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L’essentiel de l’actualité du 23 au 29 mai dans le V4

Temps de lecture : 27 minutes

V4 et Europe centrale

Les pays riverains de l’Adriatique et de la mer Ionienne affirment leur solidarité avec l’Ukraine
Réunis ce lundi 23 mai pour leur conférence annuelle dans la capitale albanaise Tirana, les États de la région adriatique-ionienne (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Grèce, Italie, Macédoine du Nord, Monténégro, Saint-Marin, Serbie et Slovénie) ont signé une déclaration commune, mais juridiquement non contraignante, « regrett[ant] dans les termes les plus forts l’agression illégale et injustifiée de la Russie contre l’Ukraine [et] confirm[ant leur] engagement en faveur de la souveraineté, de l’indépendance, de l’unité et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières internationalement reconnues ». On notera que c’est la première fois que la Serbie – traditionnellement proche de la Russie – signe un tel document.

Les Pays baltes et la Slovaquie veulent utiliser les avoirs russes gelés pour financer la reconstruction de l’Ukraine
Dans une déclaration commune adressée aux ministres des Finances des États membres l’Union européenne réunis à Bruxelles ce mardi 24 mai, leurs homologues estonien, letton, lituanien et slovaque ont appelé à puiser dans les avoirs gelés russes – du fait des sanctions mises en place suite à l’agression russe contre l’Ukraine – pour financer la future reconstruction de ce pays en partie dévasté par la guerre : « L’agression militaire injustifiée et non provoquée de la Russie contre l’Ukraine pacifique et souveraine a causé la perte d’un nombre considérable de vies innocentes, la dévastation brutale de villes et d’infrastructures, des dommages économiques immenses qui dépassent largement les frontières de l’Ukraine et un impact négatif considérable sur la coopération politique et économique basée sur la paix en Europe. […] L’ampleur des pertes et des dommages causés par la guerre est catastrophique. Les besoins de l’Ukraine en matière de reconstruction seront énormes. Selon la déclaration officielle du président Zelensky du 3 mai, l’Ukraine aura besoin d’environ 600 milliards de dollars pour sa reconstruction. Ce montant sera probablement encore plus élevé, car la guerre est toujours en cours et chaque jour apporte des dommages supplémentaires. […] L’UE et les pays partageant les mêmes idées ont mis en œuvre des mesures de gel des avoirs des personnes et entités russes et, surtout, de la banque centrale russe. Il s’agissait d’une première étape essentielle. Nous devons maintenant identifier les moyens légaux de maximiser l’utilisation de ces ressources comme source de financement – à la fois pour le coût des efforts continus de l’Ukraine pour résister à l’agression russe, et pour la reconstruction du pays après la guerre. […] Nous invitons donc la Commission européenne à présenter des propositions pertinentes et tous les pays partageant les mêmes idées à trouver une solution au niveau international, qui permettrait d’utiliser les avoirs russes gelés pour reconstruire et renforcer l’Ukraine ».

Un député de la coalition gouvernemental tchèque qualifie la Hongrie d’ « autocratie de l’information »
Le président de la commission des affaires étrangères de la Chambre des députés tchèque, Marek Ženíšek (TOP09 – membre de la coalition pentapartite de Petr Fiala), a déclaré, dans une tribune publiée dans le quotidien Lidové noviny, que la Hongrie était devenue une « autocratie de l’information » où, selon lui, « il n’est pas possible pour l’opposition et les organisations civiles et de défense des droits de l’homme d’introduire toute […] question dans la conscience publique ». Poursuivant dans sa lancée, Marek Ženíšek a également qualifié « la nouvelle présidente de la Hongrie [Katalin Novák, de] marionnette d’Orbán ».

Hongrie

Pour Judit Varga, l’UE souhaite « l’homogénéisation des peuples européens »
Dans le cadre de la Conférence d’action politique conservatrice américaine (CPAC), qui s’est déroulé les 19 et 20 mai à Budapest, le ministre hongrois de la Justice, Judit Varga, a déclaré que « le cadre contractuel actuel [de l’Union européenne] n’assure pas la souveraineté des États-nations » : «  Nous voyons comment ils fonctionnent dans la pratique. Ils soutiennent […] le démantèlement des frontières et […] l’homogénéisation des peuples européens. […] Nous ne soutenons pas la poursuite d’une union de plus en plus étroite, mais nous élevons plutôt notre voix pour une union basée sur le respect mutuel. […] Une partie du monde occidental n’est plus habituée à cette façon franche et ouverte de parler, mais au lieu de nous effrayer, cela ne fait qu’augmenter notre détermination ».

L’Ukraine menace de « parler à Viktor Orban dans un langage qu’il comprendra »
Le ton ne cesse de monter entre Kiev et Budapest. Ainsi, une conseillère du ministre ukrainien de l’énergie, Olena Zerkal, a récemment rappelé que la Hongrie est approvisionnée par un tronçon à part de l’oléoduc ‘Droujba’, auquel «  quelque chose pourrait arriver » : « Mais, encore une fois, c’est au gouvernement ukrainien et au président de décider des questions politiques, si nous voulons vraiment parler à Viktor Orban dans un langage qu’il comprendra », a-t-elle déclaré.

