIDESZ des années 1990. Ainsi, le libéral de droite Gábor Sebes, membre du FIDESZ, tout en prétendant se féliciter de la victoire, applique à Viktor Orbán le baiser de Judas sous la forme d’un statut Facebook reprenant par le menu tout l’argumentaire « anti-corruption » de la gauche libérale, et rappelant au FIDESZ à quel point « la concurrence équitable constitue une valeur centrale en Amérique ». Gageons que Viktor Orbán (qui attend toujours de Donald Trump qu’il lui rende la politesse des félicitations adressées à ce dernier il y a un an et demi) a dû apprécier ce conseil à sa juste valeur. L’opposition a certes tort d’en accuser spécifiquement le FIDESZ, mais la scission Budapest/province est réelle – et ne date d’ailleurs ni de 1990, ni même de 1948 ou 1918.

  4. Ajoutons à cela ce dont la presse hongroise de droite se garde bien de parler : les transferts marginaux qui ont mathématiquement dû avoir lieu dès 2010 depuis la base électorale d’un Parti Socialiste Hongrois (MSZP) aujourd’hui agonisant, mais qui dominait largement le paysage jusqu’au milieu des années 2000. Transferts parfaitement logiques, étant donné que le FIDESZ, en dépit de sa rhétorique anticommuniste marquée, est revenu depuis 2010 (notamment en matière d’infrastructures, de retraites, de privatisations) sur beaucoup des innovations libérales des années 1990, ce qui n’a pu que donner satisfaction à ceux qui restaient fidèles au MSZP non par idéologie marxiste, mais par intérêt de classe. Au milieu d’un pesant silence de la presse des deux bords, on a donc assisté à une scission progressive de la gauche hongroise : ceux qui regrettaient plutôt le relatif bien-être des années Kádár que l’idéologie communiste en elle-même, et ont donc su faire abstraction de la rhétorique anticommuniste du FIDESZ l’ont rejoint ; les autres se sont résignés à devoir voter par automatisme pour un MSZP devenu un parti libéral-libertaire de facture occidentale, qui ne représente plus ni leurs intérêts de classe, ni même leur culture de classe (qui n’est pas particulièrement « no border », ni LGBT). Le seul candidat d’opposition qui ait félicité son rival plus chanceux en la personne de Viktor Orbán est d’ailleurs Gyula Thürmer, chef du minuscule Parti des Travailleurs, qui est le dernier représentant politique du mouvement ouvrier en Hongrie, et le seul parti d’opposition qui ne semble pas être à la solde de l’étranger.

  5. En mettant bout à bout ce discret ralliement socialiste et celui du « Jobbik historique », dans un contexte de retour à la tendance lourde d’opposition Budapest/province, on comprend que le FIDESZ est aujourd’hui un parti d’anciens libéraux de droite élus par une base dont la couche la plus politisée est désormais constituée d’anti-libéraux (de droite, mais aussi de gauche).

Viktor Orbán semble avoir prévu et accompagné cette évolution à temps en lançant son concept de « démocratie illibérale ». Peut-on en dire autant de son parti ? Rien n’est moins sûr. A l’abri d’une rhétorique de campagne civilisationnelle qui gommait les divergences d’intérêt entre Ouest et Est du continent, les élites du FIDESZ ont pu jusqu’à présent se payer le luxe de contourner les questions qui fâchent. Elles ne le pourront pas éternellement. Quant à la presse du FIDESZ, navigant entre deux eaux, elle désigne de plus en plus souvent l’ennemi comme « libéral », mais en utilisant généralement – à l’américaine – ce mot comme synonyme de « gauche », en feignant d’ignorer l’existence au sein du parti et du régime d’une tendance libérale de droite qui ne demeure fidèle au FIDESZ que pour rester aux affaires. A terme, l’usure du pouvoir aidant, le FIDESZ pourrait donc un jour se retrouver dans la situation qui est aujourd’hui celle du Jobbik (en inversant l’ordre d’apparition des tendances) – et s’exposer au même risque de paralysie par neutralisation réciproque.

