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L’essentiel de l’actualité du 22 au 28 novembre en Europe centrale

Temps de lecture : 8 minutes

V4

  • Le vendredi 19 novembre, les pays membres du Groupe de Visegrád ont signé à Paks (comitat de Tolna) une déclaration commune en faveur de l’énergie nucléaire « pour atteindre les objectifs de protection du climat ». « Le renforcement de la souveraineté et de la sécurité énergétiques, le maintien de l’accessibilité des prix de l’énergie et la décarbonation de la production d’énergie ne peuvent être atteints que par l’utilisation combinée des énergies nucléaires et renouvelables » a déclaré le ministre hongrois János Süli, chargé de ce dossier. Selon cette déclaration commune, « les centrales nucléaires contribuent à atteindre l’objectif de neutralité climatique de l’Union européenne tout en renforçant la sécurité d’approvisionnement et en fournissant une électricité propre à des prix abordables ».
  • Le vendredi 19 novembre, la Commission européenne a envoyé une lettre aux gouvernements hongrois et polonais mettant une nouvelle fois en garde Budapest et Varsovie avant la mise en place de sanctions à leur égard. Il s’agit de la première étape du mécanisme dit d’état de droit entré en vigueur le 1er janvier dernier après que justement la Hongrie et la Pologne ont levé leur veto à ce sujet et qui pourraient priver les deux États membres d’une partie des fonds européens qui leur sont dus. 
  • Les chefs de gouvernement du Groupe de Visegrád se sont réunis ce mardi 23 novembre à Budapest à l’initiative de la Pologne pour aborder les questions liées à l’immigration avec, en arrière plan, la crise migratoire à la frontière polono-biélorusse.

Hongrie

  • L’eurodéputée Anna Donáth a été élue présidente du mouvement Momentum suite à la démission d’András Fekete-Győr. Ce parti centriste, non représenté au parlement hongrois, dispose de deux députés (sur 21 hongrois) au Parlement européen.
  • À l’occasion d’une conférence régionale consacrée à la question migratoire, organisée le 18 novembre en Bosnie-Herzégovine, le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, a notamment déclaré : « Bruxelles est prête à financer tout ce qui augmente la pression migratoire, mais elle n’est pas disposée à soutenir quoi que ce soit qui la réduirait et protégerait les citoyens européens de cette menace […] Il serait temps que la Commission européenne aide enfin les pays des Balkans occidentaux à se protéger, et donc nous, des pressions migratoires […] Bruxelles n’a pas été en mesure de trouver une solution efficace à ce défi depuis [2015], mais a plutôt imposé des quotas d’admission obligatoires, et bien que la rhétorique ait changé, c’est toujours le cas aujourd’hui […] Si nous n’avions pas réussi [à les arrêter], des centaines de milliers de migrants illégaux vivraient aujourd’hui dans nos pays ».
  • Après les institutions européennes, voici que l’ONU s’inquiète à son tour de la liberté de la presse en Hongrie. C’est ainsi qu’Irene Khan, rapporteur spécial de l’organisation internationale, qui s’est rendue pendant une semaine à Budapest pour étudier cette question, estime que le gouvernement de Viktor Orbán détiendrait un quasi monopole (80%) des médias : « Dans une démocratie, il ne peut pas y avoir de monopole de l’information […] C’est un environnement toxique, délibérément créé par les dirigeants politiques pour semer la haine et diviser la société », a-t-elle déclaré ce lundi 22 novembre. 
  • Interrogé ce mercredi 24 novembre par InfoRádió, le ministre hongrois de la Santé, Miklós Kásler, a déclaré que la moitié des lits en soins intensifs étaient encore disponibles actuellement en Hongrie. Il a par ailleurs expliqué que les forts taux de mortalité liés au Covid en Hongrie étaient dus au fait qu’on comptabilisait les personnes décédées en étant positives au Covid comme étant décédées du Covid. Une affirmation que la directrice nationale de la Santé, Cécilia Müller, a une nouvelle fois formellement démenti.
  • Le président de l’Association hongroise de l’industrie de la restauration, László Kovács, a déclaré que de plus en plus d’événements festifs prévus pour la fin de l’année étaient annulés les uns après les autres et que l’état actuel des réservations ne représentaient plus que 15% du niveau d’il y a deux ans, soit avant le début de la pandémie, qui continue donc de frapper de plein fouet de nombreux professionnels. 

