La politique « d’ouverture à l’Est » de la Hongrie

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Par Gábor Tóth, président de Gateway to Europe V4-China Association.

Hongrie – Cela fait sept ans que le deuxième gouvernement Orbán (2010-2014, ndlr) a annoncé son ambitieuse orientation de politique étrangère intitulée « Ouverture à l’Est ». Comme la plupart des autres politiques « peu orthodoxes » de l’administration régnante, celle-ci a également fait l’objet de discussions, de débats, de critiques et de controverses. Comme d’habitude, le gouvernement hongrois et le Premier ministre lui-même ont été longuement critiqués pour « se détourner de l’Europe » et « se ranger du côté de régimes autoritaires » comme la Chine, la Russie et d’autres. Les détracteurs et les opposants à cette politique prétendent que peu de fruits en ont été récoltés et que trop peu de projets ont été concrétisés. Il s’agirait donc d’un échec et la stratégie serait elle-même erronée. En d’autres termes, s’ouvrir à l’Est serait une erreur. La communication officielle du gouvernement met l’accent sur les quelques résultats probants, tandis que l’opposition souligne combien il aurait fallu faire plus et combien de promesses restent en suspens.

Les libéraux sont les critiques les plus virulents de cette idée d’ouverture à l’Est. Ils citent les violations des droits de l’Homme, l’absence de libertés, dénoncent les régimes oppressifs et invoquent d’autres raisons analogues, tandis que certains d’entre eux avancent que les calculs économiques sont la preuve irréfutable que ce n’est pas la bonne façon de faire pour que la Hongrie aille de l’avant.

Cependant, l’aspect le plus important de la question est en grande partie négligé ou minimisé, peut-être parce qu’il est le plus sensible. C’est la dimension politique. Seuls quelques chercheurs et analystes écrivent sur ce sujet, car il est très compliqué à aborder. Il n’est pas facile de comprendre, par exemple, ce que veulent les Chinois dans notre région. La plupart d’entre nous ne peuvent donc que spéculer, tout simplement parce que nous ne pouvons pas connaître l’avenir. Cela m’amène à mon point et au thème de l’article : la prévision, la préparation et la prévision.

Viktor Orbán a écopé de nombreux qualificatifs par toutes les parties, mais bien peu sont ceux qui remettraient en doute sa capacité de prévoir les tendances mondiales et les changements politiques. Certains vont même jusqu’à le qualifier de « visionnaire » ou de « prophétique ». Bien que controversée, sa pensée et ses activités dites « non conventionnelles » ont gagné des millions de partisans en Europe et même au-delà. Son assise politique semble être solide en Hongrie, ses partisans étant convaincus qu’il choisit la bonne voie pour que le pays entame le XXIe siècle. Les relations de la Hongrie avec la Chine sont au cœur de la politique « d’Ouverture à l’Est ». D’aucuns ont même affirmé qu’elle avait été créée spécialement à cause de la Chine. Bien que de nombreux autres pays soient impliqués, il ne peut certainement pas y avoir d’ouverture réussie vers l’Est sans gagner d’une manière ou d’une autre la Chine et en faire un solide allié sur le long terme.

La restructuration de l’ordre mondial, la montée en puissance de l’Est, les désaccords de la Hongrie avec Bruxelles et le fossé idéologique entre l’élite européenne et les Européens ordinaires, à l’instar des Hongrois, ont créé une situation dans laquelle Orbán n’avait d’autre choix que de se préparer au pire : un possible divorce de l’Union européenne sous une forme ou une autre. Bien que personne de sensé ne veuille que cela se produise sans faire tout ce qui est en son pouvoir pour réformer le système de l’intérieur, des dirigeants forts se préparent toujours au pire des scénarios.