Ce qui contribue aussi à relativiser la portée de cette victoire sur le fond, c’est que Viktor Orbán a, pour ainsi dire, vaincu sans combattre face à une opposition d’un niveau intellectuel et moral abyssal. A vrai dire, même s’il n’avait pas su, au cours des huit ans écoulés, protéger les Hongrois de la rapacité des monopoles industriels et bancaires, même sans augmentation des salaires, même sans soutien aux familles, et même si la moitié des « crimes » que lui reproche la propagande occidentale était autre chose que de sombres calomnies, on peut se demander comment un politicien de l’envergure et de l’intelligence de Viktor Orbán pourrait perdre face à une opposition que seules certaines inerties sectaires et un indéfectible soutien étranger maintiennent tant bien que mal en survie artificielle. Réalisé par le fils d’un pasteur américain d’origine hongroise pour une publication financée par l’Occident, cette petite série d’entretiens avec les leaders de ladite opposition se passe presque de commentaires : en dépit de leur extrême dispersion (les intervenants représentent à eux seuls une demi-douzaine de mouvements, partis et ONG), ces « opposants » produisent un discours uniforme et préformaté, tellement dénué de contenu qu’il devient pratiquement inutile de le contredire : les termes « autoritaire » et « illibéral » sont répétés en boucle sans jamais être définis, et l’accusation omniprésente de vol de fonds publics (obsessionnellement associée au thème des fonds européens – alors même que quiconque a dans sa vie rempli une demande de subvention sait parfaitement qu’ils sont soumis à un contrôle plus strict que ne le sont les fonds nationaux) règne comme un bruit de fond sans jamais s’appuyer sur aucun exemple concret (et pour cause : en l’absence de la moindre preuve, la calomnie – encore tolérable sous cette forme vague – deviendrait vite qualifiable dans les termes du droit pénal) ; quant aux phénomènes sociaux évoqués pour peindre une image apocalyptique de la Hongrie actuelle (comme l’exode des médecins – qui a d’ailleurs ralenti ces derniers temps), ils affectent l’ensemble des pays post-communistes (y compris et surtout la Roumanie, exemplairement soumise aux dictats de Bruxelles et de Washington), généralement plus gravement que la Hongrie. En réalité, cette opposition qui n’a rien à dire ne se berce même plus de l’illusion d’avoir un public pour sa diarrhée verbale, et cherche avant tout à prodiguer à ses sponsors occidentaux les preuves d’une activité méritoire et rémunérable : non seulement le clip susmentionné est sous-titré en anglais, mais l’une des intervenantes (bien que hongroise et s’adressant à un hongrois) a même directement répondu en anglais (acte manqué ?).

Faut-il s’en réjouir ? Non. Car avec le discrédit qui frappe désormais aussi le Jobbik, le FIDESZ gouverne désormais de facto sans opposition : légalement du fait de sa majorité écrasante au parlement, mais aussi et surtout moralement, faute d’interlocuteurs dignes d’attention. Dans de telles conditions, pour un FIDESZ dont tous les cadres n’ont pas l’énergie morale hors du commun de Viktor Orbán, et qui, en huit ans de pouvoir, a fatalement attiré l’adhésion intéressée de beaucoup d’opportunistes peu soucieux de l’intérêt général, la tentation de s’endormir sur ses lauriers devient immense – au moment même où la crise de l’UE s’aggrave et où les retombées d’une éventuelle crise financière internationale risqueraient de mettre à rude épreuve ce petit pays économiquement fragile.

Remarquons au passage que les « bienfaiteurs » internationaux qui contrôlent de facto la pseudo-opposition hongroise portent d’ailleurs une certaine responsabilité dans le processus de contre-sélection qui a débouché sur la situation idiocratique actuellement observable : évoquons, par exemple, les conditions très peu claires dans lesquelles, à la tête du parti écolo-centriste LMP, le talentueux András Schiffer a été remplacé par le produit générique mondialiste nommé Bernadett Szél. Ou encore l’inexplicable longévité politique de l’homme le plus détesté de Hongrie : l’oligarque Ferenc Gyurcsány, véritable boulet de la gauche hongroise, honteusement éconduit par l’électorat en 2009-2010 après avoir été pris par l’UE elle-même en flagrant délit de maquillage des comptes publics de la Hongrie ; en dépit d’apparitions publiques baroques qui alimentent un fort soupçon d’alcoolisme, il est d’ailleurs un des seuls leaders de ladite opposition qui n’ait pas annoncé son retrait après la raclée de dimanche soir – amenant même beaucoup de mauvaises langues à se demander s’il n’avait pas une entente secrète avec le FIDESZ en vue de discréditer durablement la gauche hongroise.