La vice-présidente du PE veut un embargo contre le pétrole russe, même sans la Hongrie
La vice-présidente socialiste du Parlement européen, Katarina Barley, a déclaré, dans un entretien téléphonique diffusée le 21 mai par la radio allemande Deutschlandfunk, au sujet du refus de la Hongrie d’approuver l’embargo sur le pétrole russe, que « le comportement de la Hongrie n’est […] qu’un avant-goût de ce que ce gouvernement va continuer à faire à l’avenir, cela ne se limitera pas à la Russie. Cela ne concerne pas concrètement la Russie, en tout cas pas seulement, mais Viktor Orbán vient d’être réélu à une large majorité, et il va maintenant nous jeter du sable dans les rouages plus souvent à l’avenir. […]  Il y a quatre États qui sont particulièrement touchés par un éventuel embargo sur le pétrole, la Bulgarie en fait également partie, et tous ces États s’efforcent de trouver une solution et toute l’Union européenne avec eux. Seule la Hongrie en profite pour jouer à ses jeux politiques et pour injecter de l’argent supplémentaire dans le pays, car jusqu’à présent, ce fonds de reconstruction est bloqué en raison des déficits de l’État de droit. […] Trois pays sont prêts à coopérer, il n’y en a qu’un qui ne le fait pas. […] Le ministre des Affaires étrangères [Péter Szijjártó, ndlr.] demande ou dit que cela coûtera entre 15 et 18 milliards d’euros pour aménager l’infrastructure en Hongrie de manière à pouvoir se passer du pétrole russe – il serait intéressant de savoir comment il arrive à ce calcul. Ce mois-ci, nous avons encore vu comment l’ensemble de l’infrastructure autoroutière, la responsabilité de celle-ci, est revenue une fois de plus au meilleur ami d’école d’Orbán, M. Mészáros, qui était plombier et devenu entre-temps l’homme le plus riche de Hongrie. Cela représente un volume de 14,4 milliards d’euros, cet appel d’offres a été lancé pour 35 ans, c’est donc vraiment un système ouvertement corrompu, tout le monde le sait en Hongrie, tout le monde le sait aussi dans l’Union européenne. […]  Je trouve presque insolent de dire maintenant qu’ils veulent encore 15 à 18 milliards d’euros, alors que tout le monde sait où ira l’argent et qui remportera cet appel d’offres. Ce sera ce M. Mészáros et éventuellement le gendre de M. Orbán ou son père, ce sont toujours les trois mêmes. […] On a laissé Viktor Orbán agir pendant douze ans. Il est donc très, très difficile de trouver une issue maintenant, et surtout en ce qui concerne la Russie. […]  Nous devrions alors naturellement voir qu’on peut quand même se mettre d’accord sur un paquet de sanctions ou imposer des sanctions. Cela devrait alors se faire avec l’accord des 26 autres pays. Ce ne serait pas quelque chose que l’Union européenne ferait, mais que les différents États membres pourraient ou devraient faire ».

Pour Judit Varga, les négociations avec la Commission européenne sont un « dialogue de sourds »
Dans le cadre d’une conférence de presse tenue ce lundi 23 mai à Bruxelles, le ministre hongrois de la Justice, Judit Varga, a comparé à un « dialogue de sourds » de « monologues parallèles » les négociations avec la Commission européenne dans le cadre de la procédure de l’article 7 : « La Commission continue de communiquer comme si cela ne s’était pas produit. [… Elle] doit clore cette affaire, les Hongrois ont rempli ce qu’on attendait d’eux. […] Nous n’avons toujours rien d’autre à faire que d’être à la hauteur de la confiance du peuple hongrois dans cette procédure : nos électeurs ont décidé de la politique européenne que le gouvernement devrait poursuivre afin de protéger les frontières, les familles et la souveraineté nationale. […] il y a des lignes rouges tracées par les électeurs hongrois, y compris la loi sur la protection de l’enfance et la sécurité de l’approvisionnement énergétique hongrois, qui ne peuvent pas être franchies ».

Viktor Orbán demande à Charles Michel de ne pas mettre l’embargo pétrolier au menu du prochain sommet européen
Ce lundi 23 mai, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a adressé un courrier au président du Conseil européen, Charles Michel, pour lui demander de renoncer à mettre le projet d’embargo sur le pétrole russe à l’ordre du jour du sommet européen de Bruxelles de cette semaine. Le sujet est débattu depuis ce lundi 30 mai.

Le Conseil européen émet une liste de recommandations à l’adresse de la Hongrie
La Commission européenne a publié, ce lundi 23 mai, une recommandation du Conseil « concernant le programme national de réforme de la Hongrie pour 2022 et portant avis du Conseil sur le programme de convergence de la Hongrie pour 2022 », par lequel le conseil constate entre autres que « le marché du travail hongrois se porte bien, mais des difficultés subsistent en ce qui concerne le faible taux d’emploi des femmes et des groupes défavorisés, […] le risque de pauvreté a diminué de manière notable, mais de nombreux citoyens ne parviennent toujours pas à subvenir aux besoins de base, […] les résultats de la Hongrie en matière d’éducation sont inférieurs à la moyenne de l’UE, […] la situation sanitaire est moins bonne que dans la plupart des autres États membres, ce qui reflète à la fois des modes de vie néfastes pour la santé et l’efficacité limitée des prestations de soins de santé, […] la défaillance des mécanismes de contrôle indépendants et les interconnexions étroites entre la sphère politique et certaines entreprises nationales sont propices à la corruption, […] la Hongrie obtient des résultats médiocres en ce qui concerne le dialogue social, […] les obstacles d’ordre réglementaire et la participation de l’État aux marchés de produits constituent un frein à la sélection d’entreprises efficaces et limitent la concurrence, […] la transition vers une économie neutre pour le climat n’en est encore qu’à ses débuts… »
En conséquence le Conseil recommande à la Hongrie de « veiller à ce que la croissance des dépenses courantes financées au niveau national soit conforme à une orientation politique globalement neutre, […] à finaliser rapidement les négociations avec la Commission sur les documents de programmation de la politique de cohésion 2021-2027, […] à poursuivre l’intégration des groupes les plus vulnérables sur le marché du travail, […] à consolider le cadre de lutte contre la corruption, notamment en renforçant les poursuites et l’accès aux informations publiques, […] à promouvoir les réformes et les investissements dans les domaines de la gestion de l’eau et des déchets et de la circularité de l’économie, de la numérisation des entreprises, des compétences vertes et numériques, ainsi que de la recherche et de l’innovation, […] à réduire la dépendance générale à l’égard des combustibles fossiles en accélérant le déploiement des énergies renouvelables ».

Le pouvoir d’achat des Hongrois a augmenté de 8,1% en un an
Selon les données publiées ce mardi 24 mai par l’Office central hongroise de statistiques (KSH), le salaire brut moyen hongrois était de 511 400 forints (1300 euros) au mois de mars 2022, ce qui correspond à un salaire net de 352 200 forints (895 euros). Compte tenu de l’inflation sur un an (8,5%) et de l’augmentation du salaire net moyen (17,3%) sur la même période, cela équivaut à une augmentation de 8,1% du pouvoir d’achat.