La Chine est un géant qui bouge lentement. Il faut du temps, généralement plusieurs années, pour nouer des relations, même personnelles ou à petite échelle, sans parler des liens intergouvernementaux. À cet égard, la Hongrie pourrait facilement bénéficier d’une décennie d’avantage sur d’autres pays d’Europe si elle se retrouvait dans une situation où elle ne pourrait plus être d’accord avec Bruxelles et en venait à subir un divorce douloureux. L’ouverture de chambres de commerce nationales, le renforcement des liens politiques, commerciaux, financiers et éducatifs, la facilitation des échanges culturels et la promotion des exportations vers la Chine sont autant d’éléments de cet avantage. Ceux qui connaissent les bases à propos de la Chine savent que l’on obtient tout simplement pas de résultats en quelques années avec eux. Il n’est donc pas à exclure de se montrer patient, mais tout cela prouve encore une fois la faible profondeur des connaissances de l’opposition sur la Chine et la façon dont les Chinois font des affaires.

D’autres opposants encore affirment que la Chine a l’intention de diviser et de conquérir à travers ses activités en Europe, tels que l’initiative de la Ceinture et de la Route ou la plate-forme 16 + 1. Ma réaction à cela : « Merci, nous n’avons pas besoin de la Chine pour nous diviser, nous, les Européens, pouvons nous en occuper nous-mêmes ». Si triste, mais si vrai. La Chine aimerait voir un continent uni ressusciter l’ancienne Route de la Soie et commercer librement avec les nations européennes. En fait, c’est le seul moyen de réaliser un projet de cette envergure. Cependant, certains des dirigeants occidentaux se concentrent trop sur une rhétorique vide sur les droits de l’Homme et la « presse libre », au lieu de développer des relations pragmatiques qui profitent à leur propre peuple, à leur propre société et à leurs citoyens. Ironiquement, il s’agit pour la plupart des mêmes hommes politiques soutenus par les analystes qui reprochent à Viktor Orbán d’avoir utilisé les relations sino-hongroises comme un outil politique sans grand résultat jusqu’ici.

Bien sûr – ce n’est qu’un aparté – certains dirigeants occidentaux calomnient ouvertement la Chine, mais ne ressentent aucune honte lorsqu’ils signent des accords se chiffrant en milliards de dollars avec le « régime oppressif ». Pourtant, ils n’ont toujours pas de vision, ni stratégie à long terme de coopération avec la deuxième plus grande économie du monde. Ils pourraient signer des accords beaucoup plus importants et profitables, s’ils étaient capables de rester neutres, de se montrer mûrs et réalistes. Une Europe divisée sur le sujet ne peut tout simplement pas produire une politique commune à l’égard de la Chine, ce qui signifie également que le géant asiatique sera le plus souvent gagnant des négociations bilatérales avec chaque pays, tout simplement parce que les Chinois sont plus forts et plus riches. Des tentatives ont été faites pour rapprocher l’Europe et l’Asie, comme le récent sommet de Bruxelles, mais celles-ci n’offrent généralement pas de solutions, mais uniquement des tables rondes et d’autres événements officiels auxquels les deux parties ont de moins en moins envie de prendre part.

Alors, quelle est la conclusion à tirer de tout cela ? Le temps nous dira qui avait raison et qui n’a su percevoir le vent du changement assez habilement. Orbán et les Hongrois à ses côtés auront-ils raison et se retrouveront-ils en pole position lorsqu’une Europe réformée et nombre de ses pays commenceront à se rendre compte que la Chine a changé le jeu de la politique mondiale ainsi que celui de l’économie mondiale ? Une chose est sûre : le Premier ministre hongrois tant décrié semble se lever le matin plus tôt que ses amis européens. Sur de nombreuses questions, les faits lui ont donné raison, et il semblerait que la politique d’ouverture vers la Chine et la coopération dans l’établissement de la nouvelle Route de la soie pourraient très bien être la prochaine vision correcte d’Orbán. Ceux qui ne sont pas d’accord avec cette ouverture vers l’Est devraient commencer à se concentrer sur les aspects stratégiques et les angles géopolitiques. En outre, ils feraient mieux d’apprendre à être plus patients, sachant bien que ce n’est pas simplement un jeu de nombres et que les règles classiques en matière de constitution d’alliances ne s’appliquent pas ici. Non seulement pour la Hongrie, mais aussi pour le V4 et d’autres pays de la région et même d’Europe, l’initiative « la Ceinture et la Route » et la recherche de partenaires dans l’Orient ascendant peuvent devenir une priorité plus tôt que la plupart des gens ne le pensent.