Pologne

  • Ce lundi 22 novembre, le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki s’est rendu en Estonie, en Lettonie et en Lituanie afin de coordonner l’action de la Pologne et des trois pays baltes face à la pression migratoire alimentée depuis plusieurs mois par la Biélorussie sur ses frontières avec l’Union européenne. « Seul le retrait des migrants peut rétablir un scénario constructif avec Loukachenko. Il est très important de ne pas se laisser prendre par cette propagande russe et biélorusse. Notre réponse commune est capable de l’arrêter », a-t-il ainsi déclaré lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue letton Artur Karins, à Riga, tandis que le premier ministre estonien, Kaja Kallas, le remerciait de son initiative : « Merci au premier ministre polonais Mateusz Morawiecki d’être venu ce matin. Nous ne voyons aucun signe d’amélioration concernant l’attaque hybride à la frontière de l’Union européenne. Avec des actions et des messages cohérents, nous défendons la sécurité européenne – les sanctions doivent entrer en vigueur et la pression diplomatique se poursuivra ».
  • Le 17 novembre, la loi sur la protection des frontières de l’État régissant l’état d’urgence dans la zone frontalière avec la Biélorussie a été modifiée de manière à autoriser les journalistes à s’y rendre sous certaines conditions. Ces autorisations devront être demandées au préalable auprès des gardes-frontières et seront contingentées. L’état d’urgence en vigueur dans une bande frontalière à l’est de la Pologne expire à la fin du mois de novembre, mais sera très vraisemblablement reconduit aussi longtemps que durera la présente crise migratoire à la frontière polono-biélorusse.
  • Selon deux sondages publiés cette semaine, une courte majorité des Polonais (55%) serait favorable à des restrictions sanitaires ne s’appliquant qu’aux personnes non vaccinées, tandis qu’une forte minorité (40%) s’y oppose. Actuellement, seuls 54% des Polonais sont vaccinés contre le Covid. De son côté, le ministre de la Santé, Adam Niedzielski, a déclaré que le gouvernement n’envisage pas de renforcer les mesures sanitaires, du moins pour le moment : « Dans notre pays, certaines mesures coercitives sont non seulement mal reçues, mais elles peuvent être contre-productives et décourager les gens », a-t-il expliqué.
  • Selon les données publiées tous les deux ans par l’Office polonais de statistiques (GUS), le salaire mensuel médian, qui s’élevait à 4703 zloty (environ 1000 euros) en octobre 2020, a augmenté de 62% au cours des dix années précédentes, et de 15% par rapport à 2018.
  • Ce mercredi 24 novembre, le président polonais Andrzej Duda a promulgué l’instauration d’une nouvelle fête en Pologne, en l’occurrence la « Journée nationale du soulèvement victorieux de la Grande-Pologne » qui commémorera désormais le 27 décembre l’insurrection polonaise de 1918/19 dans cette région (Grande Pologne), qui avait été annexée à la Prusse en 1815, après y avoir été rattachée une première fois en 1793 lors du deuxième partage de la Pologne (entre la Prusse, l’Autriche et la Russie). Cette journée ne sera cependant pas jour férié.
  • Les habitants d’un village musulman tatar de Podlachie situé près de la frontière biélorusse se sont mobilisés depuis quelques temps pour préparer quotidiennement pas moins de 300 portions de soupe pour les soldats et gardes-frontières stationnés à Kuźnica (frontière polono-biélorusse) à une quinzaine de kilomètres au nord-est de leur village. Les Tatars de Pologne (env. 3000) sont un sous-groupe des Tatars baltiques qui s’installèrent au XIVe siècle sur le territoire de ce qui était alors le grand-duché de Lituanie (Lituanie, Biélorussie et Ukraine actuelles). L’installation des Tatars de Pologne remonte quant à elle à l’époque de la République des Deux Nations polono-lituanienne au XVIIe siècle.
  • Selon les chiffres publiés ce mardi 23 novembre par l’Office polonais de statistiques (GUS), les ventes au détail à prix constant (déduction faite de l’inflation) ont augmenté de 6,9% au mois d’octobre par rapport à octobre 2020. Au mois de septembre, l’augmentation avait été de 5,1% sur un an. Ces chiffres témoignent de la reprise de l’activité commerciale, avec des ventes aux détails en octobre de 4,1% supérieures au niveau pré-pandémique de février 2020, même si elles restent inférieures au niveau qu’elles auraient dû atteindre si la courbe des ventes étaient restée sur sa trajectoire d’avant la pandémie.
  • Après la brouille due à la loi concernant la restitution des biens spoliés après la Deuxième guerre mondiale au mois d’août dernier, les relations entre la Pologne et Israël recommencent lentement à se réchauffer. C’est ainsi que ce mercredi 24 novembre, le ministère israélien des Affaires étrangères a décidé de renvoyer son chargé d’affaires israélien en Pologne, Tal Ben-Ari Jaalon. Ce dernier a déclaré : « Les Polonais nous signalent qu’ils veulent mettre fin au conflit. Ils ont pris un certain nombre de mesures positives et nous devons maintenant absolument réfléchir à la manière de mettre fin à cette crise. La Pologne est un pays très important ».
  • Les sources alternatives d’énergie se développent également en Pologne, et notamment l’énergie éolienne qui vient de battre son record de production d’électricité en Pologne, dans la nuit du 19 au 20 novembre, avec 6,38 Gwh en une journée. À un moment de cette journée, les éoliennes de la Vistule ont même produit presque un tiers de la demande d’électricité du pays. 
  • La Pologne est – comme les autres pays européens – confrontée à une recrudescence des cas constatés de Covid depuis début octobre. Plus de 28 000 nouveaux cas ont ainsi été signalés pour la seule journée du 25 novembre, et 497 personnes sont mortes du Covid ce jour-là dans l’ensemble de la Pologne. Interrogé à ce propos par RMF FM, le ministre polonais de la Santé, Adam Niedzielski, a notamment expliqué ne pas vouloir renforcer les restrictions sanitaires (du moins pour le moment), car, à son avis, celles-ci ne seraient « pas un moyen très efficace de limiter la croissance de la pandémie » : « Nous avons maintenant près de 60 % de la population vaccinée […] Lorsque des personnes non vaccinées avec des anticorps sont incluses, cela atteint 70-75%, fournissant une forte immunité de la population ». De son côté, le chef de la Plateforme civique, le principal parti d’opposition, Donald Tusk, a accusé le gouvernement polonais « d’abdiquer » dans la lutte contre l’épidémie.
  • Le chantier du Baltic Pipe, un gazoduc destiné à alimenter la Pologne en gaz norvégien venant de la mer du Nord, continue d’avancer. C’est ainsi que la section sous-marine du projet (275 km de tuyaux sous la mer Baltique) vient d’être achevée
  • Au vu de la forte augmentation des prix actuellement dans le domaine de l’énergie, le gouvernement polonais a décidé de prendre le problème à bras le corps et d’en réduire autant que faire se peut l’impact vis-à-vis de la population : en réduisant momentanément les taxes