Manifestation contre les résultats électoraux et la “dictature” de Viktor Orbán, le 14 avril 2018. Photo : Visegrád Post

Le FIDESZ, victime de son succès ?

En transformant une élection en référendum, on s’expose à deux risques majeurs. Le risque principal est naturellement de perdre le référendum, et le pouvoir par la même occasion. Le risque suivant par ordre de nocivité, c’est de le gagner et de se rendre ipso facto inutile. Après ce désaveu hongrois (qui, grâce à Visegrád, prend une ampleur régionale) de la politique migratoire de l’UE, dans un paysage politique européen rajeuni et technocratisé (Macron, Kurz…), on ne peut pas exclure l’apparition d’une doctrine de transition « mondialiste modérée », choisissant de sacrifier l’idéal gauchiste « no border » pour « sauver la boutique » de Bruxelles. Ainsi privé de son « arme fatale », le FIDESZ, pour perdurer, ne pourrait alors plus compter – tout du moins en termes d’image – que sur la nullité de son opposition – laquelle deviendra remédiable s’il ne développe pas une politique plus ambitieuse, capable de protéger la Hongrie de dangers plus insidieux – mais non moins réels – que la menace migratoire.

Certains des thèmes sociaux qu’agite l’opposition de gauche renvoient en effet à des maux réels de la société hongroise (nous en avons évoqué quelques-uns ici). A commencer par l’émigration des jeunes, souvent présenté par ces pleureuses europhiles comme un exil politique, et qui dépend en réalité, dans l’immense majorité des cas, à des motivations économiques. Le discrédit frappant l’opposition – naturellement incapable de proposer des solutions viables à des problèmes en grande partie créés par elle-même et/ou ses sponsors internationaux – suffira-t-il ad aeternam à excuser, aux yeux de l’électorat, la relative impuissance du FIDESZ en la matière ? Il serait probablement illusoire, et en tout état de cause lâche de l’espérer. Mais c’est là une lâcheté compréhensible, compte tenu de la difficulté de l’exercice, dont les coûts potentiels (financiers et politiques) dépassent de loin ceux de l’érection d’une clôture barbelée à la frontière serbe. Pour améliorer le pouvoir d’achat de ses couches populaires, dans le carcan européen qu’elle continue à accepter, la Hongrie, ne dispose ni de l’arme monétaire (le forint étant, comme toutes les autres monnaies non-euro de l’UE, un bantoustan monétaire sous la tyrannie d’une banque centrale « indépendante »), ni de l’option protectionniste (pour cause d’OMC et d’UE – sans compter son rapport de dépendance au capital allemand). Courtisée par la Route de la soie, elle serait néanmoins, compte tenu de sa faible voilure financière et de sa quasi-inexistence militaire, bien téméraire de chercher à faire dissidence seule. L’amélioration suppose donc dans un premier temps une conservation des structures existantes, mais assortie d’une renégociation sans faiblesse des termes de l’échange avec le capital occidental (avant tout allemand). Par conséquent, la voie de l’émancipation économique passe elle aussi par Visegrad, qui doit impérativement, pour justifier son existence à long terme (sans pour autant se renier), devenir plus qu’un syndicat anti-immigration et anti-gay pride doublé d’une succursale de l’OTAN. Or, à en juger par les précédents – à commencer par celui de la crise migratoire de 2015 – cela ne se produira qu’à condition que Viktor Orbán, leader régional désormais pleinement consacré, prenne la tête de la croisade – ce qui promet de nouvelles recrudescences du blitz médiatique magyarophobe à l’Ouest, et un carnet de commande chargé pour les calomniateurs stipendiés de CNN, BBC, ZDF et autres M6.