Traduit de l’anglais par le Visegrád Post.

11 Comments

  1. “Il n’est pas facile de comprendre, par exemple, ce que veulent les Chinois dans notre région. La plupart d’entre nous ne peuvent donc que spéculer, tout simplement parce que nous ne pouvons pas connaître l’avenir.”
    Heureusement….
    “Viktor Orbán a écopé de nombreux qualificatifs par toutes les parties, mais bien peu sont ceux qui remettraient en doute sa capacité de prévoir les tendances mondiales et les changements politiques. Certains vont même jusqu’à le qualifier de « visionnaire » ou de « prophétique ».”

    En somme notre prophète hongrois, lui, voit l’avenir et cet avenir est celui de la collaboration avec la Chine…
    Apparemment il y a un lobby pro-chinois qui fait le forcing par ici ! Et ils savent caresser dans le sens du poil ceux qu’ils veulent mettre de leur côté pour faire valoir leurs intérêts en Europe. J’espère que le dirigeant hongrois ne se laissera pas séduire par le chant des sirènes orientales, car prendre ses distance avec l’Union Européenne pour se jeter dans les bras de l’empire chinois serait je le crains tomber de charybde en scylla ! Et il y a quelques différences entre les valeurs chrétiennes auxquelles la Hongrie est attachée et celles du régime de Pékin, qui transforme son peuple en fourmilière orwellienne ! L’avenir de la Hongrie est en Europe, une Europe qui devra faire face à l’expansionnisme de la Chine, un ancien empire humilié qui entend bien prendre sa revanche.

    1. L’UE vient de réagir ,en “regrettant” que la Hongrie se soit déjà intéressée à la route de la soie. Cette technocratie est engluée dans ses réunions futiles et ses reproches aux pays qui lèvent la tête et développent leurs idées ,au lieu d’écouter les avis et de comprendre le “pourquoi” de ses échecs . Sans changements et sans vision personnelle ,l’UE sera toujours à la traine …

  2. Ne croyant pas du tout à une réforme possible de l’UE, il me semble opportun de chercher ailleurs des leviers pour qui serait tenter de la quitter, ou simplement en prévoyance de sa future explosion. La Chine mais surtout la Russie me semblent incontournables.

    Le danger étant de se faire avaler par ses puissances, mieux vaut y aller “groupés”. Dans le cadre de la Chine, si ce pays discute non pas avec la Hongrie mais avec un V4 peut-être accompagné / renforcé de son pourtour et de l’Italie, ce serait déjà plus équilibré.

    PS : Quand je dis ne pas croire en une réforme de l’UE, je ne milite pas pour le laisser faire, mais le camp d’en face se battra jusqu’au bout et par tous les moyens, même les plus immondes. Le pouvoir en place à Bruxelles me terrifie bien plus que Xi Jinping.