Viktor Orbán décrète l’état de risque de guerre et taxe les multinationales
Le Premier ministre hongrois n’a pas perdu de temps. À peine la réforme constitutionnelle le permettant était-elle actée – par le vote du parlement en début d’après-midi et par la signature de la présidente, Katalin Novák, peu après –, ce mardi 24 mai, que Viktor Orbán annonçait – dans une vidéo publiée sur Facebook – qu’il allait décréter l’état d’urgence pour cause de guerre en Ukraine. Des taxes exceptionnelles ont été annoncées.

Péter Szijjártó condamne les menaces contre la sécurité énergétique de la Hongrie
S’exprimant, ce mercredi 25 mai, dans le cadre d’une conférence commune avec le ministre serbe des Finances, Siniša Mali, le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, a déclaré que la menace d’une fermeture des voies de transit du pétrole brut et du gaz naturel « a fait surface dans certaines communications de l’Union européenne » et qu’il s’agissait là d’une « grave attaque contre [la] souveraineté, [la] sécurité énergétique et [les] intérêts en matière de sécurité » de la Hongrie et de la Serbie. M. Szijjártó a rappelé à cet égard que la Hongrie voterait contre toute mesure mettant en danger la sécurité énergétique de la Hongrie. Enfin, il a ajouté que « la Hongrie permettra à la Serbie d’utiliser les installations de stockage de gaz hongroises pour sécuriser ses approvisionnements pour l’hiver ».

L’équipementier automobile allemand Kostal installe son centre de services à Budapest
Le groupe industriel allemand Kostal, fabriquant notamment des équipements électroniques pour l’industrie automobile, a annoncé, ce mardi 24 mai, la création prochaine de son nouveau centre de services aux entreprises à  Budapest. Cette nouvelle implantation emploiera 360 salariés et centralisera certains services du groupe, tels que l’informatique, la finance, les ventes, les ressources humaines et la logistique. « Nous avons choisi la Hongrie pour cet investissement non seulement parce que nous pensons que la culture hongroise correspond bien à nos valeurs, mais aussi parce que nous pensons que la Hongrie est un incubateur de talents », a déclaré à ce sujet Andreas Kostal, le PDG du groupe.

État de risque de guerre : le forint décroche par rapport à l’euro et au dollar
Suite à l’annonce par le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, ce mardi 24 mai, de la proclamation de l’état de danger de guerre, puis, dès le lendemain, de la taxation des surprofits des multinationales dus à la crise économique causée par la guerre en Ukraine et les sanctions occidentales, la monnaie hongroise a perdu 3,5% de sa valeur dans la journée, pour s’échanger finalement au cours de 395 forints pour un euro. Dans le même temps, le forint perdait 4% face au dollar, pour s’échanger au taux de 370 forints pour un dollar.

Finies les excursions transfrontalières pour aller faire le plein en Hongrie…
Afin de mettre fin au « tourisme » des automobilistes des pays voisins se rendant en Hongrie pour y bénéficier des prix plafonnés des carburants, le gouvernement hongrois a décrété qu’à partir du vendredi 27 mai, seuls les véhicules immatriculés en Hongrie pourront désormais bénéficier de ces tarifs préférentiels, tandis que les automobilistes étrangers paieront le prix du marché – soit grosso modo la même chose que chez eux. Pour mémoire, le prix de l’essence et du diesel est plafonné à 480 forints (1,20 euros) par litres, alors qu’il coûte entre 1,75 euros et 2,30 euros dans les autres pays européens. Ce jeudi soir, on constatait une affluence toute particulière aux stations proches des frontières, où – comme à Komárom ou à Mosonmagyarovár – de nombreux automobilistes slovaques faisaient la queue pour faire une dernière fois un plein moins cher… Par ailleurs, outre le fait que certains experts autrichiens y voient une discrimination basée indirectement sur la nationalité, cette dualité des prix a provoqué des problèmes techniques dans certaines stations de Sopron (à la frontière autrichienne). En conséquence, la société OMV a notamment demandé à ses stations de continuer à facturer le prix plafonné à tout le monde, jusqu’à ce que l’informatique permettent d’effectuer le distinguo.

Des prêts à taux zéro pour inciter les expatriés à rentrer au pays ?
La Banque Nationale de Hongrie (MNB) vient d’émettre trois recommandations visant à encourager une immigration ciblée, à attirer en Hongrie les « nomades numériques » et à inciter les Hongrois expatriés – 560 000 citoyens hongrois vivent dans d’autres pays de l’UE — à revenir au pays, notamment par l’octroi de prêts de rapatriement sans intérêts.

Pour Viktor Orbán, pas question d’expérimenter avec la sécurité énergétique de la Hongrie
Le chef du bureau de presse du Premier ministre hongrois, Bertalan Havasi, a fait savoir que Viktor Orbán s’était entretenu au téléphone avec son homologue britannique Boris Johnson, ce vendredi 27 mai, et lui a notamment déclaré que « la Hongrie ne risquera pas son approvisionnement énergétique, cela ne devrait pas être un terrain de jeu ou d’expérimentation. […] Par conséquent, avant que des sanctions liées à l’énergie ne soient mises sur la table, il faut d’abord trouver des solutions aux préoccupations des États membres de l’UE ».

Pologne

Grandes manœuvres de l’OTAN en Europe centrale
Depuis le début du mois et jusqu’au jeudi 26 mai, 8630 soldats de douze pays (onze de l’OTAN plus la Suède) participent aux manœuvres Defender-Europe 22 de l’organisation atlantique qui se déroule sur le territoire de neuf pays, essentiellement en Europe centrale, dont en Pologne. Concomitamment, 9000 autres soldats issus de 17 pays ont participé du 1er au 20 mai aux exercices Soft Response 2022 de l’alliance atlantique, également essentiellement en Europe centrale.

