Économie

« La Russie jubile, la France déchante » : un contrat nucléaire européen de 25,8 milliards d’euros lui échappe dans son propre domaine

« La Russie jubile, la France déchante » : un contrat nucléaire européen de 25,8 milliards d’euros lui échappe dans son propre domaine
EN BREF
  • 🔍 L’Autorité de la concurrence tchèque rejette le recours d’EDF, accordant le marché à KHNP pour la construction de nouveaux réacteurs.
  • 💡 Le choix de la République tchèque est motivé par le coût compétitif et les conditions avantageuses du modèle APR1000 coréen.
  • 🇫🇷 Ce revers pour EDF souligne la montée en puissance des opérateurs asiatiques sur le marché nucléaire international.
  • 🤝 Malgré cet échec, les entreprises françaises restent bien implantées en République tchèque, notamment dans les secteurs de l’automobile et de l’énergie.

Le récent rejet du recours d’EDF par l’Autorité de la concurrence tchèque a marqué un tournant décisif dans la course au marché nucléaire européen. Ce revers symbolise une défaite amère pour la France, autrefois leader incontesté dans le domaine, face à la montée en puissance d’acteurs asiatiques comme Korea Hydro & Nuclear Power (KHNP). La décision de la République tchèque de privilégier l’offre coréenne, au détriment de l’EPR français, soulève des questions sur l’avenir de l’industrie nucléaire européenne et sur les capacités des entreprises françaises à se maintenir face à une concurrence internationale féroce.

Les enjeux du marché nucléaire tchèque

Avec un tiers de sa production électrique provenant du nucléaire, la République tchèque se trouve à un carrefour stratégique. Le pays doit renouveler et étendre son parc nucléaire pour assurer sa sécurité énergétique et réduire sa dépendance aux énergies fossiles. Les installations existantes, principalement les réacteurs VVER-440 à Dukovany et VVER-1000 à Temelín, nécessitent une modernisation pour maintenir leur capacité de production. L’option choisie par Prague de s’engager avec KHNP pour la construction de nouveaux réacteurs s’inscrit dans cette logique de renouvellement énergétique. La décision tchèque a été motivée par des considérations économiques, KHNP ayant offert des conditions financières plus avantageuses, avec un prix estimé à 8,6 milliards d’euros par réacteur. Il est prévu que ces nouvelles unités démarrent leur construction en 2029, pour une mise en service commerciale en 2038.

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Les raisons du choix de KHNP

La compétition pour le marché nucléaire tchèque s’est jouée entre trois grands acteurs : EDF, Westinghouse et KHNP. Cependant, Westinghouse a rapidement été écarté, ne respectant pas les critères techniques exigés. La confrontation finale a opposé EDF et KHNP. Le choix tchèque s’est porté vers l’APR1000 coréen, un modèle plus compact et moins coûteux que l’EPR français. Prague a justifié son choix par la compétitivité de l’offre coréenne et par les conditions générales de l’accord, qui incluaient des réductions substantielles pour la construction simultanée de plusieurs réacteurs. Cette stratégie permet à la République tchèque de réaliser des économies significatives, avec un gain estimé de 25 % sur les coûts globaux en regroupant les commandes.

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La réponse d’EDF face à ce revers

Pour EDF, la perte de ce marché représente un coup dur, d’autant plus que l’entreprise française espérait capitaliser sur le succès de son projet de Sizewell C en Angleterre. Cependant, le format plus compétitif de l’APR1000 coréen a séduit la République tchèque. EDF dispose encore de la possibilité de faire appel devant le tribunal régional, bien que cette démarche semble incertaine, le cadre légal étant fortement verrouillé. Ce revers illustre la montée en puissance des opérateurs asiatiques sur le marché international du nucléaire civil, une dynamique qui pourrait redéfinir les rapports de force dans ce secteur stratégique. EDF devra réévaluer ses stratégies pour regagner du terrain sur la scène internationale.

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La coopération économique franco-tchèque

Malgré ce revers dans le secteur nucléaire, les entreprises françaises demeurent bien implantées en République tchèque, notamment dans les secteurs de l’automobile, de l’énergie, de la construction et des services financiers. Avec environ 550 à 900 filiales employant plus de 70 000 salariés, la France est le troisième investisseur étranger dans le pays. Des groupes tels que PSA, EDF, Veolia et Vinci jouent un rôle clé dans cette coopération économique dynamique. Cette présence forte témoigne des liens solides entre les deux pays, même si le récent échec d’EDF souligne la nécessité pour les entreprises françaises de s’adapter aux nouvelles réalités du marché globalisé.

Le cas de l’appel d’offres tchèque soulève des interrogations sur l’avenir du nucléaire français dans un contexte de concurrence mondiale accrue. Comment EDF et d’autres entreprises françaises pourront-elles s’adapter à ces défis pour préserver leur place sur le marché international ?

L’auteur s’est appuyé sur l’intelligence artificielle pour enrichir cet article.
Lynda Fournier

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Lynda Fournier

Lynda Fournier covers “public debate” and “geopolitics” for Visegrád Post. This beat fits the publication's focus on Central European affairs, geopolitics and public debate, with a particular editorial interest in “Central European affairs”. Their articles favour an analytical tone that compares change over time and avoids rushed conclusions.