  3. “Le pouvoir en place à Bruxelles me terrifie bien plus ”
    La peur hélas est mauvaise conseillère et nous fait souvent tomber de Charybde en Scylla. Ainsi Gribouille se jette-t-il à l’eau par peur d’une averse ! Je lui préfère la crainte qui résulte d’une étude raisonnée et non d’une réaction émotionnelle. Il faut aussi éviter les visions campistes qui opposent immanquablement un camp du bien et un camp du mal “terrifiant”. Les puissances quelles qu’elles soient ont vocation en croissant à devenir impérialistes et à soumettre les plus faibles. C’est hélas une loi naturelle, nous sommes ainsi programmés par la nature. Chine, U.S.A, Russie sont avec quelques autres en compétition pour établir leur dominance, ou la conserver. Le partage de Yalta fut celui de la planète entre grands dominants, et après la chute de l’U.R.S.S. les U.S.A. ont essayé par des moyens variés de prendre à l’empire russe les territoires qui lui avaient été concédés. Ces territoires restent aujourd’hui un enjeu et semer la zizanie entre états de l’U.E. est aussi un moyen pour la Russie de ramener dans sa sphère d’influence ses anciens “protégés”. Ce sera difficile car la période communiste a laissé des souvenirs cuisants… Parlez-en aux Polonais ! Quant aux U.S.A. ils voient d’un très mauvais œil toute tentative pour l’U.E. de s’émanciper. Trump est furieux quand on parle de défense européenne propre. Il exige que les états enropéens dépensent toujours plus pour leur défense mais c’est à condition que cette défense soit l’alliance militaire otanesque que les U.S.A. dominent. Cela me fait penser au tribut que les alliés d’Athènes étaient contraints de verser à la ligue de Délos, pour le plus grand profit de la cité de Périclès, bien entendu ! Avec le brexit les U.S.A. vont perdre leur plus fidèle allié dans l’U.E., et aussi le cheval de Troie qui a systématiquement mis des bâtons dans les roues à toutes les tentatives de prise de distance par rapport aux intérêts états-uniens.
    Ces derniers ne supportent pas l’idée que l’U.E. puisse jouer la carte de ses intérêts propres, qui ne sont que très partiellement ceux des U.S.A. C’est pourquoi ils préfèrent désormais travailler à l’éclatement de l’U.E., ayant objectivement en cela une communauté d’intérêt avec la Russie, pour des motifs différents. Pour les U.S.A. il faut neutraliser une puissance vue de plus en plus comme rivale, “ennemie” a même déclaré le président américain, alors que pour la Russie l’enjeu est d’être avec ses 140 millions d’habitants la première puissance européenne, sur un continent à nouveau divisé entre états rivaux. C’est l’application du principe que les Romains déjà appliquaient avec cynisme : “Diviser pour régner”. L’intrusion de la Chine dans ce jeu dont nous sommes l’enjeu est subtile et efficace. C’est par sa puissance économique que la Chine établit sa dominance. Comme elle se rend maîtresse de l’Afrique sub-saharienne prenant ainsi le contrôle à bon compte d’une gigantesque réservoir de matières premières grâce auxquelles elle produit à bas coût les marchandises dont elle inonde nos marchés.
    Si l’Europe, au-delà même de l’U.E. d’aujourd’hui, ne réussit pas à se rassembler et à vaincre les forces qui font tout pour la diviser et l’affaiblir, je crains qu’elle n’ait plus aucun avenir et ne sombre dans le chaos, avec probablement un retour à des affrontements entre nations rivales au sein desquelles les nationalismes exacerbés auront su faire monter les haines, faisant ainsi bouillir la “marmite du diable”. Prendrons-nous bientôt conscience que ce qui nous unit à travers quinze siècles d’histoire est infiniment plus précieux et important que les querelles qui nous divisent aujourd’hui ? L’enjeu est d’abord, avant tout, civilisationnel. Et ce n’est qu’unis que les Européens peuvent espérer sauver cette civilisation dont chacun de nous est un héritier à qui il incombe par là même de transmettre le flambeau.

    1. Pour faire simple :

      Oui à une Europe Unie incluant la Russie, non à l’Union Européenne destructrice de l’Europe (de sa population, de son histoire, de ses valeurs…)

      Oui, ma crainte devient de la peur. Habitant en France je vois l’accélération constante de la haine anti-blanche, anti peuples de souches. Le tout avec l’assentiment des pouvoirs en place puisque “qui ne dit mot consent”.

      Je préfère la Russie voir la Chine à l’UE, car ceux-ci ne sont pas les principaux acteurs du grand remplacement. Après, la Chine s’en réjouit peut-être, une Europe africanisée sera encore plus facile à conquérir. D’ailleurs, il semblerait qu’une propagande “anti-blanche” commence à apparaître là-bas.

      Vous m’excuserez, je me suis moins cultivé que vous, je dis les choses plus simplement, mais c’est par amour de l’Europe que nous devons détruire l’UE. Une nouvelle union doit naître, belle, forte, capable de tenir tête calmement à la Chine, l’Inde et bien sûr aux USA. Mais une nouvelle Europe de paix intérieure et force de paix à l’extérieur (arrêtons de partir à la guerre pour des intérêts qui ne sont pas les nôtres).