Discours du président polonais Andrzej Duda devant la Rada à Kiev
Le président polonais Andrzej Duda s’est rendu à Kiev le 22 mai, où il a tenu un discours devant les députés de la Verkhovna Rada (parlement ukrainien) : « Je suis aujourd’hui dans la belle ville fière de Kiev, la capitale de l’Ukraine libre, indépendante et démocratique, qui depuis près de 90 jours oppose une résistance héroïque à l’agression barbare. […] J’étais également ici il y a un peu plus d’un mois avec les présidents des États baltes – la Lituanie, la Lettonie et l’Estonie. […] au moment de cette visite à Kiev dans la première quinzaine d’avril, j’ai également visité Borodyanka et Irpin. J’ai vu les traces du crime de mes propres yeux. J’ai vu l’énormité de la misère humaine. J’ai vu la souffrance. J’ai vu l’angoisse, j’ai vu des maisons démolies, j’ai vu une tragédie indicible de votre peuple. Je sais quels actes atroces ont été perpétrés à Boutcha, et dans d’autres endroits par des envahisseurs barbares. [… Mais] les envahisseurs russes n’ont jamais réussi à vous briser. […] J’espère qu’ils ne réussiront jamais. […] L’Ukraine et la Pologne ont une opportunité politique unique devant elles en tant que deux nations apparentées de la même partie de l’Europe. […] Vos proches : conjoints, parents, enfants, petits-enfants, ces millions de personnes qui ont dû quitter l’Ukraine, fuyant la tragédie de la guerre […] ne sont pas des réfugiés dans notre pays. Ce sont nos invités. […] Vous dites que la Pologne vient en aide et n’a pas été intimidée par les menaces russes de Moscou. C’est […] vrai. Vous dites que la Pologne a ouvert ses frontières et a donné aux Ukrainiens les mêmes droits que les Polonais et a admis vos enfants dans ses écoles. C’est également vrai. Cependant, nous ne sommes pas les héros. C’est vous qui êtes les héros. […] Je vous remercie aujourd’hui d’avoir défendu l’Europe contre l’invasion de la barbarie et du nouvel impérialisme russe. […] Les ennemis ont essayé à de nombreuses reprises de nous monter les uns contre les autres. […] À cette fin, ils exploitent les tensions douloureuses de notre passé mutuel, de notre histoire. Mais ils n’atteindront pas leur objectif ! […] Et quand presque tout le monde, persuadé que Kiev tomberait, a évacué ses ambassades d’ici, l’ambassadeur polonais Bartosz Cichocki, est resté à Kiev. Il était ici avec vous pendant le bombardement et l’attaque de Kiev, et il est avec moi ici maintenant. […] En Europe […] ces derniers jours, […] on a entendu des voix déconcertantes suggérant que l’Ukraine devrait céder aux exigences de Poutine. Permettez-moi d’être très clair : seule l’Ukraine a le droit de décider de son avenir. Seule l’Ukraine a le droit de décider par elle-même ! […] Après Boutcha, Borodyanka et Marioupol, il ne peut y avoir de retour aux affaires comme d’habitude avec la Russie. […] En tant que Pologne, nous avons longtemps mis en garde l’Europe contre les inclinations impériales de la Russie et de Poutine. […] Également contre la dépendance aux sources d’énergie russes. […] Malheureusement, nous n’avons pas été écoutés. Nos avertissements ont été minimisés. On nous a accusés de russophobie. […] La Pologne a soutenu l’Ukraine et continuera de le faire. Personnellement, je ne me reposerai pas tant que l’Ukraine ne deviendra pas membre de l’Union européenne au sens plein du terme. […] Le moment est venu aujourd’hui […] d’un nouveau traité polono-ukrainien de bon voisinage […] qui tiendra compte de tout ce que nous avons construit ensemble dans nos relations, ne serait-ce que ces derniers mois. […] Que l’un des signes durables de nos relations soit un chemin de fer à grande vitesse reliant Kiev à Varsovie. Nous le construirons ensemble. […] Je tiens également beaucoup à ce que l’Ukraine rejoigne l’initiative des Trois Mers. […] Nous voulons […] prendre une part active à la reconstruction de votre patrie de la dévastation de la guerre. [… Et] rappelons-nous que l’Ukraine doit être reconstruite d’abord et avant tout aux dépens de l’agresseur – telles sont les exigences de la justice historique. Cela signifie aux dépens de la Fédération de Russie, qui a envahi l’Ukraine et démolit actuellement des maisons ukrainiennes, détruit l’industrie ukrainienne, enlève les récoltes ukrainiennes et tue les Ukrainiens. […] C’est la Russie qui a ruiné l’Ukraine et c’est la Russie qui doit payer. […] L’Ukraine gagnera la guerre, surmontera ses difficultés et sera reconstruite encore plus belle qu’elle ne l’était avant l’agression russe. J’en suis convaincu ».

Suite à son nouveau voyage à Kiev, le président Duda plaide pour un nouveau renforcement de l’OTAN en Europe centrale
De retour en Pologne, le président polonais Andrzej Duda a tenu une conférence de presse en gare de Przemyśl au matin du 23 mai, au cours de laquelle il a notamment déclaré : « C’était un voyage très important, c’était une rencontre très importante, pour moi personnellement, une rencontre avec le président Vladimir Zelensky, avec les autorités ukrainiennes, avec la Verkhovna Rada d’Ukraine. […] En Ukraine, […] où des centaines de soldats [ukrainiens] meurent chaque jour, comme le président Zelensky l’a dit, où des batailles féroces et sanglantes sont menées pour défendre le sol ukrainien, les Ukrainiens […] sont absolument déterminés à se défendre à tout prix. […] À Kiev, j’ai dit une chose : nous devons absolument rester unis face à l’agression russe, et nous devons absolument soutenir l’Ukraine. Cette unité doit être maintenue. Il ne peut y avoir de retour à l’ordre du jour dans une situation où nous avons vu ce qui s’est passé à Boutcha, Borodianka et Marioupol. Quand on peut voir absolument qui est l’agresseur et qui est la victime. […] Je n’ai pas besoin de dire à quiconque en Pologne que l’impérialisme russe est dangereux pour nous. C’est ce que le président Lech Kaczyński a déclaré il y a 14 ans à Tibilisi, en Géorgie. À l’époque, il a prédit ce qui pourrait malheureusement se produire à l’avenir. [Et] malheureusement, la Russie a attaqué l’Ukraine en 2014 et l’a attaquée une deuxième fois, de manière extrêmement sanglante. […] L’OTAN doit être ferme, […] renforcer son flanc oriental, […] mener une politique de défense cohérente en dissuadant un attaquant potentiel comme la Russie. […] Je souhaiterais que le prochain sommet de Madrid vienne compléter cette démarche et que des décisions soient prises pour […] pour créer des groupes de combat […] et pour créer des forces anti-missiles et antiaériennes plus puissantes, afin que nous nous sentions en sécurité dans cette partie de l’Europe ».

