Monde

« On touche enfin à un accord » : cette solution secrète entre Washington et Ankara pourrait tout changer pour le S-400 (et sauver le F-35 turc)

« On touche enfin à un accord » : cette solution secrète entre Washington et Ankara pourrait tout changer pour le S-400 (et sauver le F-35 turc)
Illustration de la réintégration potentielle de la Turquie dans le programme F-35 grâce à des solutions créatives pour le système S-400.
EN BREF
  • 🇹🇷 La Turquie et les États-Unis cherchent à résoudre le dilemme du S-400 pour améliorer leur coopération.
  • 🤝 Plusieurs solutions créatives sont proposées pour réintégrer la Turquie dans le programme F-35.
  • 🇦🇿 La solution Nakhchivan pourrait satisfaire les préoccupations de l’OTAN en gardant le S-400 hors du territoire turc.
  • 🔍 Une résolution pourrait être annoncée lors du prochain sommet de l’OTAN en Turquie.

La récente réunion entre le président Trump et le président Erdogan à la Maison-Blanche a été marquée par plusieurs accords commerciaux significatifs, notamment dans le domaine de l’énergie nucléaire civile. Parmi les sujets abordés, la coopération en matière de défense entre les États-Unis et la Turquie a retenu l’attention. Si cette coopération reste solide, des obstacles subsistent, notamment la question de l’acquisition par la Turquie du système de défense aérienne russe S-400. Cette acquisition a entraîné l’exclusion de la Turquie du programme de chasseurs F-35, un point de tension majeur dans les relations entre les deux pays.

Les origines de la crise S-400

En 2015, la Turquie a abattu un avion de chasse russe qui avait pénétré son espace aérien depuis la Syrie. À cette époque, le conflit syrien menaçait de déborder sur le territoire turc, posant un sérieux problème de défense aérienne pour Ankara. L’OTAN a réagi en déployant des batteries de missiles Patriot le long de la frontière sud de la Turquie dans le cadre de l’opération Active Fence. Cependant, les discussions entre la Turquie et les États-Unis pour l’achat de ces systèmes ont échoué en raison de désaccords sur la production sous licence et le transfert de technologie.

Face à ces difficultés, la Turquie s’est tournée vers la Russie pour acquérir le système S-400. En 2017, la commande a été passée et, deux ans plus tard, la livraison a été effectuée. Cela a suscité de vives préoccupations aux États-Unis quant à la compatibilité de l’utilisation d’un système russe avancé par un membre de l’OTAN, surtout avec l’avion de chasse F-35. Le principal risque était que le radar du S-400, et donc Moscou, puisse recueillir des données sensibles sur les performances et les caractéristiques du F-35.

« On a franchi la ligne rouge » : ces jouets inspirés de l’unité 731 provoquent une colère historique en Chine (et Tokyo reste silencieux)

Des solutions potentielles pour débloquer la situation

Plusieurs solutions ont été proposées pour résoudre la question du S-400. Par exemple, la Turquie pourrait suivre le modèle de l’accord pour le système S-300 que la Grèce a acquis de Chypre en 2007. Ce système est généralement stocké en Crète et n’est utilisé que pour des exercices occasionnels. Une autre idée serait que la Turquie vende le S-400 à un autre pays acheteur ou même le retourne à la Russie. Cependant, une telle démarche serait hautement controversée.

Une autre solution créative, bien que non conventionnelle, est la « solution Nakhchivan ». Cette option propose de déployer le S-400 dans l’enclave de Nakhchivan en Azerbaïdjan, où il serait maintenu en veille, sans transfert de propriété à l’Azerbaïdjan. Cette solution permettrait de répondre aux préoccupations américaines et de l’OTAN tout en maintenant le système à proximité de la Turquie en cas de besoin.

« Boeing l’a mal pris » : cette décision choc de Séoul bouleverse l’équilibre militaire face à la Chine (et isole Washington)

Les implications géopolitiques de la solution Nakhchivan

La solution Nakhchivan s’inscrit dans le cadre des relations militaires étroites entre la Turquie et l’Azerbaïdjan. Les deux pays partagent des liens culturels et historiques profonds, souvent résumés par l’expression « Bir millet, iki devlet » (« Une nation, deux États »). La coopération militaire entre les deux nations est ancrée dans plusieurs accords, dont la Déclaration de Choucha de 2021 qui a renforcé les liens bilatéraux en matière de sécurité.

Les puissances régionales susceptibles de s’opposer à cette solution, comme la Russie et l’Iran, sont actuellement trop faibles ou distraites pour réagir efficacement. L’Iran pourrait s’inquiéter de la présence d’un tel système à sa frontière nord, mais n’a pas les moyens de s’y opposer. Quant à la Russie, son influence dans le Caucase du Sud diminue, rendant improbable une opposition ferme à ce déploiement.

« Ils creusent sous leurs maisons » : la Lituanie transforme ses caves en abris face à la peur grandissante d’une attaque russe

Les perspectives pour l’avenir des relations américano-turques

La question du S-400 reste un obstacle majeur à des relations de défense plus étroites entre les États-Unis et la Turquie. La résolution de ce problème pourrait permettre de relancer la participation de la Turquie au programme F-35 et d’ouvrir la voie à l’achat de missiles Patriot. Une telle avancée serait bénéfique pour les deux pays et renforcerait la coopération au sein de l’OTAN.

Le moment est venu de trouver des solutions innovantes pour surmonter cet impasse. La prochaine réunion de l’OTAN, prévue en Turquie en juillet prochain, pourrait être l’occasion idéale pour annoncer une solution. Quelle voie la Turquie et les États-Unis choisiront-ils pour résoudre cette question complexe et renforcer leur partenariat stratégique ?

Cet article s’appuie sur des sources vérifiées et l’assistance de technologies éditoriales.
Lynda Fournier

About the byline

Lynda Fournier

Lynda Fournier covers “public debate” and “geopolitics” for Visegrád Post. This beat fits the publication's focus on Central European affairs, geopolitics and public debate, with a particular editorial interest in “Central European affairs”. Their articles favour an analytical tone that compares change over time and avoids rushed conclusions.