« Viktor Orbán : 2019 a été marqué par les élections, les deux prochaines années le seront par la continuation de notre projet »

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Par Zoltán Kovács.

Article originellement publié en anglais sur About Hungary, le blog du Bureau de Relations et Communications internationales du Cabinet du Premier ministre de Hongrie.

Hongrie – Ce fut une conférence de presse de presque trois heures et qui s’est tenue à bâtons rompus. Plus d’une centaine de journalistes étaient présents, aussi bien des locaux que de médias étrangers – et oui, parmi eux, quelques uns des médias les plus importants et les plus critiques.

Le Premier ministre a abordé un grand nombre de sujets : le Fidesz et l’avenir du PPE, la relation de la Hongrie avec la Russie et la Turquie ainsi que notre ligne diplomatique pragmatique, son opinion des Verts (qui sont « des pastèques : vert au dehors, rouge à l’intérieur ») et pourquoi ils gagnent du terrain, son optimisme à propos du Royaume-Uni post-Brexit, les leçons apprises des élections municipales et régionales hongroises d’octobre dernier, sa vision du rapport de force médiatique en Hongrie, et, oui, également le cas du « talentueux Hongrois » George Soros ainsi que pourquoi le Commissaire Timmermans a besoin d’un rappel à la réalité.

« Au cours des deux prochaines années, nous voulons bâtir sur nos réalisations, » a déclaré le Premier ministre Orbán, exposant son projet pour le temps à venir. Le Premier ministre a fait ensuite une brièvement le point sur la situation en Irak et sur les soldats hongrois qui y sont stationnés, ainsi que sur les récentes évolutions de la question de l’immigration illégale, la croissance économique, les réformes du système de santé et la politique climatique. Le Premier ministre s’est ensuite engagé dans une session de questions-réponses deux heures durant avec le parterre de journalistes venus du monde entier.

« Au cours des récentes attaques par des roquettes, » a développé le Premier ministre Orbán en parlant au sujet des troupes hongroises en Irak, « certaines bases touchées avaient des soldats hongrois en leur sein, […] mais pas un seul soldat hongrois n’a été blessé, » avant d’ajouter que les soldats hongrois sont maintenant « autant en sécurité en Irak qu’un soldat en Irak peut l’être ». Cependant le Premier ministre a clarifié qu’en cas de nécessité, la Hongrie disposait du nécessaire pour organiser une évacuation immédiate.

Abordant les objectifs de la Hongrie au sommet des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles vendredi, le Premier ministre Orbán a déclaré que le gouvernement espérait voir l’UE arriver à un consensus concernant l’Iran en accord avec la position des États-Unis d’Amérique.

« En 2019, 450 000 personnes sont entrées illégalement en Turquie, » signifiant une brusque augmentation de 70% comparé à l’année précédente, a déclaré le Premier ministre Orbán, commentant les derniers rapports portant sur la pression migratoire en Turquie. Par effet de conséquence, le nombre de migrants arrivés en Grèce a pratiquement doublé et le nombre d’arrestations de clandestins aux frontières hongroises a dépassé la centaine.

« Voilà pourquoi nous devons augmenter le nombre de soldats et de policiers à la frontière serbo-hongroise, » a déclaré Viktor Orbán. « Pendant ce temps, un accord de coopération du V4 pour la protection des frontières est entré en vigueur, et la Hongrie a accru sa coopération policière avec la Macédoine du Nord et la Serbie afin de repousser et arrêter les clandestins, » a ajouté le Premier ministre hongrois.

Abordant le sujet de l’état de l’économie hongroise, le Premier ministre Viktor Orbán a souligné les résultats de ce que de plus en plus de gens surnomment « l’orbanomique » : pour la première fois depuis trente ans, nous avons plus de 4,5 millions de personnes employées. Cela signifie, comparativement, que quelques 800 000 hongrois de plus travaillent par rapport à 2010. Alors que les salaires moyens ont augmenté de 80% durant la décennie écoulée, les salaires des couches sociales les plus pauvres ont eux augmenté drastiquement. Depuis 2010, le salaire minimum et le salaire garanti pour les travailleurs qualifiés ont respectivement augmenté de 120 et 135 pourcents.

« La question est de savoir comment le modèle économique hongrois peut fonctionner s’il n’y a pas de croissance économique dans l’Eurozone, » a relevé le Premier ministre Orbán. « C’est pourquoi l’année 2020 sera une année inhabituelle et stimulante, » a-t-il ajouté.