Morawiecki : « La politique allemande n’a pas changé l’attitude de la Russie, elle a gonflé son portefeuille »
Juste avant son départ pour Davos et tandis que le président Andrzej Duda se rendait à Kiev où il devait tenir un discours devant la Rada, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a accordé un entretien au quotidien italien La Reppublica, publié ce dimanche 22 mai, dans lequel il a largement évoqué la guerre russo-ukrainienne.

Le président polonais Andrzej Duda accuse l’Allemagne de ne pas tenir ses promesses
Présent à Davos (Suisse) pour le Forum économique mondial, le président polonais Andrzej Duda a révélé que les autorités allemandes avaient promis à la Pologne de lui fournir des chars du dernier modèle Leopard pour les 240 chars T-72 qu’elle a presque tous remis à l’Ukraine… mais que cette livraison se fait toujours attendre.

37 entreprises russes ou biélorusses demandent la levée des sanctions les concernant
Suite à l’agression russe contre l’Ukraine, les autorités polonaises ont décidé de mettre en place des sanctions contre les avoirs russes et biélorusses en Pologne. Cette mesure concerne quinze personnes physiques (dont les oligarques Oleg Deripaska et Vyatcheslav Kantor) ainsi que 35 sociétés. Sur ces 50 entités, 37 ont d’ores et déjà entamé des démarches afin de débloquer certains de leurs actifs dans le pays. Dans la pratique, lesdites sanctions ont provoqué une situation kafkaïenne pour ces entreprises, qui ne peuvent plus ni payer leurs fournisseurs, ni livrer leurs clients ou leur rembourser leurs acomptes, ni payer leurs salariés ou s’acquitter de leurs cotisations sociales… Mettre tout simplement et littéralement la clé sous la porte semble être en pratique la seule solution possible si les sanctions ne sont pas allégées ou levées.

Plus de dix milliards de zlotys auraient été dépensés en allocations Covid sans véritable contrôle
Selon une information révélée par le portail Wirtualna Polska, plus de dix milliards de zlotys auraient été versés en allocation à des médecins ayant travaillé pour les services Covid – et ce, sans que cela soit vraiment contrôlé : « 8000 zlotys [1700 euros, ndlr.] pour un contact de 30 minutes avec des patients infectés par le coronavirus constituent-ils une rémunération équitable ? », s’interroge ainsi l’auteur de l’article de WP. « Il y a de nombreuses indications que personne n’a vraiment contrôlé la façon dont 10,3 milliards de zlotys ont été dépensés ». Interrogé par ce média, le  Dr Jerzy Friediger, directeur de l’hôpital spécialisé S. Żeromski à Cracovie, explique comment cela est arrivé : « Il était impossible d’obtenir des directives précises du ministère de la Santé et du Fonds national de santé. Et les syndicats ont exigé que la réglementation soit interprétée le plus favorablement [possible] pour les médecins ». Dans le même temps, le directeur d’un hôpital de Poméranie explique avoir été contraint de payer pour que les médecins ne partent pas dans des établissements moins regardant sur ces dépenses provenant de fonds publics.

Le Sénat polonais rejette la levée de l’immunité parlementaire de son président
Suite à un débat assez houleux, le Sénat polonais – où l’opposition polonaise dispose de la majorité – a rejeté, le 18 mai, (par 52 voix contre 47) la demande de levée de l’immunité parlementaire de son maréchal (président), Tomasz Grodzki (PO). Ce dernier est accusé d’avoir accepté des avantages financiers de la part de patients ou de leurs proches en sa qualité de directeur de l’hôpital spécialisé de Szczecin (Poméranie occidentale – nord-ouest du pays) et chef du département local de chirurgie thoracique. Le procureur régional de Szczecin, Artur Maludy, affirme disposer des témoignages de vingt personnes pour confirmer ces accusations que M. Grodzki récuse avec véhémence : « Beaucoup de choses peuvent être dites à mon sujet, mais je ne pense pas que vous puissiez dire que je suis un idiot et qu’en tant que directeur et chef du département, j’ai exigé des paiements en argent. J’insiste fortement sur le fait que je n’ai jamais accepté de pots-de-vin de la part de patients. […] Tout cela est lié à mon service à la Pologne en tant que président du Sénat, c’est pourquoi je le perçois comme une action strictement politique ».

Une nouvelle loi vise à faciliter la recherche d’emploi des Ukrainiens en Pologne
Le président polonais Andrzej Duda a signé, ce lundi 23 mai, une loi visant à aider les citoyens ukrainiens recherchant un emploi en Pologne – qu’ils soient réfugiés depuis le 24 février ou non. Il s*agit en l’occurrence d’une base de données accessible pour les offices de placement où les demandeurs d’emploi ukrainiens pourront s’inscrire en indiquant notamment leur CV et leurs qualifications.

La Pologne dénonce l’accord de 1993 sur le gazoduc Yamal
Le ministre polonais du Climat et de l’Environnement, Anna Moskwa, a annoncé, ce lundi 23 mai sur Twitter, que la Pologne met fin à l’accord conclu en 1993 au sujet du gazoduc Yamal : « La Pologne se retire de l’accord intergouvernemental de 1993 sur le gaz de Yamal. L’agression de la Russie contre l’Ukraine a confirmé la justesse de la détermination du gouvernement polonais à devenir totalement indépendant du gaz russe. Nous avons toujours su que Gazprom n’était pas un partenaire fiable ». En vertu de cet accord, Gazprom fournissait neuf milliards de mètres cubes de gaz annuellement à la Pologne, soit 45% de sa consommation.