Choix courageux, donc, mais à mon avis nécessaire, compte tenu de l’absence d’alternative à long terme. En effet, même si la presse pro-gouvernementale insiste à raison sur le fait que, dimanche dernier, le FIDESZ a remporté une majorité dans chaque classe d’âge, il n’en reste pas moins que, comparé à celui de son adversaire le plus novateur (le Momentum, sorte de réplique hongroise de En Marche), l’électorat du FIDESZ présente une pyramide des âges presque inversée, notamment marquée par de relativement faibles effectifs dans la tranche la plus jeune. Ces électeurs, dont beaucoup n’étaient pas nés au moment de la chute du communisme, peuvent tout au plus se souvenir – à titre de repoussoir – des années Gyurcsány (deux périodes qui n’ont cependant presque rien en commun à part une certaine continuité dynastique des apparatchiks ex-communistes convertis au néo-libéralisme) ; pour eux, « le système », c’est le FIDESZ – d’où, d’ailleurs, de meilleurs résultats dans l’électorat féminin, structurellement plus enclin à accepter les hiérarchies en place. Le FIDESZ ne pourra décemment pas perdurer plus de dix ans au pouvoir en reproduisant une rhétorique de rébellion – au risque de finir par promouvoir, sans s’en rendre compte, une alternative (comme Momentum) susceptible d’incarner mieux que lui cet idéal dépassé dans les faits mais conservé par l’inertie des discours. Très intuitif et bien conseillé, Viktor Orbán semble d’ailleurs en avoir conscience : lors de son discours historique du 15 mars dernier, l’homme fort de Budapest, qui va sur ses soixante ans, s’est pour la première fois adressé à la jeunesse hongroise en adoptant le ton d’un grand-père. Pour échapper à l’éternel retour de la révolution colorée, il ne suffit pas de vieillir : il faut aussi renier explicitement le jeunisme.

9 Comments

  1. Pour l’Européen de l’Ouest que je suis, votre analyse n’incite pas à l’optimisme. Elle nous fait comprendre qu’une majorité de Hongrois ont reconduit un premier ministre, ayant obtenu de bons résultats dans sa gestion du pays, mais sans avoir conscience d’avoir effectué un choix pour l’avenir, allant au-delà de la personnalité du leader du Fidesz.
    Or, par sa victoire, Viktor Orbàn s’est positionné en leader de niveau européen au même titre que Macron – Merkel étant très affaiblie -, dont il est l’antithèse. Pour nous, le premier ministre hongrois est un modèle, un exemple et un espoir. Et l’idée qu’une majorité de Hongrois pourrait un jour céder aux sirènes “technocratiques” d’un Marki-Zay est une perspective pour le moins inquiétante. Ce serait une lourde défaite pour l’Europe des nations. Et, de ce point de vue, votre analyse ne laisse rien entrevoir de rassurant.

    1. Tout à fait d’accord avec votre analyse.

      Sinon, pour faire court, l’idée que de jeunes Hongrois soient encore attirés par “l’Ouest” me stupéfie, il y a dix ans je ne dis pas, mais aujourd’hui…

      Pour ce qui est du drapeau de l’UE siglé “HELP”, je ne sais toujours pas s’il faut en rire ou en pleurer.

      PS : Ce n’est pas l’enjeu de ce texte mais il y est fait allusion à l’ingénierie médiatique ayant porté Macron. Cela n’engage que moi, mais j’ai la forte intuition que le premier tour de la présidentielle française a été truqué. Bien sûr, je n’ai pas de preuve, ce n’est qu’une conviction personnelle… mais elle est tenace.
      Je voyais Marine Le Pen plus haut et derrière elle Mélenchon ou Fillon, c’était l’enjeu. Bref, Macron a été “soutenu” à ce moment là aussi.
      Je suis convaincu que le vote d’Asselineau a lui, au contraire, été minoré.

      1. Bonjour
        Je vous rejoins sur le trucage du 1er tour. J’habite dans le Limousin, région anciennement communiste toujours à gauche. Macron devait faire un meeting en avril 2017
        à Limoges or il avait été annulé :
        https://www.lepopulaire.fr/limoges/politique/presidentielle-2017/2017/04/27/pas-de-meeting-a-limoges-pour-emmanuel-macron-mais-une-visite-privee-a-oradour-sur-glane_12381534.html
        Il avait prétexté ne plus avoir de temps et préférer se rendre à Oradour-sur-Glane pour faire une commémoration. Le problème, c’est que chez lui, à Amiens, il avait aussi été annulé…
        http://www.courrier-picard.fr/24295/article/2017-04-16/emmanuel-macron-ne-viendra-pas-amiens-le-21-avril#
        Donc, dans ma ville, il a été en 1re position, mais personne n’a voté pour lui (surtout ici il y a bcp de personnes âgées qui n’aiment pas le changement)…

      2. Vous connaissez le dicton, l’herbe est toujours plus verte dans le pré du voisin. Si ces jeunes n’ont, pour interlocuteurs, que des européistes qui leur font miroiter d’idylliques réalités, complètement éloignée de LA réalité, il se laisse embobiner et s’abandonne à un enthousiasme juvénile dont ils seraient bien en peine d’expliquer par des apports concrets. Si on leur demandait ce que la Hongrie aurait de plus – à part des dizaines de milliers d’allogènes alterculturels et alterconfessionnels – si elle se soumettait aux diktats de la Commission, ils seraient totalement incapables de répondre.