Afin de garder nos travailleurs du domaine de la santé en Hongrie, le Premier ministre Orbán a dit que le gouvernement allait mettre en place une augmentation des salaires de ce secteur de 72% sur les deux à trois prochaines années. En parallèle, a explique M. Viktor Orbán, il a été demandé au ministre du développement de faire des rénovations d’hôpitaux une priorité absolue. « Je pense qu’il est légitime que les gens estiment l’état des hôpitaux comme impropre, » a déclaré le Premier ministre Orbán. Il a ensuite confirmé qu’en conformité avec une récente décision du gouvernement, toutes les installations hospitalières de plus de trois ans seraient rénovées.

Sur le sujet de la politique climatique, le Premier ministre Orbán a déclaré que le gouvernement venait d’adopter un nouveau plan stratégique pour l’énergie et le climat. Ces deux éléments, a-t-il expliqué, doivent traités ensemble. « Sur deux cents pays dans le monde, seuls 21 ont été capables d’atteindre une croissance du PIB tout en diminuant leurs émissions carbone, » a déclaré le Premier ministre hongrois, pointant du doigt que la Hongrie est l’un de ces 21 pays.

Alors que la Hongrie, un des « champions du climat », a déjà dépassé des pays tels que l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Autriche, le gouvernement entend atteindre l’objectif de 90% de production d’énergie sans émission carbone d’ici 2030.

Le Premier ministre Viktor orbán a conclu son intervention en soulignant que l’Histoire moderne de la Hongrie a toujours été marquée par des périodes de déclin et de construction nationaux. Les prochaines élections auront lieu en 2022, a dit le Premier ministre, et d’ici là le gouvernement souhaite bâtir sur les succès déjà atteints par le pays.

Pour ce qui est de la session de questions-réponses, en voici les points principaux :

Concernant Soros et la critique à l’égard du gouvernement hongrois estimant qu’il en fait trop sur le sujet, le Premier ministre a répondu que des détracteurs tels que le Commissaire Timmermans ont besoin d’un rappel à la réalité.

« Nous n’avons pas de phobie de Soros, » a-t-il déclaré, ajoutant que « nous ne sommes pas obsédés par cette question. Mais nous sommes confrontés à un groupe très puissant qui se trouve être dirigé par George Soros, » et leurs objectifs sont d’influencer la politique de l’UE.

« Je considère George Soros comme un Hongrois talentueux. Et c’est bien le problème. Je suis vraiment navré qu’il ne soit pas avec nous mais contre nous, » a développé M. Viktor Orbán.

Répondant à une question de la télévision publique allemande ZDF, demandant si le Fidesz allait quitter ou non le Parti Populaire Européen, le Premier ministre Orbán a dit que « le PPE devient de plus en plus libéral, socialiste et centriste, » et qu’ainsi « nous ne préservons pas nos valeurs ». Idéalement, le but du Fidesz est de changer le PPE. Le futur PPE devrait être différent, a estimé Viktor Orbán, avant de dire que la question est de savoir si le Fidesz a le pouvoir nécessaire au sein du PPE pour initier un tel changement. « Si nous ne pouvons pas réaliser un tel changement dans le PPE, nous lancerons un nouveau mouvement dans le Parlement européen, » a déclaré Viktor Orbán.

À la question portant sur la relation diplomatique de la Hongrie avec des pays qui ne sont pas des démocraties, le Premier ministre a déclaré que la poursuite d’une politique étrangère ne se basant que sur des valeurs limite notre capacité à trouver un compromis. Pour Viktor Orbán, il y a trois options en matière de politique étrangère : l’isolation, le compromis ou la guerre. La meilleure option étant le compromis.

Le Financial Times s’est enquis du futur des relations de la Hongrie de Viktor Orbán avec le Royaume-Uni post-Brexit. « Nous devons coopérer avec le Royaume-Uni en bons termes et à un niveau stratégique, » a répondu le Premier ministre Orbán, qualifiant M. Boris Johnson d’être « un des plus braves hommes politiques européens aujourd’hui ». Selon le Premier ministre hongrois, il y a au Royaume-Uni une « ébauche de grand succès à venir », alors que l’Union européenne a tort de penser qu’une relation saine est avant tout dans l’intérêt du Royaume-Uni.

En réponse à une question portant sur la liberté de la presse et sur la rapport de force éxistant dans le paysage médiatique hongrois, le Premier ministre Viktor Orbán estimé que, fort de son expérience, il estime qu’un vote à huis clos des journalistes présents lors de la conférence de presse le donnerait perdant avec seulement 20% des voix, la grande majorité des journalistes ne sympathisant pas avec son gouvernement. Et cela est vrai partout en Occident.

Traduit de l’anglais par le Visegrád Post.