Des toilettes spécifiques pour les « transgenres et non binaires » dans un lycée de Varsovie
Le ministre polonais de l’Éducation, Przemysław Czarnek (PiS), a dénoncé avec véhémence la mise en place de toilettes distinctes pour les personnes dites « transgenres et non binaires » dans un lycée de Varsovie. Le ministre avait été interpellé le 22 mai sur Twitter par le journaliste Piotr Woyciechowski : « Ce n’est pas un faux. Des toilettes pour les enfants ‘non binaires et transgenres’ ont été inaugurées lors d’une cérémonie au lycée n° LXXV Jan III Sobieski de Varsovie. C’est trop. Arrêtez la dépravation de la jeunesse. La directrice Magdalena Kozer doit démissionner ! » Évoquant une folie « post-moderniste » et « néo-marxiste », M. Czarnek a déclaré qu’il allait « demander à la direction [de ce lycée] à quoi sert ce type d’action. […] Avez-vous besoin de toilettes complètement différentes pour cela ? […] Selon la loi polonaise, en Pologne, nous avons des femmes et des hommes ». De son côté, la directrice de l’établissement, Magdalena Kozer, a expliqué avoir « accepté cette demande, après des consultations avec les enseignants et l’équipe pédagogique et psychologique, car nous avons décidé qu’il s’agissait d’un petit changement qui peut avoir un impact significatif sur l’amélioration du confort et de la santé mentale de nos élèves »… précisant qu’on avait conservé aussi des toilettes pour femmes et hommes…

L’armée polonaise va acquérir six batteries supplémentaires de missiles Patriot
Le ministre polonais de la Défense, Mariusz Błaszczak, a annoncé, ce mardi 24 mai sur Twitter, qu’il venait de signer « une lettre de demande d’offre concernant l’acquisition de 6 batteries de missiles Patriot ainsi que des radars omnidirectionnels, des lanceurs et un stock de missiles » afin de protéger l’espace aérien polonais dans le cadre de « la deuxième phase du programme de défense aérienne ‘Vistule’ ».

Le président Zelensky propose un statut juridique privilégié pour les citoyens polonais résidant en Ukraine
Faisant suite à la nouvelle visite du président polonais Andrzej Duda à Kiev le 22 mai, son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé l’adoption prochaine d’un « statut juridique spéciale » accordant aux citoyens polonais en Ukraine le même statut que celui dont disposent désormais les citoyens ukrainiens réfugiés en Pologne. « Nous devons examiner la loi polonaise sur les personnes temporairement déplacées en Ukraine qui, en fait, rend les citoyens ukrainiens égaux aux citoyens polonais, à l’exception du droit de vote. À l’initiative du président, un projet de loi similaire [pour les citoyens polonais] va maintenant être adopté en Ukraine », a ainsi déclaré le porte-parole du président ukrainien, Sergey Nikiforov. Selon M. Zelensky, il s’agit là d’un geste de gratitude en réponse au « respect et au soutien que nous recevons du peuple polonais et du gouvernement polonais ». Selon l’ambassade de Pologne en Ukraine, ce statut concernerait actuellement environ un millier de personnes.

De nouvelles mesures pour faciliter l’intégration des réfugiés ukrainiens sur le marché du travail
Petit à petit, le gouvernement polonais prend ses dispositions pour faciliter l’intégration – notamment sur le marché du travail — des réfugiés ukrainiens vraisemblablement appelés à séjourner en Pologne pour une longue durée. C’est ainsi que le le vice-ministre des affaires intérieures et de l’administration, Paweł Szefernaker, et le ministre des affaires familiales et sociales, Marlena Maląg, ont présenté, ce mardi 24 mai, un ensemble des mesures allant dans ce sens : clarification des lois du travail, apprentissage de la langue polonaise, garde des enfants ukrainiens en âge préscolaire… Marlena Maląg a également mis l’accent sur le fait que la Pologne a besoin de médecins, d’infirmières et de sages-femmes, de même que dans les foyers sociaux, et a donc décidé de renforcer les offres de cours de polonais pour les Ukrainiens disposant de compétences dans ces domaines. Par ailleurs, comme la grande majorité des réfugiés ukrainiens sont des femmes avec des enfants, la mise en place de garderies spécifiques pour les enfants ukrainiens de 3 à 5 ans permettra à leurs mères d’occuper un emploi.

Les écoles polonaises intègrent les enfants ukrainiens
Parallèlement aux mesures dans le domaine de l’emploi et de la garde des enfants en bas âge, les autorités polonaises préparent la prochaine rentrée pour les réfugiés ukrainiens en âge scolaire, comme le ministre de l’éducation et des sciences, Przemysław Czarnek, l’a expliqué, ce mardi 24 mai, lors d’une conférence de presse : « Nous avons développé un système d’admission des enfants et des jeunes ukrainiens dans les écoles et les établissements d’enseignement polonais. Ce système a permis l’admission de 200 000 enfants et jeunes dans les écoles polonaises et ce, d’une manière qui n’a pas ou peu perturbé le processus éducatif normal des enfants polonais ». Des mesures complémentaires sont d’ores et déjà envisagées pour la suite, telles que l’augmentation du nombre maximum d’enfants dans les petites classes ou les jardins d’enfants, la possibilité d’employer des enseignants ukrainiens, d’augmenter la limite maximale de 9 heures supplémentaires. Par ailleurs, le ministère a aussi alloué une subvention de 100 millions de zlotys (22 millions d’euros) pour financer des excursions dans le cadre du programme « Connaître la Pologne ».

Le président tchétchène provoque la Pologne
Ramzan Kadyrov, président de la Tchétchénie, habitués des provocations sur les réseaux sociaux, a déclaré lundi 23 mai : « Je m’intéresse déjà à la Pologne. Après l’Ukraine, si on nous en donne l’ordre, nous montrerons en six secondes de quoi nous sommes capables ».

La Diète polonaise joue l’apaisement avec Bruxelles en adoptant la loi proposée par le président Duda
La Diète polonaise a approuvé ce jeudi 26 mai (par 231 voix contre 208 et 13 abstentions) le projet de loi présenté par le président Andrzej Duda visant à dissoudre la chambre disciplinaire de la Cour suprême – afin de débloquer 35 milliards d’euros de fonds européens que la Commission européenne retenait pour faire pression sur Varsovie à ce sujet.