      1. “Une nouvelle union doit naître, belle, forte, capable de tenir tête calmement à la Chine, l’Inde et bien sûr aux USA.”
        Et à la Russie, puissance impérialiste également, ne vous déplaise. Il s’agit d’ailleurs d’un empire essentiellement asiatique et considéré comme tel par les européens au moins jusqu’au XVII° siècle. Pierre le Grand a voulu arrimer la Russie à l’Europe ce que contestaient les slavophiles. Les géographes russes ont défini l’Oural comme limite entre l’Europe et l’Asie afin que Moscou soit une capitale européenne. Mais l’empire russe est à la fois européen et asiatique, comme la Turquie est à la fois Européenne et Asiatique (provocation, là je vais me faire huer et pourtant…). Si les nations européennes se trouvaient divisées et rivales à la suite de la déliquescence de l’U.E. à laquelle beaucoup rêvent ici, la tentation serait forte pour ce vieil empire de pousser son avantage vers l’ouest en jouant les uns contre les autres. Nous ne ferions au bout du compte que changer de maître. Certes il y a de bons maîtres, et la Grèce antique a connu de bons tyrans… Mais nous n’en sommes pas là et les pays du V4 ne me semblent pas pressés de quitter le giron de l’U.E. pour demander comme la Crimée le retour dans le giron de la Russie.

    2. “L’enjeu est d’abord, avant tout, civilisationnel. Et ce n’est qu’unis que les Européens peuvent espérer sauver cette civilisation dont chacun de nous est un héritier à qui il incombe par là même de transmettre le flambeau.”
      Entièrement d’accord avec vous ! Le souci avec l’UE est que son but est justement l’inverse..

  4. orban constate que ses “amis” européens ne cessent de cracher sur son pays, quel phlegme! alors il est compréhensible de faire comme poutine, chercher ailleurs!

  5. Tout a fait; c’était à prévoir. Si Bruxelles est si incompétent en géopolitique comme les USA d’ailleurs, ces pays du groupe Visegrad ont raison de trouver des débouchés avec l’Asie

  6. Dans l’expression “nouvelle union”, il y a le terme union.

    Le but est bien de trouver le moyen de s’unir à la Russie. Bien sûr ce ne sera pas simple, mais que l’UE et plus encore que l’Angleterre et la France arrêtent d’être les larbins de ceux qui veulent détruire la Russie serait déjà un premier pas formidable.

    On pourrait en parler des heures, mais des élections approchent et si elles ne rabattent pas les cartes, il se pourrait bien qu’à terme l’Europe se limite à la Russie.

    Notre ami Raoul Weiss défend la liberté des peuples à disposer d’eux même. La France, l’Angleterre, la Belgique et la Suède pour commencer devraient donc logiquement se rattacher sous peu à un grand califat. La fusion avec la Turquie pourra enfin se faire.

    1. “Le but est bien de trouver le moyen de s’unir à la Russie.”
      Que les états européens se retrouvent à nouveau divisés et rivaux comme en rêve entre autres l’empire Russe qui ne cesse d’y travailler et effectivement :
      ” il se pourrait bien qu’à terme l’Europe se limite à la Russie.”
      Car tout empire a vocation à s’étendre et à “protéger” ses petits voisins !
      Ni les Etats-Uniens, ni les Russes ni les Chinois ne sont nos amis. Ce sont des puissances rivales qui nous convoitent. Ils essaient de réveiller chez nous nos vieux démons, de nous dresser les uns contre les autres en exacerbant les nationalismes, en encourageant les populistes qui tiennent des discours démagogiques. Ils manipulent les émotions des peuples en faisant monter la peur la colère et la haine dans les cœurs. C’est pour l’Europe un piège mortel. Heureusement, les pays de l’U.E. qui ont commencé à prendre leurs distances avec leur encombrant allié d’outre-Atlantique et commencent à envisager de se doter d’une défense autonome ne sont pas prêts à quitter un “protecteur” pour se placer sous la coupe d’un autre. Ils préfèrent former un bloc qui leur permette de discuter d’égal à égal avec les puissants, plutôt que se présenter divisés et en ordre dispersé face à leur convoitise… D’ailleurs je constate qu’aucun pays du V4 n’envisage pour le moment l’équivalent d’un brexit, accompagné d’une sortie de l’OTAN et d’un rapprochement avec la Russie. Ils auraient trop à y perdre et ce serait un pari très risqué sur l’avenir.

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