Slovaquie 

  • Visitant l’hôpital universitaire de Bratislava-Ružinov ce mardi 23 novembre, le président slovaque Zuzana Čaputová a déclaré craindre que le pays ne perde « la bataille contre le coronavirus » : « Nos hôpitaux sont pleins, des gens meurent sous respirateur, et la plupart d’entre eux ne rentreront jamais chez eux [… Le confinement] devrait toucher tout le monde, que quelqu’un soit vacciné ou non ». 
  • Après l’Autriche, c’est la Slovaquie qui vient de reconfiner l’ensemble de sa population à partir du vendredi 26 novembre, réinstaurant également l’état d’urgence pour une durée de trois mois. 

Tchéquie 

  • Contrairement à la Slovaquie voisine, la Tchéquie semble, pour le moment, ne pas se diriger vers une nouvelle instauration de l’état d’urgence en raison de la situation sanitaire. Le ministre de l’Intérieur par intérim, Jan Hamáček (ČSSD), considère en effet que cette mesure serait prématurée : « Nous ne voyons aucune raison de déclarer l’état d’urgence à ce stade ». Le premier ministre Andrej Babiš a cependant déclaré, ce mardi 23 novembre, avoir demandé « aux gouverneurs de région un avis clair sur l’opportunité de déclarer l’état d’urgence » : « Si nous avons cette demande des gouverneurs, le gouvernement se réunira immédiatement, discutera de la proposition et déclarera éventuellement l’état d’urgence ». 
  • À peine sorti de l’hôpital où il avait séjourné plusieurs semaines, le président tchèque Miloš Zeman a dû y retourné après avoir été testé positif au Covid-19. En conséquence, la nomination du président de l’ODS, Petr Fiala, au poste de premier ministre, initialement prévue pour ce vendredi 26 novembre, a été reportée.
  • Alors que le chancelier autrichien Alexander Schallenberg a annoncé le 19 novembre son intention d’instaurer la vaccination obligatoire contre le Covid-19 à partir du 1er février, le futur ministre tchèque de la Santé, Vlastimil Válek, a pris ses distances par rapport à cette idée, déclarant qu’une telle mesure n’était pensable que sous « un régime totalitaire ». 

Croatie 

  • Une des plus grandes manifestations que Zagreb ait connues durant les dernières années a eu lieu le samedi 20 novembre dans la capitale croate pour protester contre la « tyrannie sanitaire » mise en place en raison de l’épidémie de coronavirus et notamment pour l’abolition pure et simple du passeport sanitaire

Autriche 

  • Le président du FPÖ, Herbert Kickl, a adressé ce jeudi 25 novembre une lettre ouverte à Alexander Wrabetz, directeur général de l’ORF (radio et télévision publiques) pour protester contre la couverture tendancieuse de la crise sanitaire de la part de la télévision publique, lui rappelant l’obligation d’objectivité que lui impose la loi. 

Slovénie 

  • Recevant son homologue polonais Mateusz Morawiecki ce mercredi 24 novembre à Ljubljana, le premier ministre slovène a notamment déclaré que l’Union européenne devrait contribuer au financement de toutes les mesures destinées à protéger ses frontières extérieures, y compris lorsqu’il s’agit de la construction d’une clôture, car elles se sont avérées efficaces pour empêcher la migration illégale et la violence, et remplacent l’utilisation de méthodes plus radicales : « La Slovénie a de nouveau offert une assistance directe à la Pologne et envoie des policiers slovènes pour [aider à] protéger la frontière […] Si un pays veut être souverain, il doit [pouvoir] décider qui peut entrer sur son territoire », a-t-il expliqué, apportant aussi son soutien à la Pologne de manière générale vis-à-vis des menaces russes : « Nous partageons les inquiétudes concernant la présence de forces militaires russes aux frontières de l’Ukraine. La concentration de ces forces est loin des exercices militaires normaux ».