Mise en place prochaine d’un contrôle conjoint à la frontière polono-ukrainienne
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé le 22 mai dans la soirée la « décision historique » de mettre en place un contrôle douanier conjoint polono-ukrainien à la frontière entre les deux pays : « Cela accélérera considérablement les procédures à la frontière [et] éliminera la plupart des risques de corruption. […] C’est aussi le début de notre intégration dans l’espace douanier commun de l’Union européenne. C’est un processus historique ».

Slovaquie 

La pollution d’une rivière en Slovaquie pourrait menacer de s’étendre vers la Hongrie voisine
Un échappement d’eau de drainage minier (à forte teneur en fer et en zinc)  provenant depuis le mois de février d’une mine de fer située dans le village de Nižná Slaná (région de Košice – est du pays) est en train de provoquer une « catastrophe écologique » dans la rivière Slaná qu’elle teinte en orange, tuant poissons et autres animaux sauvages. Ce cours d’eau d’une longueur totale de 229 km prend sa source dans les Carpates slovaques avant de passer en Hongrie au bout de 110 km – où elle prend le nom de Sajó – et se jette la Tisza (aussi appelée Tibisque en français), la deuxième rivière de Hongrie et de Serbie, qui se jette elle-même dans le Danube près de Titel dans la province serbe de Voïvodine. Craignant notamment une extension de cette pollution vers la Hongrie, le ministre hongrois de l’Agriculture, István Nagy, a réagi le 23 mai sur son compte Facebook : « La rivière Sajó [Slaná] et sa faune sont notre patrimoine naturel commun. Mon premier voyage international officiel après mon entrée en fonction en tant que ministre de l’agriculture sera une rencontre avec le ministre slovaque de l’environnement. J’ai initié une réunion sur la pollution de la rivière, à laquelle nous devons remédier immédiatement. N’oublions pas que la protection de notre monde et le maintien de sa biodiversité sont notre devoir commun ». L’eurodéputée hongroise Anna Donáth, présidente du mouvement Momentum, avait précédemment exhorté les gouvernements des deux pays à s’occuper de cette situation – qui dure effectivement depuis le mois de février.

77 000 réfugiés ukrainiens se sont installés en Slovaquie depuis le 24 février
Le ministère slovaque de l’Intérieur a fait savoir, ce 21 mai, que 442 648 réfugiés ukrainiens étaient arrivés en Slovaquie depuis le début de l’invasion russe, et que 77 184 y ont demandé le droit d’asile. Avant le déclenchement de la guerre, le 24 février dernier, environ 160 000 citoyens ukrainiens résidaient légalement en Slovaquie.

Un ancien procureur condamné à huit années de prison ferme pour corruption
L’ancien procureur spécial Dušan Kováčik a été condamné, ce mardi 24 mai, par la Cour suprême à huit années de prison et une amende de 100 000 euros pour corruption et divulgation de documents confidentiels. M. Kováčik avait dirigé une section spéciale du parquet de 2004 à 2020. Selon l’acte d’accusation, il aurait reçu en 2017 un pot-de-vin de 204 000 euros qu’il aurait lui-même déposé en espèces sur son compte en banque. Le jugement est définitif, mais son avocat envisage une plainte devant la Cour constitutionnelle ainsi qu’un recours devant la Cour européenne des Droits de l’Homme, tandis que l’ancien Premier ministre et président du principal parti d’opposition, Robert Fico (Smer-SD), a estimé que M. Kováčik était « la première victime de l’abus brutal du droit pénal à des fins politiques ». 

Tchéquie 

La République tchèque participe d’ores et déjà activement à la poursuite des crimes de guerre commis en Ukraine
Dans un entretien publié le 21 mai par Novinky.cz, le ministre tchèque de la Justice, Pavel Blažek (ODS), a estimé que les auteurs de crimes de guerre commis en Ukraine seraient traduits en justice – que ce soit en République tchèque ou à La Haye au Pays-Bas : « Nous avons informés [la Cour pénale internationale] que notre État est tout à fait prêt à participer, tout d’abord, à la procédure préparatoire, c’est-à-dire à la collecte de preuves. […] Nous avons la compétence pour collecter des preuves. Et soit nous poursuivrons nous-mêmes les crimes de guerre identifiés dans certaines circonstances, soit nous […] remettrons [ces preuves] aux autorités internationales. […] Je crains que nous ne recueillions plus d’une douzaine de cas. Mais il est impossible de prévoir ce qui sera jugé dans les tribunaux tchèques et ce qui sera jugé dans les tribunaux internationaux. […] L’effort pour documenter la guerre qui se déroule en ce moment est déjà unique. Cela n’a jamais été le cas ici, car les preuves ont toujours été recueillies après coup. […] Ceux qui commettent aujourd’hui des crimes de guerre en Ukraine doivent savoir que le monde les observe et qu’il a l’intention de les poursuivre. Si nous nous résignions face à cela, cela signifierait que c’est effectivement autorisé. Et cela ne doit pas être autorisé ! Les auteurs de ces crimes le savent, tout comme les dirigeants nazis le savaient pendant la Seconde Guerre mondiale qu’il existe un accord international pour les traduire en justice ».

Petr Fiala annonce que la Tchéquie consacrera 2 % de son PIB à la défense dès 2024
À l’issue d’une réunion d’experts en matière de défense réuni autour du président Miloš Zeman, ce samedi 21 mai, le Premier ministre tchèque, Petr Fiala (ODS), a annoncé que la Tchéquie remplirait son objectif de consacrer 2 % de son PIB à son budget militaire dès 2024, soit deux années plus tôt que prévu initialement.