        Quant au drapeau siglé “HELP”, il pue le Soros et ses bandes. Pour ma part, c’est à pleurer, parce que des Hongrois, dont certains ont fait des études supérieures, se laissent embobiner. Au profit de qui, le cas échéant ? Des Marki-Zay, purs produits du mondialisme qui rêvent d’une Hongrie normalisée et occupant, sans moufter, sa place dans le Nouvel Ordre mondia.

        Sur le tripatouillage lors des dépouillements de 2017, on ne peut rien exclure ni rien prouver. Tout ce qu’on sait, c’est qu’il y a eu un complot – et je ne suis pas complotiste – pour porter macron à la présidence de la république, peut-être depuis le moment (2012) où il a été poussé au poste de secrétaire général adjoint de l’Elysée, et il a été élu président de la République comme le prévoyait sa feuille de route.

  2. Bonjour,

    Effectivement, c’est plus que troublant.

    Ce n’est pas une preuve, mais autour de moi je ne connais personne ayant voté pour lui. Par contre, un membre de ma famille a été littéralement “kidnappé” par l’entourage de Macron pour apparaître sur une photo avec lui.

    C’est à se demander si tout ce battage médiatique était destiné à le faire élire, ou à préparer et camoufler le fait qu’il serait élu quoi qu’il en soit, même sans électeurs.

  3. Ce que je voulais dire en fait, c’est qu’il me semblait que les jeunes Hongrois avaient aujourd’hui suffisamment d’informations pour comprendre qu’il est trop tard pour rêver de l’Ouest.
    Il y a quelques années, on pouvait comprendre que Paris, Londres, Berlin, Milan et d’autres puissent avoir un effet attractif sur eux.
    Mais, aujourd’hui…

  4. Oui, le charme (satanique) libéral-libertaire est tenace.

    >> Remarque importante à ce qui suit: je suis électeur du Fidesz, et je ne me considère pas “déçu”, je continuerai de voter pour lui <<

    Cependant, il y a autre chose : certainement un trop plein idéologique simplifié à outrance, ce qu'on peu tout de même qualifier à ce niveau de "populisme" au sens péjoratif, oui.

    En échange de la politique anti "migrations de masse" favorisées par l'empire du Nouvel Ordre (en même temps que par l'empire Soros), on verse dans la xénophobie islamophobe du plus vulgaire en chevauchant allègrement la "sainte" alliance judéo-chrétien, en croyant se jeter éperdu dans les bras du sionisme le plus intolérant. C'est en tout cas un choix délibéré des médias officiels. Leur choix, serait-il indépendant du désir du pouvoir ? Peu probable.
    Et cela enlaidit considérablement la ligne politique du gouvernement, et de surcroit, contrairement à ces espérances, ces maîtres qu'il combat d'un côté et devant lesquels il se couche de l'autre, ne lui sauront aucun gré.

    C'est vrai que ce n'est pas directement le gouvernement, ni Orbàn lui-même, mais ce sont les médias d'Etat qui font le sale boulot de diffuser des messages anxiogènes xénophobes, bâtis autour des faits divers collectés à partir des infos des autres pays européens (certes déjà envahis!). Les journaux télévisés de ces chaines deviennent réellement nauséabonds, car durant la première demie heure on n'y voit que de ces faits divers, où on se délecte longuement à travers des vidéos smartphone, des victimes judéo-chrétiennes (à cause de leur noms ou de leur religion supposée), des agresseurs musulmans (migrants de masse ou pas). Il ne s'agit pas là de contester ces faits mais leurs utilisation éhontée.

    Il y a une déontologie à respecter en traitant une information, sans même parler de la déontologie du journal lui-même dans ses choix. Aucun équilibre, ne semble y être respecté. Le mot d'ordre semble être : allez-y sans retenu !
    La moitié des journaux télévisés (et je n'exagère pas!) est dédiée à susciter la peur et la haïne des spectateurs envers les gens du tiers monde en général et envers les musulmans et l'islam en particulier. Et le niveau est très bas. Littéralement, ça pue. Ca pue d'ignorance, de mauvaise foi et de manipulation grossière.
    Et quelle soi-disant défense de la chrétienneté en effet, que d'oeuvrer pour sa reddition en rase campagne, devant ceux qui nient son essence même… et ce depuis son origine. Peur du sarrazin oblige ? au véritable harakiri religieux. Mais plus personne ne veut comprendre, plus personne ne veut voir.
    C'est vrai, peut être que la choléra est encore préférable à la peste.

    Avant les élections, on aurait cru qu'il s'agissait des éléments de la campagne. Mais non, cela continue de plus belle, même après la victoire incontestable.

    Qu'on défende les frontières et qu'on résiste à l'envahissement programmé, très bien. Mais pourquoi diable s'enfoncer dans ce populisme de bas étage, attisant délibérément la peur et la haïne ? On est sincère ou on cherche à faire plaisir à quelque maître ? Bien que, de toute façon le résultat sera le même.
    On pourrait penser que c'est plutôt sincère, étant donné que la campagne se poursuit sur le terrain de l'islamophobie, tentant à faire du gouvernement Orbàn (par ailleurs détesté par le Système), le champion de l'alliance judéo-chrétienne et de la lutte contre l'Islam, tentant de convertir le malus "anti-migrants de masse" en bonus "pro-sioniste". La stratégie est claire.
    Surtout depuis que lors d'un de ses discours, Orbàn lui-même a prétendu lutter contre l'antisémitisme par sa politique anti-migrants de masse.
    (Je rajoute bien "de masse" afin d'être clair suite à la mise au point de Ferenc Almássy : la Hongrie n'étant pas "anti-migrant" par ailleurs, c'est entendu. Ferenc Almássy que je salue ici pour sa très juste protestation contre le faux documentaire calomniateur – encore un. Mais comme quoi les choses sont compliquées!)

    Pourvu qu'ils réussissent dans leur lutte anti-migrants de masse. Certes le combat le plus vital afin de sauvegarder l'identité et la souveraineté nationales. Parce qu'en faisant celà, en se mettant frontalement dans le chemin des maîtres du Nouvel Ordre mondial (et contre leur projet de société de "melting pot" cosmopolite et libertaire), ils espèrent à tort la clémence ou la compréhension en retour.
    Il n'en sera rien. Et il n'en est déjà rien effectivement. On les pourchassera jusqu'à ce qu'ils perdent le pouvoir, d'une manière ou d'une autre (manières sournoises voire illégales dont ils ont fait une science appliquée et une industrie prospère, soutenues par des moyens financiers quasi illimités).

    Hurler avec des loups tout en les excluant de la basse cour.
    Tout au plus, cela permettera, peut être, d'éviter d'être accuser explicitement d'antisémite. Mais dans le paquet des flots de qualificatifs venus de l'UE, c'est bel et bien sous-entendu implicitement, nonobstant la soumission manifestée.

    Mais pourvu qu'Orbàn puisse tenir et réussir à résister dans le combat sélectionné à raison comme priorité absolue. Au moins jusqu'à ce que les "maîtres du monde" qui le haïssent résolument, réussissent à déclencher leur conflit mondial ultime tant désiré. Car ensuite, toutes ces choses deviendront des bagatelles de toute façon…

  5. Bonjour,

    Je crois que nous sommes d’accord sur l’essentiel. S’il est vital de se battre contre un ennemi mortel, il est fou d’en ignorer un autre tout aussi mortel. Surtout si le premier ennemi, celui que l’on combat, n’est que l’instrument “secret” du second, celui que l’on néglige.

    Par contre, je ne parle pas un mot de Hongrois et je veux bien vous croire sur le niveau de la campagne des médias pro-Orban, mais croyez-moi sur parole il faut vraiment lutter jusqu’au dernier souffle face à ces migrants, c’est une question de vie ou de mort. Rien d’autre.
    En France, nous avons payé très cher le “avec le temps ils finiront par s’intégrer”. Je ne nie pas que certains l’ont fait, mais même parmi ceux-ci d’énormes problèmes se posent.
    Un exemple ? Plusieurs soldats issus de l’immigration ont désertés des unités d’élites ou la légion Etrangère pour rejoindre Daesh, d’autres refusent de tirer sur des Africains lorsqu’ils sont en mission au Mali ou autre.