Il y a 80 ans, la résistance tchécoslovaque éliminait Reinhard Heydrich
On notera aussi qu’il y a 80 ans, le 27 mai 1942 à Prague, trois partisans tchécoslovaques (le Slovaque Jozef Gabčík et les Tchèques Jan Kubiš et Josef Valčík), parachutés six mois plus tôt depuis Londres en Bohême-Moravie, tendirent une embuscade à Reinhard Heydrich, vice-gouverneur de Bohême-Moravie – alors protectorat du Reich hitlérien – entre la rue Kirchmeyerová à la rue V. Holešovičkách. Au cours de l’action, Jan Kubiš parvint à lancer une grenade antichar modifiée à côté de la voiture, blessant grièvement le dignitaire nazi qui mourra huit jours plus tard d’une septicémie due à ses blessures. Cet attentat contre Reinhard Heydrich, qui – outre sa fonction de vice-gouverneur à Prague – était essentiellement le chef de l’Office central de la sûreté du Reich (Reichssicherheitshauptamt, RSHA), l’organisation de sûreté politique et de renseignement de la SS, fut suivie d’une effroyable répression qui fera plus d’un millier de morts, dont les massacres de Lidice et de Lezaky.

Ukrainiens en Tchéquie : réfugiés mais pas oisifs…
La République tchèque a accueilli près de 350 000 réfugiés ukrainiens depuis le début de l’invasion russe. Parmi ces personnes, environ 50 000 ont déjà trouvé un emploi permettant de subvenir à leur besoin. Les autres vivent de subsides gouvernementales… mais celles-ci s’arrêteront a priori le 30 juin prochain et les autorités tchèques exhortent d’ores et déjà les réfugiés ukrainiens à rechercher d’urgence un emploi. Sur ce sujet, lire aussi la tribune de l’ancien président tchèque Václav Klaus qui s’inquiète de la gestion des réfugiés, transformés en immigrants.

Lettonie 

Le président letton souhaite la création d’un tribunal spécial pour juger les crimes de guerre commis en Ukraine
Interrogé par la radio polonais WNET, le président letton Egils Levits s’est prononcé, ce 20 mai, en faveur de la création d’un tribunal spécial qui serait chargé de poursuivre et juger les crimes de guerre commis en Ukraine – sur le modèle de ce qui a été fait en son temps pour l’ex-Yougoslavie. C’est pour cela que la Lettonie s’est récemment jointe à un appel de l’Ukraine en ce sens auprès de la Cour internationale de Justice de La Haye.

Croatie

Un eurodéputé croate dénonce les doubles standards vis-à-vis de la Russie
Réagissant aux multiples sanctions prises contre la Russie suite à son agression contre l’Ukraine, l’eurodéputé croate Mislav Kolakušić (Non inscrits) a proposé à l’Union européenne d’imposer également des sanctions contre les États-Unis et l’Arabie saoudite : « [C’est un] incroyable mensonge et une hypocrisie [de prétendre que] les sanctions contre le pétrole et le gaz russe aideront à arrêter les combats en Ukraine. Si nous luttions vraiment pour la paix, alors nous devrions immédiatement imposer des sanctions contre l’Arabie saoudite, qui fomente la guerre au Yémen depuis plusieurs années. Il serait également nécessaire d’imposer un embargo sur le pétrole et le gaz des États-Unis, qui ont participé à plus de guerres que tout autre pays européen ! »

Lituanie

La Lituanie a décidé de se passer de pétrole, de gaz et d’électricité russes
Le ministre lituanien de l’Énergie, Dainius Kreivys, a annoncé, ce 22 mai, que la Lituanie avait cessé le jour même d’acheter du pétrole, du gaz et de l’électricité russes : « Non seulement c’est une étape extrêmement importante sur la voie de l’indépendance énergétique de la Lituanie, mais c’est aussi l’expression de notre solidarité avec l’Ukraine en difficulté, car nous ne pouvons pas permettre à notre argent de financer la machine de guerre russe ».

Les Polonais de Lituanie ont désormais le droit d’orthographier leur nom à la polonaise
Suite à l’entrée en vigueur de l’abrogation d’orthographier les noms de personnes à la lituanienne, les membres de l’importante minorité polonaise du pays (6,5% de la population totale selon le recensement de 2021 – essentiellement dans la région de Vilnius, polonaise jusqu’en 1939) pourront désormais utiliser la version originale de leur nom. L’une des plus célèbres personnalités polonaises de Lituanie, également ministre de la Justice, connue jusqu’à présent sous le nom d’Evelina Dobrovolska, a ainsi « récupéré son véritable nom » et s’appelle désormais très officiellement Ewelina Dobrowolska et l’a publiquement fait savoir sur son compte Facebook : « 33 ans, plus de 130 affaires judiciaires gagnées, 2 ans en politique. C’est le temps qu’il m’a fallu pour avoir le droit d’écrire mon nom aujourd’hui dans sa forme originale – comme je l’ai écrit à l’école à l’âge de 12 ans, comme je l’ai vu écrit sur mes certificats olympiques et comme ma mère avait l’habitude d’écrire mon nom. […] Il y a quelques semaines à peine, à la Chambre des députés, j’ai entendu un de mes collègues députés dire : ‘Mais soyez raisonnable, ne changez pas de nom’. Je ne le changerai pas. Je le récupère. […] Mon nom polonais n’annule en rien mon serment et ma loyauté envers la Lituanie, ma patrie… »

Autriche

L’Autriche se retire du projet de raccordement du réseau ferroviaire « russe » jusqu’à Vienne
Les Chemins de fer fédéraux autrichiens (Österreichische Bundesbahnen, ÖBB) ont fait savoir, ce mardi 24 mai, qu’ils avaient décidé de se retirer de la Breitspur PlanungsgesellschaftmbH (BPG), une coentreprise la liant (à 27,74%) à ses homologues slovaque (27,74%), ukrainienne (16,78%) et russe (27,74%) et dont l’objet est – voire était – le raccordement de Vienne au réseau ferroviaire à écartement large (1520 mm) – aussi appelé « écartement russe » car issu de l’ancienne Union soviétique – par la construction d’une voie large entre la capitale autrichienne et la ville de Košice (gare la plus à l’ouest du réseau large, dans l’est de la Slovaquie). Comme l’a expliqué un de ses porte-paroles, « l’ÖBB a décidé en avril de se retirer en tant qu’actionnaire en raison de développements imprévisibles en ce qui concerne la guerre russo-ukrainienne » et a proposé à ses partenaires de lui racheter ses parts. Cette décision semble indiquer la fin de ce projet, sauf à vouloir le cas échéant se contenter de raccorder Bratislava au réseau large.