    Enfin, là où je diverge peut-être le plus c’est sur l’idée de deux fronts véritablement distincts. Pour faire court, j’ai longtemps cru que l’Europe était coincée entre deux menaces principales, l’Islam conquérant d’une part, l’axe USA/UE/OTAN/Israël d’autre part, mais il s’agit bien d’un seul bloc. Chacun se sert de l’autre en attendant le moment adéquat pour lui planter un couteau dans le dos. Mais pour l’instant ils roulent ensemble.
    Là, ils s’occupent de détruire les Chiites. D’autres suivront…

    1. Bonjour.
      En fait, il n’y a aucune divergence de vue. Bien sûr, “l’islam conquérant” et migrations de masse sont des éléments clés de la stratégie de l’Empire dans sa phase terminale. En France “l’immigrationnisme” allait de pair avec un certain “lasser faire” de l’endoctrinement extrémiste. La défection de militaires est tout de même surprenante et indiquerait une crise systémique plus profonde.
      .
      Mais, au lieu de “l’islam conquérant” il serait plus juste et plus précis de parler de “wahhabisme” (secte par ailleurs déclarée hors Sunna à une conférence islamique à Grozny en 2016). Secte intolérante, fondée en Etat ultraviolent par l’alliance avec la maison des Saoud (XVIIIe s.). Etat défait par ses sujets à cause de sa violence sanguinaire, puis reconstitué encore par la violence. Partenaire historique de choix de la couronne britannique, puis sous tutelle états-unienne. Le prince-roi actuel vient lui-même reconnaître lors d’une interview (aux us) que l’exportation de cette idéologie religieuse, sectaire) a été souhaitée et sollicitée par les maîtres anglo-saxons eux-mêmes.
      Cette alliance a pu rester cachée aux yeux du monde (comme beaucoup d’autres choses) jusqu’à ces dernières années. Là, elle devient claire comme le jour. Et il est très fallacieux d’expliquer cette alliance, par le seul opportunisme anti-iranien (qui est actuellement certainement l’arbre qui cache la forêt), comme le font volontiers des “analystes” géopolitiques mainstream. Il s’agit là au contraire d’une alliance stratégique de longue date, s’inscrivant dans la durée.
      Si l’on considère en plus, l’effet du verrouillage des lieux saints de l’islam de l’intérieur, on peut attribuer à cette alliance, outre le coup géopolitique, un caractère occulte. Car nul ne peut prétendre constituer le Califat (souveraineté unifiée “de” et “par” le Droit divin, en succession du Prophète) sans la maîtrise des lieux saints et du pèlerinage. Or, en échange du soutien politico-militaire britannique (et aussi d’une somme d’argent très conséquente !) la maison des Saoud a accepté précisément de renoncer à jamais de constituer ce califat (qu’on a pris précédemment de la main des Ottomans, moyennant moult tromperies et coups fumants dont les services de Sa majesté ont le secret et un passif historique certain, vérifié encore récemment).
      Sachant cela (et on serait gêné à supposer les wahhabites ignorants des doctrines religieuses à ce point), il est naturellement difficile d’admettre la “sincérité” du soutien massif dont ils font bénéficier un quelconque “califat” qu’il soit “du Levant” ou “d’Irak”.
      Durant des décennies, ces Etats wahhabites ont financé l’exportation de leur idéologie subversive (et qui n’est, il faut insister, qu’un pseudo “islam” dévoyé) vers l’Europe notamment (d’ailleurs sous une indifférence suspecte des autorités de ces mêmes Etats européens), mais aussi vers les pays du Maghreb. L’argent en était le vecteur, par la construction de mosquées et d’autres services dédiés, sous couvert d’action sociale, et la diffusion quasi monopolistique de l’exégèse religieuse de “savants” et autres oulémas aux ordres.
      Bien sûr, cet instrument de l’Empire, profondément corrompu dans tous les sens du terme, subversif et destructeur, est voué à son tour à une élimination programmée au moment opportun.
      .
      Je ferme cette longue parenthèse, afin de conclure que :
      Sans avoir érigé les Etats wahhabites en puissance arabe dominante et en “modèle” doctrinal sunnite, il n’y aurait probablement pas de Daech, ni d’Alkaida, ni terrorisme “islamiste”, ni migrations de masse vers l’Europe.
      (Si tenté qu’il eut en existé quand même, se serait sans commune mesure avec ce qu’on a le malheur de constater actuellement.)

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